Crise électorale

L’installation de la commission d’évaluation retardée en attendant le « Ok » de l’Église catholique

Publié le 2015-12-18 | Le Nouvelliste

National -

Parce que les autorités de l’Église catholique en Haïti n’ont pas encore donné leur consentement, la commission d’évaluation électorale n’a pas pu être installée hier vendredi. « Maintenant tout est Ok, on m’a fait savoir que le cardinal Langlois qui n’était pas en Haïti est retourné aujourd’hui et a donné son accord », a fait savoir au Nouvelliste une source proche de la commission d’évaluation électorale. Cependant, dans une conversation via SMS, Mgr Patrick Aris a fait savoir à Le Nouvelliste que : « le Cardinal est en contact avec les autorités gouvernementales. Cela avance, mais pas encore de décision ». La commission sera probablement installée lundi et les trois jours de délai débuteront à partir de ce moment, a souligné notre source de cette structure présidentielle. Pour sa participation à la commission d’évaluation, l’Eglise catholique pose un ensemble de conditions. D’abord, a fait savoir Mgr Patrick Aris, cette structure doit être totalement indépendante et sans aucune influence susceptible d’entraver son travail. Ensuite, « nous posons les conditions par rapport à la composition de la commission et, troisièmement, l’Église catholique devrait avoir la possibilité de donner son accord sur les termes de référence », a-t-il énuméré dans une interview accordée au Nouvelliste jeudi. Cependant, joint au téléphone jeudi par le journal, Rosny Desroches avait fait savoir que les cinq membres de la Commission présidentielle d’évaluation ont eu leur première rencontre de travail jeudi matin, quelques heures après leur nomination par arrêté présidentiel. Une occasion pour eux de discuter sur les termes de référence, a indiqué M. Desroches, membre de cette commission, qui a précisé vendredi matin sur Radio Magik 9 qu’un des membres de la commission avait eu un empêchement et a quitté la rencontre. Sur les ondes de cette même station de radio toujours vendredi matin, Mgr Patrick Aris, membre de la commission, a indiqué qu’il ne faisait que passer pour déposer des documents. Rosny Desroches, Anthony Pascal (Konpè Filo), Mgr Patrick Aris, Euvonie Georges Auguste et Emmanuel Charlemagne sont les cinq personnalités qui ont été nommées par arrêté présidentiel pour faire partie de cette commission d’évaluation électorale. Lors de la première rencontre, « nous avons discuté sur les termes de référence et le délai », a confié au Nouvelliste Rosny Desroches. « Nous aurons à faire une évaluation du processus électoral, mais nous n’avons pas encore déterminé la méthodologie qu’on aura à utiliser. Nous allons consulter tout ce qu’il y a sur le site du CEP et s’il y a une nécessité, nous irons au Centre de tabulation », a-t-il dit. Selon les termes de référence, a précisé M. Desroches, la commission d’évaluation aura à examiner le premier tour de l’élection présidentielle du 25 octobre. « Voir les points faibles et les points forts s’il y en a, en apporter un jugement et à partir de là venir avec des recommandations pour améliorer le reste du processus », a-t-il expliqué au journal, soulignant qu’il y a des réserves sur les trois jours dont dispose la commission pour faire son travail qui commencera à partir de leur installation. Le directeur exécutif de l’Initiative de la société civile (ISC) a fait remarquer que la date du 27 décembre fixée pour la réalisation du second tour de la présidentielle est de plus en plus hypothéquée. « Nous pensons qu’il devrait y avoir un report… », a-t-il dit. Rosny Desroches a souligné que le G-8 avait demandé une commission de «vérification» alors que Jude Célestin, membre du G-8 et candidat qualifié pour le second tour de la présidence, a demandé une commission «d’évaluation». « Il y a une certaine nuance entre les deux, mais le gouvernement a répondu à la demande de M. Célestin », a-t-il dit. Le directeur exécutif de l’Initiative de la société civile pense que ses collègues et lui vont travailler en toute indépendance par rapport au chef de l’État qui les a nommés. « Notre intention, c’est de travailler en toute indépendance par rapport à toutes sortes de pressions d’un côté ou d’un autre », a-t-il promis. Réagissant aux critiques du sénateur Jean-Baptiste Bien-Aimé disant qu’il a été le premier à dire que les élections se sont bien déroulées, Rosny Desroches a demandé si le parlementaire fait référence aux élections du 9 août ou à celles du 25 octobre. Selon lui, l’OCID a sorti plusieurs communiqués dans lesquels l’organisme d’observation électorale a souligné les faiblesses et les points forts des élections. En outre, M. Desroches a souligné que les cinq membres de la commission présidentielle d’évaluation font un travail de bénévolat, ils n’auront aucuns frais, mais le gouvernement mettra à leur disposition un local, des moyens de déplacement et des équipements si c’est nécessaire. Selon lui, il se pourrait que la commission ait besoin d’une équipe technique qui lui permette d’aller plus vite.

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