CORRUPTION - DÉTOURNEMENT DE FONDS PUBLIC

Les TPTC escroqués de 150 millions

La Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) a fait état de l’avancement de l’enquête sollicitée par le ministre des Travaux public en personne, suite au détournement de 153 millions de gourdes appartenant audit ministère. Trois hommes et une femme sont à présent sous les verrous tandis que le reste de la bande est activement recherché par la Police nationale d’Haïti.

Publié le 2015-10-22 | Le Nouvelliste

National -

Gardy Castor et sa femme Géraldine Méridien ainsi que Louis Olvy Fanfan et Edner Valcin, quatre des 13 membres du réseau d’escrocs ayant falsifié des chèques de l’ordre de 153 276 155 gourdes au Ministère des Travaux publics, Transports et Communications (MTPTC), ont été interpellés par la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) et sont passés aux aveux le jeudi 22 octobre 2015. Cette enquête qui a abouti à l’arrestation de ces personnes pour association de malfaiteurs, faux en écriture publique, escroquerie, usage de faux et blanchiment des avoirs, a été initiée à la suite à d'une plainte du ministre des Travaux publics, Jean Jacques Rousseau, déposée à la DCPJ, le 15 mai 2015. Selon le porte-parole adjoint de la PNH, Gary Desrosiers, ces malfrats ont recueilli les chèques de certains employés du MTPTC et ont effectué leur paiement sans les avoir enregistrés dans le système informatique de la Banque de la République d’Haïti. « À l’aide d’artifices frauduleux, ils ont balayé les mentions variables de ces chèques et les ont remplacées par des montants voulus et des noms de personne existants ou fabriqués à l’aide de faux documents », a poursuivi l’inspecteur Desrosiers. Ces chèques, a-t-il précisé, sont ensuite déposés sur des comptes d’entreprises, pour la plupart bidon, domiciliés à la Unibank, la Sogebank, la Banque de l’Union haïtienne (BUH), la Capital banque et la Banque nationale de crédit (BNC). Gardy Castor qui affirme avoir reçu au moins cinq chèques totalisant la somme de 30 millions de gourdes - de même que son complice Nobert Félix- a été très loquace dans ses aveux, expliquant qu’il est passé de professeur d’espagnol à propriétaire de « Dieu qui donne matériaux de construction ». Ceci est l’une des entreprises fictives ayant servi à détourner les 153 millions de gourdes aux côtés de « Alteco matériaux de construction », « Dépôt de Vernet », Pierre et fils Construction et « Flo transport ». Géraldine Méridien, menottée à son mari, Gardy Castor, a affirmé avoir, au départ, trouvé un peu suspectes ces transactions, mais que, néanmoins, elle n’a pas voulu tenir tête à son mari qui lui a imposé d’aller encaisser au moins deux chèques. L’artisan principal de ce crime financier, Philippe ou ingénieur Pipo – ainsi connu- qui, selon les présumés malfaiteurs, a été le principal fournisseur de chèques détournés, et souvent approvisionnés d’un montant plafond de six millions de gourdes, est activement recherché par l’institution policière pour répondre de ces actes qui lui sont reprochés, selon le porte-parole. Dans la liste des personnes recherchées dans ce dossier, figurent aussi les noms de Pierre Antoine Junior, Jean Baptiste Carl, Edwigge, Nobert Félix, Alcin Daniel, Jasmin Nérestant, Emmanuel Baptiste, Clervil Jean Alix et Jean Baptiste Franck.

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