PapJazz, 10 ans, le line up

Les débuts de la 10e édition de PapJazz ont été quelque peu gâchés cette année, et on sait pourquoi. Alors que dix (10) ans, pour un festival en Haïti, cela se fête dignement, l’équipe de Milena Sandler et de Joël Widmaier doit se contenter d’ambiances mi-figue mi-raisin. Et, bien entendu, les amants du jazz en font malheureusement les frais. Mais puisque les scènes sont là, la programmation disponible et les artistes toujours prêts pour un jam, autant en profiter.

Publié le 2016-01-27 | Le Nouvelliste

Culture -

Le line up de cette année est tout aussi diversifié que pour les éditions précédentes. Si certains musiciens sont en bonne voie de devenir des habitués de PapJazz, comme Godwin Louis et Pauline Jean, d’autres découvrent Haïti et sa musique, tout en permettant d’apprécier leur talent. C’est le cas du célèbre pianiste de jazz Oliver Jones, avec Eliane Elias, l’une des grandes stars de cette édition, arrivé tout droit du Canada. À côté de lui, beaucoup d’autres performances à découvrir jusqu’au 30 janvier. Ici, les fiches techniques préparées par le site PapJazz. Oliver Jones Trio (Canada) Né dans les quartiers pauvres de Montréal, c’est à l’âge de 5 ans que le pianiste Oliver Jones commence à jouer dans les églises. Formé au piano classique mais très influencé par le style de son ami et mentor Oscar Peterson, il devient en 1981 le pianiste attitré du club de jazz Biddie et compte désormais parmi les grands noms du jazz. Une tonalité classique et épurée pour clôturer la soirée d’ouverture du Xe PaPJazz. « Un pianiste au talent exceptionnel, Oliver Jones est reconnu comme une légende du jazz non seulement à Montréal, sa ville natale, mais partout sur la planète» [Denis Coderre, maire de Montréal]. Challengers (Haïti) Animés par la passion du jazz, sept musiciens se sont rencontrés, au cours d’un séminaire de « jazz combo » en 2010, à Port-au-Prince. Ils ont présenté ensemble, avec succès, la performance « live » prévue à la fin du séminaire. Depuis lors, ils continuent de jouer des standards de jazz, œuvres des maîtres du genre, et certains classiques traditionnels haïtiens, sous forme de jazz kreyòl. Conscients de la taille du défi, ces passionnés ont nommé leur Groupe : Challengers. Eliane Elias (Brésil) Eliane Elias, chanteuse et pianiste, égérie de la Bossa-Jazz, a travaillé avec les plus grands de la musique brésilienne : Toquinho et Vinicius de Morais. Elle a été nommée cinq fois aux Grammy Awards et a reçu de nombreux prix. Les 23 albums qui jalonnent sa carrière solo de plus de trente ans (elle a débuté à l’âge de 17 ans) sont régulièrement aux premières places dans les classements des ventes de jazz dans de nombreux pays. Dans la lignée d’Astrud Gilberto, son style unique qui fusionne bossa-nova et jazz est porté par sa voix vibrante et sensuelle. « La musique, c’est de l’amour, c’est de la guérison. Elle apporte de l’espoir, de l’amour, de la joie. C’est fou tout ce qu’elle peut apporter aux gens !» [Eliane Elias]. Thomas Siffling Trio (Allemagne) Le trompettiste Thomas Siffling est l’un des pionniers du jazz électronique, l’un des grands noms de la jeune scène du jazz allemand. Invité à de nombreux concerts en Allemagne et à l’étranger, il distille un son jazzy lounge, que traverse l’écho d’un éclat électronique inouï, promesse d’une soirée divertissante et enthousiasmante.