Moïse Jean-Charles écrit à Barack Obama

Publié le 2016-04-25 | Le Nouvelliste

National -

LETTRE OUVERTE DU SENATEUR MOISE JEAN-CHARLES AU PRESIDENT DES ETATS-UNIS D’AMERIQUE DU NORD M. BARACK H. OBAMA Excellence, Le citoyen haïtien Moïse JEAN-CHARLES vous adresse ses félicitations. Sa correspondance du jour se veut un devoir de mise en lumière d’une approche plutôt viciée de la crise électorale haïtienne par la diplomatie américaine. Tel qu’il en découle des récentes déclarations du secrétaire d’Etat John KERRY consécutives à celles de M. Kenneth MERTEN tout récemment. Je m’en tiens à la quintessence. « Un petit groupe de compétiteurs aux suffrages de 2015 jouant aux mauvais perdants se donnent, à travers la commission de vérification, un instrument politique pour empêcher la poursuite du processus, écarter des candidats classés en tête suivant les résultats préliminaires, et du coup, faire perdre la face à la communauté internationale, notamment au gouvernement américain. Alors que le pouvoir de transition n’avait qu’à s’en tenir aux recommandations de la commission d’évaluation et aux termes de l’Accord du 5 février 2016. Dans ces conditions, malgré son souci d’assister le peuple haïtien dans ses difficultés majeures et son cheminement démocratique, l’Administration américaine n’est pas prête à financer des élections qui ne s’inscrivent pas dans la logique de la continuité du processus ». Cette approche, nous l’avons dit, Monsieur le Président, est, de bonne foi ou à dessein, viciée. Ce sont tous les secteurs vitaux de la Nation haïtienne qui réclament, à cor et à cri, cette commission de vérification pour crédibiliser ces joutes et conférer- le cas échéant- au pouvoir qui en sortirait, la légitimité nécessaire, voire indispensable pour la stabilité du pays et lui permettre de faire face méthodiquement aux grands défis qui l’attendent. Monsieur le Président, comment en est-on arrivé là ? La complaisance ou la complicité- que sais-je- de certains représentants de l’amitié internationale devant la désastreuse gouvernance de M. Michel Joseph Martelly, le manichéisme et le nihilisme de son pouvoir avec des réflexes indécents de pérennité, la gangrène de la corruption qu’il faut éradiquer dans l’Administration publique sont, entre autres, les principales causes de cette crise électorale. Il va de soi qu’il n’y avait aucune volonté chez M. Martelly d’organiser des élections puisqu’aucune des échéances constitutionnelles y relatives n’a été respectée. Oui, Excellence, la présomption de fraudes massives dans l’organisation des compétitions électorales de 2015, dans la conscience collective haïtienne, est très forte. Et pour cause. Ici, comme pour remonter le temps dans une fiction, je m’enhardis, en cette date du 20 avril 2016 ramenant mon 49e anniversaire, à m’adresser au sénateur Obama. Collègue, dans la tourmente des nouvelles mutations de la civilisation occidentale, aujourd’hui dans sa phase de restructuration, vous êtes un témoin…..un repère. Au lendemain des jours marquant la fin du monde bipolaire, la Pensée unique projetait un déni de la loi des contraires pourtant principe cosmique régulant l’équilibre des espèces et favorisant l’esprit de tolérance dans l’organisation et la dynamique des sociétés. La Mondialisation grimaçait comme un monstre géant s’apprêtant gloutonnement à dévorer les petits peuples. Or, en ce millénaire, placé sous le signe de l’Homme, la politique du « big stick » sied mal aux stratégies de rapprochement des communautés d’homme et d’intégration planétaire des peuples. Il eut fallu alors plus de lumière sur les débats de la globalisation, de la mondialisation……du Village planétaire. Surtout dans la spirale du numérique avec le développement et la dissémination du nucléaire, les défis écologiques, l’explosion démographique et l’aggravation de la pauvreté, les crashs financiers, et. Certaines impatiences ont ainsi conduit à des guerres sans succès, les unes interminables, les autres terrorisantes. Dans cette restructuration trop convulsée de notre civilisation, le conservatisme prend peur de toute idée novatrice. Le « Yes we Can » du sénateur de l’Illinois avait, dans cette même optique, fait peur. Mais l’Histoire retiendra que l’Amérique, somme toute, n’aura pas eu honte de votre présidence. Cher collègue, avec l’avènement sur la scène politique de « Platfom Pitit DESSALINES », plus d’un questionnent- non sans des a priori- le pourquoi de cette structure politique, désormais force incontournable, malgré sa précoce jeunesse. Les dirigeants de cette organisation, notamment son leader, eu égard à leur velléité de redonner à la pratique politique les couleurs de sa morale, aux vertus de probité et de patriotisme qu’ils chérissent ont fini, la cohérence de leur discours et de leur action politique aidant, par porter l’âme nationale dans toutes ses composantes sociométriques et dans sa dimension majoritaire à épouser l’idéal dessalinien que nous proposons. En vérité-et ce n’est pas M. Kenneth MERTEN avec qui nous avons eu déjà des échanges