Privert/Fin de mandat/Mouvement de protestation

Evans Paul appelle à la rébellion

Publié le 2016-06-15 | Le Nouvelliste

National -

Pour mieux lutter contre le président provisoire et exiger son départ, Evans Paul prend le leadership de l’opposition. A travers sa nouvelle structure politique dénommée Entente démocratique (ED), composée de PHTK, de KID, du Consortium, entre autres, l’ex-Premier ministre sous l’administration de Michel Martelly a appelé la police nationale à la désobéissance et la communauté nationale à ne plus reconnaître le pouvoir de Privert. Même s’il dit toujours que son mandat consiste à organiser les élections, le mandat du président provisoire est arrivé à terme le mardi 14 juin selon l’accord du 5 février 2016. Jocelerme Privert s’en remet à une Assemblée nationale plus que jamais polarisée et incapable de prendre une décision en ce sens. Le nouveau désormais chef de l’opposition à Privert, Evans Paul, passe à l’offensive et met tout son poids dans la balance pour forcer le chef de l’Etat à quitter le pouvoir. Organisation de manifestations de rue, dénonciations dans les médias… KP exécute ce qu’il sait faire le mieux. Dans une correspondance adressée au directeur général de la police nationale, Evans Paul et les responsables de PHTK attirent l’attention de Michel-Ange Gédéon sur le fait que le mandat du président provisoire de la République, M. Jocelerme Privert, prend fin le 14 juin 2016, conformément à l’accord du 5 février de la même année. « En conséquence, l’Entente démocratique (ED) vous rappelle : l’obligation légale qui vous est faite de n'obéir à aucun ordre illégal, venant de personne dépourvue de légalité et de légitimité ; que toute exécution d’ordre manifestement illégal n’engage que celui qui s’y prête », lit-on dans la correspondance. Par ailleurs, dans une autre correspondance adressée au Nonce apostolique auprès de la République d’Haïti, le doyen du corps diplomatique, Monseigneur Eugène Martin Nugent, l’Entente démocratique lui fait le topo de la situation politique du pays avant de lui demander de ne plus reconnaître Jocelerme Privert comme chef de l’Etat à partir du 14 juin. L’ex-chef de gouvernement a souligné au diplomate la fin du mandat du président provisoire de la République d’Haïti le 14 juin 2016, conformément à l’accord du 5 février 2016, « sans que le second tour des élections présidentielle et législatives partielles et les élections locales n’aient été réalisés. L’ED dénonce les multiples dérives antidémocratiques observées depuis le 14 février 2016, notamment des actes d’intimidation, des cas de violences caractérisées en particulier dans le département du Nord (au Borgne) ayant provoqué des déplacements de nombreuses familles, des assassinats ciblés de militants politiques, des persécutions politiques contre des citoyens ne partageant pas les idées politiques du président provisoire, contre des hauts fonctionnaires et des cadres de l’administration précédente ; la vandalisassion de la justice, les détentions arbitraires de paisibles citoyens et d’autres violations des droits humains, pour ne citer que ceux-là… » Dans cette correspondance au Nonce apostolique, l’ED a dit dénoter « les manœuvres utilisées par le président provisoire Jocelerme Privert afin d’interrompre le processus électoral initié en 2015, à travers une Commission présidentielle d’évaluation électorale manipulée, non prévue dans l’accord du 5 février 2016 dont il est le concepteur, le négociateur, le rédacteur, le signataire et le principal bénéficiaire. « En conséquence, l’Entente démocratique (ED), soucieuse de sauvegarder les acquis démocratiques et de garantir la stabilité politique, compte sur la bonne compréhension de tous les partenaires d’Haïti pour continuer d’accompagner le peuple haïtien dans sa quête pour la préservation du processus démocratique, contre toute tentative visant le maintien du président provisoire au pouvoir en toute illégalité, au-delà du 14 juin 2016 », lit-on dans la correspondance. En outre, cette structure politique en opposition au pouvoir en place a rappelé au doyen du corps diplomatique que « la reconnaissance internationale d’un Etat et du gouvernement qui le représente est conditionnée par sa légalité et sa légitimité. En raison de la fin du mandat du président Jocelerme Privert le 14 juin 2016, l’Entente démocratique demeure convaincue que la communauté internationale ne manquera pas de faire stricte application de ce principe général de droit international. » Pour le moment, la situation politique reste très tendue et confuse. Les dernières décisions du gouvernement consistant à révoquer tous les permis de port d’arme sur tout le territoire et à décréter un couvre-feu lundi soir n’ont pas contribué à améliorer la situation. La population vie dans l’incertitude. Personne ne sait encore si Jocerleme Privert va rester en poste ou s’il va partir ou qui le remplacera le cas échéant.

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