« Plus qu’un concert, les visiteurs ont droit à une expérience ! » [Thomas Siffling]. Ruddy Nau (Haïti) C’est dans le compas et avec le légendaire Tabou Combo que ce jeune batteur a débuté sa carrière qu’il a poursuivie en tournant pendant 4 ans avec Carimi puis en jouant avec Sweet Micky en 2008. Il a notamment collaboré avec Yoan Doré, Rutshelle Guillaume et la Guadeloupéenne Stevie Mahé. Nau a monté son concept « Live Jam Band » en 2011 avec l’idée de proposer un mix de jazz, rock, funk et compas. Quartet Cor des Alpes (Suisse) Pascal Schaer est un musicien passionné, épris de créativité et d’expériences musicales. Ses talents principaux sont la maîtrise de l’improvisation, la composition, le groove, et de toutes les possibilités acoustiques, techniques et expressives du Cor des Alpes, qu’il prolonge parfois avec des effets électroniques. Né de sa rencontre avec le percussionniste africain Baba Konate et le bassiste Cyril Moulas, son groupe crée un monde original et évolutif qui inclut aussi bien le jazz que les musiques modernes, et qui surgit de mélodies simples et d’idées forces. Pauline Jean (Haïti/USA) Compositrice, arrangeur et chanteuse haïtiano-américaine, Pauline Jean est une étoile montante qui, avec son contralto distinctif, joue de sa créativité et de sa culture pour proposer une perspective originale dans sa musique qui fusionne ses racines haïtiennes et un jazz moderne pour apporter sa propre interprétation du Kreyòl Jazz. Ses interprétations exceptionnelles et inventives font d’elle une chanteuse qui ravie instantanément tous les publics. Pauline a beaucoup tourné dans des festivals prestigieux dans le monde entier. Désir & Fiorini (Belgique) Renette Désir, chanteuse que l’on ne présente plus : son album Yon Jou, Haïti un autre regard, Haïti Cœur de Femmes, Carifiesta XII….Fabian Fiorini, pianiste hors-catégorie : Aka Moon, Magik Malik… Ils ont démarré leur collaboration en 2013 en Belgique, puis ont participé au Festival d’Avignon en juillet 2015. « Le duo composé de la chanteuse haïtienne Renette Désir et du pianiste belge Fabian Fiorini nous invite à une très intelligente évocation des différentes traditions musicales nées du traumatisme historique de la traite négrière » [Stéphane Ollivier dans Jazz Magazine]. Pie Grande (Mexique) Le groupe Pie Grande s’est formé en 2010 à Aguascalientes, au Mexique. Ils ont déjà enregistré deux albums, dont un live, et ont aussi participé à plusieurs festivals internationaux de jazz, en plus de leurs tournées régulières au Mexique. Dans un ballet drôle et étourdissant, Pie Grande mêle allègrement Jazz Fusion et mélodies mexicaines traditionnelles. Un spectacle énergique et festif à ne pas manquer! Agustin Moya (Chili) Né à Santiago, le compositeur et saxophoniste ténor Agustin Moya est reconnu sur la scène contemporaine du jazz chilien. Très inspiré par Lester Young, Stan Getz et Sonny Rollins, il a déjà enregistré trois albums en solo. Le public du PaPJazz reconnaîtra cet incroyable saxophoniste qui accompagnait l’année dernière son compatriote Sébastian Jordan et saura apprécier l’extraordinaire clarté de son instrument. « Je pense que la clé pour bien comprendre le jazz est surtout d’en composer la musique » [Agustin Moya Jérémie Jones (Canada) et Tanbou Lakaye (Haïti)]. Musicien, compositeur et artiste sonore basé à Montréal, Jérémie Jones joue de la contrebasse et a enregistré plus de 20 albums avec différents artistes. Certains albums ont été nominés pour les Junos Awards et comme meilleur album expérimental de l’année; ils ont aussi reçu d’élogieuses critiques. Plus de 500 spectacles au Canada, États-Unis, Angleterre, Irlande, Écosse, Pologne, Slovaquie, Hongrie, France, Autriche, Allemagne, Italie et Haïti. Son nouveau projet Noordwiijk explore le point de rencontre entre la musique acoustique et électronique. Il est accompagné au PAPJAZZ par 4 tambours traditionnels dirigés par Jackson Saintil. Jah Baba (Bénin) Africaniste engagé, Jah Baba est d’origine bénino-nigériane. Il s’initie à la musique aux côtés de son père, un artiste jazz assez connu dans la sous-région ouest-africaine. Fidèle à son héritage culturel d’où il tire son inspiration, Jah Baba propose une formation d’Afro-Jazz aux accents de gospel. Son album de 14 titres sortis en 2011 lui a permis d’être