intéressants qui dira le contraire- la mise sur pied par le pouvoir Martelly d’une machine électorale frauduleuse participe de cette crainte de l’accession au pouvoir en Haïti de Platfom Pitit DESSALINES. Je reviens au président de la plus grande Puissance militaire du monde. Excellence, Les rapports géopolitiques et les exigences de l’intégration au Village planétaire n’excluent point l’affirmation des peuples. Sous ce rapport, j’apprécie fortement la position de la France au sein de l’Union européenne qui agite la question de l’Identité française et les velléités de nombreux pays du monde libre à accepter l’interaction culturelle pour parvenir, en s’écoutant les uns les autres, au renouvellement de Notre civilisation… bref, de notre humanité. Pitit Dessalines est l’expression d’un nationalisme non démagogique, non provocateur qui est moulé plutôt dans cette quête de retrouver l’Haïtien, l’Haïtien dans sa dignité et son intégrité d’homme, dans sa capacité potentielle et éprouvée à discuter, négocier, coopérer pour une amélioration manifeste des conditions du plus grand nombre, une dynamisation des classes moyennes, un profit propre et multiplicatif de la classe d’affaires dans la régularité du marché et dans la bonne gouvernance publique. Comment rester indifférent devant le visage moribond çà et là à travers les rues et surtout dans les ghettos de milliers d’enfants, d’hommes et de femmes n’ayant rien mangé depuis deux ou trois jours ? Comment rester indifférent devant des spectacles affligeants tels des cadavres qui jonchent, sous le soleil, le sol du plus grand centre hospitalier de Port-au-Prince et où grouillent des vers seulement parce que le service de la morgue est non opérationnel, faute de quoi, et à qui la faute? Comment rester indifférent quand le taux d’inflation atteint: 12%, le PIB est de 700 dollars/habitant, le taux de croissance a chuté à 0,9%, du revenu national 0,7 % est alloué à plus de 70% de la population et 50% de ce même revenu pour moins de 10 % de la population. La misère et l’inégalité sont criantes et macabres. Elles interpellent la conscience citoyenne. Je l’ai souligné dans mon intervention à la tribune de l’ONU le 13 mars 2014. Je disais que la production alimentaire mondiale est susceptible de nourrir 12 milliards d’habitants. Bien que l’on n’en compte que 7 milliards 300 millions, plus d’un tiers de la population mondiale croupit dans la misère la plus abjecte. N’y a-t-il pas lieu de responsabiliser un système économique injuste ? De curieux procédés dans la gestion de l’Humanitaire ? Encore et toujours, dans les pays comme le nôtre, une mauvaise distribution des richesses ? Excellence, la Pensée dessalinienne est pour les apôtres de la liberté et de la Solidarité des hommes, les Artisans de Paix qui optent pour la Tranquillité du sommeil de leurs Voisins, pour ceux qui pensent à ceux qui n’ont rien. Cette pensée est, n’en déplaise aux contempteurs qui agressent la Vérité de l’Histoire, un Patrimoine universel. Le choix de Platfom Pitit DESSALINES de privilégier le Dialogue Sud/Sud s’inscrit dans la droite ligne du rapprochement des Etats frères pour une émergence d’ensemble. Il ne saurait être interprété comme une volonté de faire obstacle aux intérêts commerciaux et stratégiques des Puissances amies. Au contraire, accrochée au projet de la production nationale autosuffisante d’abord, génératrice d’emplois ensuite, et rentable enfin, Platfom Pitit DESSALINES suggère à votre administration, Monsieur le Président, de ne pas verser dans les mêmes erreurs d’appréciation de l’Humanitaire. Par exemple, le don des tonnes de pistache serait plus profitable à la Nation si converti en argent, il servirait à fournir à nos Agriculteurs l’outillage mécanique et les intrants nécessaires à une production à grande échelle. L’expérience de l’extermination de nos cochons créoles dans les années 80 et l’invasion du riz étranger ayant plongé nos paysans dans un assistanat indigne nous laisse encore à la bouche un goût très amer. Leader paysan, fort impliqué dans tous les mouvements sociaux notoires de l’hémisphère comme du monde entier luttant pour la revalorisation de l’Homme et pour la justice sociale, élu maire en 3 circonstances et sénateur de la République, j’ai plaidé pour un divorce avec l’aventurisme politique, la lutte contre la corruption administrative et l’impunité, pour une gouvernance saine une redistribution équitable des richesses et revenus nationaux, une coopération internationale digne et une fraternité haïtienne débarrassée des vieux clichés. C’est avec ces orientations que Platfom Pitit DESSALINES, à la lumière des vérités établies sur les résultats des dernières élections, va assumer le pouvoir pour initier la Révolution pacifique. Au nom d’une Haïti recouvrant son prestige de Nation et son auto-détermination de peuple, je vous prie, Excellence Monsieur le Président, d’agréer mes plus hautes considérations. Moise JEAN CHARLES, Secrétaire général de Platfom Pitit DESSALINES Candidat à la Présidence d’Haïti

Réagir à cet article