Bientôt une école doctorale dans le Nord

Une école doctorale, quoique fonctionnelle virtuellement depuis quelque temps, sera construite à Milot, dans le Nord. Mise sur pied par Samuel Pierre, professeur de génie informatique à l'Ecole Polytechnique de Montréal et par un groupe d’amis d’Haïti qui s’est formé au Québec au lendemain du tremblement de terre de 2010, l’Institut des sciences, des technologies et des études avancées d’Haïti (ISTEAH) a vu le jour en novembre 2013.

Publié le 2016-01-13 | Le Nouvelliste

Si l’on en croit le professeur Samuel Pierre, l’ISTEAH sera la première université haïtienne à offrir des formations doctorales en Haïti. Ouverte depuis 2013 où les cours sont «dispensés bénévolement via Skype par 167 professeurs qui vivent à l’étranger», l’ISTEAH compte aujourd’hui plus de 190 étudiants. Cette année, les premiers diplômés niveau maîtrise recevront leur diplôme. En 2017, ce sera le tour des premiers doctorants. « Les besoins en éducation supérieure sont décuplés en Haïti. Les étudiants veulent avoir les ressources et les connaissances qui leur permettront de reconstruire le pays », a déclaré Samuel Pierre au journal canadien La Presse. Samuel Pierre, président du GRAHN-MONDE et de l’ISTEAH, espère voir émerger en dix ans 1 000 experts dans un petit éventail de domaines prioritaires, soit le génie, l’administration des affaires, les sciences de l’éducation et de la santé. « En Haïti, quand on a besoin de solutions, on fait venir des gens de l’étranger. Le pays n’a pas la capacité de penser ses propres problèmes. On espère remédier à ça. Nos étudiants vont trouver des solutions haïtiennes aux problèmes haïtiens », dit l’ingénieur, originaire des Cayes, dans les colonnes de La Presse. Selon le quotidien canadien, l’université est virtuelle pour le moment mais ne le restera pas longtemps, tant et si bien qu’une première pelletée de terre sera soulevée sur un grand terrain de Milot, à 5 km de Cap-Haïtien, mercredi, soit un jour après la commémoration des six ans du séisme dévastateur du 12 janvier 2010. D’ici 2020, un grand campus qui donnera du travail aux nouveaux titulaires de doctorat haïtiens, issus de l’ISTEAH, devra être fin prêt. Ces derniers y deviendront à leur tour professeurs. « Cette approche n’est rien de moins qu’une petite révolution », selon Samuel Pierre, président du GRAHN-MONDE qui honore depuis trois ans des personnalités et institutions qui font des choses extraordinaires dans le pays. Ce projet, dont le GRAHN-MONDE est porteur, est notamment financé par le Centre de recherche en développement international (CRDI), qui lui a accordé un fonds de démarrage de 600 000 $ pour quatre ans. « Ça nous permettra de nous rendre jusqu’à la remise des diplômes de nos premiers doctorants », selon le professeur. Joint par Le Nouvelliste mardi au téléphone, Samuel Pierre, qui séjourne actuellement au pays dans le cadre de la mise en œuvre du projet, a expliqué que celui-ci est conçu par des Haïtiens de l’intérieur et de l’extérieur. « Sur 100 Haïtiens qui ont fait des études supérieures, 83 vivent à l’étranger. Haïti a été décapitée. Pendant la dictature des Duvalier, les cerveaux ont commencé à quitter le pays, et ça ne s'est jamais arrêté », a affirmé Samuel Pierre, professeur à Montréal et fondateur de l’ISTEAH. Convaincu qu’en formant des gens en Haïti et en leur offrant un emploi de bonne qualité le pays a plus de chance de retenir ses cerveaux, il a fait savoir que « nous devons redonner une tête à Haïti ». En plus de l'Ecole Polytechnique de Montréal, où enseigne Samuel Pierre, l’ISTEAH collabore aussi avec une brochette d’universités québécoises (dont l’Université du Québec à Montréal et l’Université du Québec à Trois-Rivières), françaises et américaines. Les forces vives derrière le projet essaient maintenant de trouver les fonds pour la construction de la Cité du savoir, un projet de 50 millions sur 20 ans. Les gouvernements sont sollicités, ainsi que la grande diaspora haïtienne, concentrée au Québec et aux États-Unis. « À terme, on veut faire de la Cité du savoir une ville qui contribuera au développement du nord d’Haïti », conclut Samuel Pierre. Avec La Presse
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