invités sur plusieurs continents, notamment aux USA où il donne une représentation devant le Congrès américain. Sarah Jane (Haïti) Forte de dix années d’immersion musicale à Montréal et à Bordeaux auprès de nombreux talents de renom, Sarah Jane Rameau revient dans sa ville natale, avec un style fusionnant le jazz et le funk. Sarah Jane est l’une des étoiles montantes de sa génération à la fois dans la communauté musicale haïtienne et internationale, forgeant son identité à travers sa voix au timbre unique. Yomira John (Panama) Née à Panama City, la chanteuse Yomira John grandit dans un univers musical entre boléro et salsa. Très jeune elle remporte le prix Silvia Grasse dans la catégorie enfants, puis chante avec le chœur du Conservatoire national au Panama et en tant que soliste dans la chorale polyphonique Musica Viva. Au fil des années, elle chante avec plusieurs formations latino-américaines puis intègre en tant que lead vocal l’Orchestre du Centroamericana de la Papaya, de renommée internationale. John Bern Thomas (Haïti) invite Godwin Louis John Bern Thomas, le jeune batteur de Port-au-Prince, maîtrise les différents styles qui composent le dynamique mélange culturel de sa région, du jazz au swing, du reggae au blues, de la pop au compas. Depuis ses débuts sur scène, alors qu’il avait seulement huit ans, il a été plongé dans la musique, en jouant notamment avec le pianiste américain Aaron Goldberg, Claude Carré.«J’espère qu’il reviendra s’installer en Haïti, car son expérience ne peut être que profitable à la scène jazz haïtienne.» [Aaron Goldberg]. 1688 Collective (Barbade) Le Collectif 1688 est un ensemble musical caribéen dédié à l’art de la performance instrumentale. Le Collectif, une idée de Stefan Walcott, offre un espace à de jeunes musiciens semi-professionnels au sein duquel ils peuvent développer leur talent en travaillant des formes musicales caribéennes et d’inspiration afro-diasporique. 1688, sous ses différentes formes, a pour espoir d’être une force motrice constante pour les prestations musicales caribéennes, et de propager cette joie à toute la Caraïbe et au monde entier. Émeline Michel (Haïti) Interprète captivante, chanteuse, danseuse, compositrice et productrice accomplie, elle est sans conteste la diva de la chanson créole. Elle enregistre et chante sur scène partout dans le monde depuis les 15 dernières années. Ses 7 albums lui ont valu une renommée internationale méritée. Émeline Michel est sans conteste un modèle pour la jeune génération haïtienne. Émeline Michel nous propose une soirée à décliner entre amour, espoir, douleur et joie. « Au fil des titres où se croisent, s’entrecroisent rythmes haïtiens et influences jazz, pop ou brésiliennes, Émeline Michel dessine un portrait contrasté de la réalité de son pays » [RFI]. Chano Dominguez (Espagne) « Quand la tradition espagnole rejoint le jazz classique » Chano Dominguez est un des pianistes les plus recherchés de la scène musicale espagnole, particulièrement pour le flamenco et le jazz, mais aussi pour son interprétation des tangos, fandangos et autres styles espagnols traditionnels, qu’il marie au jazz classique. Il a travaillé avec des artistes tels que Gonzalo Rubalcaba, Paco de Lucia, Joe Lovano, Herbie Hancock, Jack De Johnette et Wynton Marsalis, et a enregistré plusieurs albums. Sa musique a aussi été interprétée par de nombreux orchestres renommés comme l’Orchestre national d’Espagne et le Lincoln Center Jazz Orchestra. Omar Sosa & Érol Josué (Cuba/Haïti) Aux confins de l’ancestral et du postmoderne, Omar Sosa & Erol Josué ou la rencontre au sommet entre les esprits de la santeria cubaine et ceux du vaudou haïtien, portée par les deux artistes les plus ancrés et les plus visionnaires du genre. Né à Cuba en 1965, Omar Sosa s’est imprégné tant de musique classique que de l’héritage africain