Processus électoral

Elections: Privert lance les consultations sur la commission de vérification

Publié le 2016-04-11 | Le Nouvelliste

National -

Déjà deux mois au pouvoir. Environ 60 jours sur les 120 jours dont dispose le pouvoir provisoire fixés par l’accord du 5 février. Le président de la République, qui estime avoir joué sa partition, donne maintenant un coup de main au CEP en lançant ce mardi 12 avril les consultations sur la formation de la commission de vérification électorale. Au palais national lundi, dans une conférence de presse, Jocelerme Privert avait jugé juste et indispensable cette commission. Il faut rétablir la confiance dans le processus électoral et cela doit passer par la vérification des élections de 2015, a soutenu Jocelerme Privert. « C’est la demande de tous les acteurs que j’ai rencontrés », a-t-il dit. Dès le mardi 12 avril, le chef de l’État a annoncé qu’il entamera un autre round de consultations pour la formation de la commission de vérification électorale. Il a indiqué que des invitations ont déjà été lancées à tous les partis politiques représentés au Parlement ou pas « pour que ensemble, autour d’une table, nous définissions les termes de référence et identifiions les acteurs qui peuvent intégrer cette commission de vérification… », a-t-il dit. Après cette rencontre avec les partis politiques ce mardi, le chef de l'Etat a ajouté que « mercredi, on espère recevoir les membres du CEP pour qu’ils puissent spécifier clairement où se trouve le blocage, à quel point où ils en sont dans la relance du processus électoral », soulignant que le calendrier électoral est « indispensable » pour savoir où l’on va. Selon Privert, le CEP a à faire une évaluation des étapes déjà franchies des élections de 2015 et appliquer les recommandations de la commission créée en décembre 2015 par le président Martelly, comme le veut l’accord du 5 février. « Une fois ces deux étapes franchies, le Conseil a l’obligation, le plus rapidement possible, d’élaborer un calendrier électoral. Je souhaite qu’il puisse le faire cette semaine », a indiqué le chef de l’État. Selon l’ex-parlementaire, le calendrier électoral du CEP de Léopold Berlanger doit prendre également en compte les élections pour renouveler le mandat de 10 sénateurs qui arrivera à terme en octobre prochain. « Le CEP a toute l’autorité pour poursuivre le processus électoral », a-t-il dit, soulignant que les mêmes problèmes qui ont poussé l’ancien Conseil électoral à reporter les élections en 2015 existent encore aujourd’hui et doivent être résolus. Jocelerme Privert a annoncé également une autre rencontre cette semaine (jeudi) avec les partis politiques et les membres du CEP réunis pour trouver un accord sur la commission de vérification qui permettra très rapidement, a-t-il dit, d’identifier les acteurs et de demander aux secteurs de former cette commission et relancer une fois pour toutes le processus électoral. Alors que le PHTK, le parti de l’ex-président Martelly et celui de Jovenel Moïse, qualifié pour le second tour de la présidentielle, selon les résultats de l’ancien CEP, ne veut pas entendre parler de la commission de vérification électorale, le président provisoire a indiqué que les responsables de cette organisation politique sont également invités à la rencontre sur la formation de cette commission. Le pouvoir travaille actuellement sur un budget rectificatif qui sera soumis au Parlement avant le 2 mai, date à laquelle la Chambre des députés partira en vacances. Dans ce budget rectificatif, a souligné M. Privert, il y aura une prévision pour les élections. Ce qui lui porte à appeler le CEP à lui présenter un budget pour les élections dans le meilleur délai. Après 60 jours passés au pouvoir, ni le chef de l’Etat ni personne ne peuvent dire quand vont se tenir les élections interrompues en 2015. Pas même le CEP. Pour le président Privert, il a déjà fait tout ce qu’il avait à faire dans le cadre de l’accord du 5 février. Satisfactions pour lui sur toute la ligne, visiblement. Le pays dispose d’un gouvernement ratifié par le Parlement et d'un Conseil électoral après consultations avec tous les acteurs politiques. « J’ai fait ma part du contrat dans les limites de laccord du 5 février », s’est félicité le chef de l’État. M. Privert a estimé qu’il est toujours, en ce qui lui concerne personnellement, dans les limites de l’accord du 5 février. Pour le reste, il a souligné que l’élaboration d’un calendrier électoral est une prérogative constitutionnelle du Conseil électoral qui est, a-t-il ajouté, une institution « indépendante ». « Si, cet après-midi, le CEP me demande de convoquer le peuple dans ses comices, je prendrai l’arrêté pour convoquer le peuple dans ses comices… », a soutenu le chef de l’État. Une façon claire pour Jocelerme Privert de dire que le 14 mai 2016, date à laquelle, selon l’accord du 5 février, un président élu devrait prêter serment, « dépend exclusivement du CEP ».

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