Elections/Crises politiques

Les noms des cinq membres de la Commission de vérification sont connus

Erick Gaillard, Marc Donald Jean, Pierre Wilfrid Sanon, Gédéon Jean et François Benoît sont les cinq personnalités désignées pour faire partie de la Commission indépendante d’évaluation et de vérification électorale, a appris Le Nouvelliste de plusieurs sources dignes de foi.

Publié le 2016-04-20 | Le Nouvelliste

National -

« Nous disposons des cinq membres devant former la commission, l’arrêté va être incessamment publié au journal officiel », a annoncé mercredi le président de la République avant de prendre l’avion pour New York où il va participer à la signature officielle de l'Accord de Paris (COP21). Jocelerme Privert, qui n’a pas cité de nom, a laissé comprendre que le choix des secteurs était arrêté sur ces cinq personnalités. Selon un membre du comité qui a travaillé sur les termes de référence de la Commission indépendante d’évaluation et de vérification électorale, confirmée par une source au palais national, il s’agit de : Erick Gaillard désigné par l’Ordre des comptables agréés haïtiens; Marc Donald Jean, ancien sénateur et membre du Conseil des sages en 2004, a été désigné par l’Église épiscopale/anglicane. « Oui, on l’a désigné pour faire partie de la commission et on a déjà envoyé son nom depuis lundi », a confirmé à Le Nouvelliste Monseigneur Zaché Duracin, chef de l’Eglise anglicane en Haïti. Ensuite, Gédéon Jean a été désigné par les membres de l’ancienne Commission d’évaluation électorale formée en 2015 par l’ancien président Michel Martelly. Le Nouvelliste a appris que le Collège national des ingénieurs et architectes haïtiens avait décliné l’invitation pour se faire représenter à la commission. Il a été remplacé par l’Association haïtienne des entreprises de construction qui a fait choix de Pierre Wilfrid Sanon. Selon nos sources, Jean Patrick Elie avait été préalablement désigné par ce secteur. Et enfin François Benoit représente le CEP de 2005-2006. Dans une conférence de presse au salon diplomatique de l’aéroport international Toussaint Louverture mercredi avant son départ pour New York, Jocelerme Privert a fait savoir que le CEP a un calendrier d’action et va publier entre le 15 et le 30 mai le calendrier électoral qui fixera la date de l’organisation des élections législatives partielles, les élections locales et le second tour de la présidentielle. L’institution électorale a transmis à l’exécutif les résultats pour 70 municipalités n’ayant fait aucun objet de contestation. Ces résultats, a fait savoir le chef de l’Etat, a été envoyé à Le Moniteur pour être publiés. Au début du mois de mai, le BCEN va statuer sur 81 cas de contestation, avait indiqué au Nouvelliste lundi dernier le président du CEP, Léopold Berlanger. En quittant le pays pour New York mercredi, le président Privert a indiqué à son Premier ministre qu’il a quitté le pays entre ses mains et a appelé la population au respect des droits pour la démocratie pour laquelle, a-t-il ajouté, le peuple avait donné son sang. Interrogé sur l’application de l’accord du 5 février 2016 et sur le respect des 120 jours pour élire un nouveau président de la République, Jocelerme Privert a rappelé encore que trois acteurs avaient signé l’accord : lui à l’époque président du Sénat, l’ex-président Michel Martelly et le président de la Chambre des députés Cholzer Chancy. Dans l’accord, a-t-il dit, il y a des engagements pour les trois acteurs. « Le président provisoire n’avait que deux engagements : entrer en consultation avec les principaux partis politiques au Parlement, des groupes politiques non représentés au Parlement et les acteurs de la société civile afin de recueillir des propositions de noms de personnalités ayant les compétences et les qualités pour exercer la fonction de Premier ministre. Deuxièmement, entrer en consultation avec les présidents des deux (2) chambres du Parlement autour du choix d’un Premier ministre à designer », a avancé le chef de l’Etat pour dire qu’en ce qui le concerne, il a joué sa partition dans l’accord. Il a accusé le Parlement de n’avoir pas respecté à temps ses engagements dans l’accord. Il a souligné qu’il avait pris près de 45 jours pour former un gouvernement ratifié par les parlementaires. Selon M. Privert, la date des élections n’a jamais été une décision du président de la République. Le CEP, a-t-il dit, dispose de toute son indépendance en matière électorale. « Ce que le gouvernement et le président ont comme responsabilité en matière électorale c’est de mettre à la disposition du CEP les moyens financiers et logistiques », a soutenu le locataire du palais national. S’agissant du 14 mai, jour mentionné dans l’accord du 5 février pour l’élection d’un nouveau chef de l’Etat, Jocelerme Privert a fait savoir que selon l’accord, l’Assemblée nationale prendrait les décisions qui s’imposent. Privert rencontre les membres du CEP Accompagné du Premier ministre, Enex Jean-Charles, de la secrétaire générale de la Primature, Maridès Ménager Alexandre, et du ministre des Finances, Yves Romain Bastien, le chef de l’Etat s’est entretenu mardi avec les neuf membres du CEP sur les perspectives d’accomplissement de la mission de l’institution électorale. Parmi les points discutés, selon un communiqué de la présidence, il était question du budget de l’institution, de la balance sur le montant total du financement des élections, ainsi que les dettes de l’institution vis-à-vis du personnel des BED et des BEC. Le plan d’actions proposé par le CEP à mettre en œuvre immédiatement comporte entre autres points : a) une évaluation de la machine électorale et du cadre institutionnel ; b) le dialogue entre le CEP, les pouvoirs publics et la société civile sur les corrections à apporter pour une gestion plus transparente et plus rigoureuse du processus électoral ; c) le renforcement de l’autonomie du CEP et la modernisation de l’appareil électoral ; d) et la réouverture du dossier des municipales, a rapporté le communiqué. Outre les discussions autour du plan d’actions du CEP, la rencontre du chef de l’Etat avec les membres de l’institution électorale a permis de débattre autour du registre électoral tenant compte notamment des quatre cent mille (400.000) nouveaux électeurs selon les données présentées par l’Office national d’identification (ONI). « Le chef de l’Etat a profité de l'occasion pour rappeler aux membres du CEP la noble mission qui les lie à la nation haïtienne, l’urgence de l’heure ainsi que les attentes de divers secteurs. Les membres du Conseil électoral provisoire ont promis de travailler rapidement sur les corrections à apporter dans le processus électoral en rencontrant notamment les acteurs selon un calendrier préétabli. » Le Président de la République continue de faire tout ce qui est en son pouvoir pour faciliter le déblocage du processus électoral et l’établissement de l’Etat de droit en Haïti.

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