de la musique cubaine. « La musique de Sosa unit l’Afrique au Latin Jazz et au Hip-Hop. C’est un de ces oiseaux rares dont le talent au piano est proche d’un Chick Corea ou d’un Chucho Valdes » [Ben Ratliff, le New York Times]. Érol Josué est un artiste haïtien total, magnétique et un briseur de stéréotype. Prêtre vaudou en activité, comédien et danseur, il est, tels les esprits vaudous qui l’habitent, un étrange télescopage de temps et de géographies. Project Chameleon (Haïti) Project Chameleon est né à l’automne 2015 sous l’impulsion de Gérald Kébreau (basse) avec Josué Alexis (piano) et Norman Imeran «Poupy» (batterie). Au-delà du plaisir de jouer de la bonne musique, l’expérience de ces trois musiciens forme l’harmonie à laquelle s’ajoutent et se mélangent les voix ou instruments de jeunes talents musicaux haïtiens. À partir de leur maîtrise des différentes tendances musicales, le trio de Chameleon adapte ses talents et son répertoire à toutes les émotions et rencontres musicales, avec l’ambition d’un résultat toujours différent, original et en évolution permanente… Manu Codjia (France) Manu Codjia est un musicien engagé aux univers musicaux multiples. Au fil du temps et des rencontres musicales, il s’affranchit des barrières stylistiques du jazz en explorant d’autres influences telles que le rock, le blues, l’électro ou le reggae. Django d’Or de la Guitare 2007, il est ensuite nominé aux victoires du jazz. Manu Codjia possède un jeu électrique, tour à tour délicat ou irradiant, promesses d’une soirée tout simplement ahurissante !« Je suis un chasseur de nouvelles sonorités» [Manu Codjia dans Libération]. Jaël Auguste (Haïti) « Du classique à la musique traditionnelle », Jaël Armand Auguste, contrebassiste classique dont la carrière commença au sein d’orchestres philharmoniques en Floride, explore les rythmes du vaudou en Haïti, son pays d’origine. En fusionnant des sonorités a priori très éloignées, Jaël a créé un style original qui associe la musique racine haïtienne à la musique folk acoustique, en une fusion de rythmes vaudous et de contrebasse. Ses compositions propres montrent aussi des inspirations funk, reggae et blues, et des textes à contenu social. Respè pou Ayiti (Caraïbes) « Rèspè pour Ayiti, c’est l’histoire d’une rencontre improbable et totalement convaincante pour exprimer musicalement ensemble un profond sentiment de solidarité et de respect envers le peuple haïtien » (…) Créé en 2011 à Sainte-Lucie (…) le projet « Wèspè pou Ayiti » a été imaginé et réalisé par trois musiciens antillais. À savoir, le pianiste saint-lucien Richard Payne, le batteur guadeloupéen Sonny Troupé et le trompettiste haïtien Jean Caze (…). Le résultat est enthousiasmant. «Je lance un appel pour que cette création groovy, originale et festive trouve rapidement un écho favorable auprès des responsables de festival de jazz « métropolitain ». Je m’engage ici à leur assurer un succès immédiat auprès de leur public tant la musique afro-caribéenne que délivre avec bonheur ce groupe très soudé est riche et généreuse. À bon entendeur… » [Pascal Anquetil – Jazz Mag]. Follow Jah (Haïti) Le groupe rara Follow Jah animera les scènes suivantes : – Scène Prestige, Parc Historique de la Canne à Sucre; – Scène Barbancourt, Université Quisquéya; – Scène Digiciel et place Boyer réunis depuis 2001, les dix-sept musiciens de la bande à pied Follow Jah évoluent à Pétion-Ville, à l’occasion du carnaval et autres fêtes traditionnelles et communautaires. Encadrés par l’association Caracoli, ils s’aventurent également sur d’autres terrains comme l’éducation par les arts, la scène ou les actions en direction du jeune public. Depuis 2012, Follow Jah anime les soirées du Festival international de Jazz de Port-au-Prince.

http://papjazzhaiti.org/site/

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