Des entrepreneurs haïtiens en Chine pour une formation en chambre de commerce et d’industrie

Publié le 2015-09-11 | Le Nouvelliste

Economie -

Une délégation haïtienne de sept membres, dont cinq jeunes entrepreneurs, ont atterri dans l’après-midi du mercredi 9 septembre à l’aéroport de Beijing, en Chine. Invitée par la représentation chinoise en Haïti, la délégation composée de Mme Tatana Chevry Bazin (chef de la délégation), Almiracle St-Fort, Gerby Saint-Fleur, Réginald Simon, Jude Valéry Pierre Tranquille, Sandra Duvivier et Gary Cyprien a déposé ses bagages à l’hôtel Jian Yin situé au Xizhan South Road, Fengai District, pour une première escale de cette visite d’une vingtaine de jours au pays de Mao. Au menu de ce séjour organisé conjointement par la representation chinoise à Port-au-Prince et le Conseil haïtien pour le développement des relations avec la Chine (CHDC), un séminaire de formation au profit des Chambres de commerce et d’industrie des pays Afrique-Caraïbe-Pacifique (ACP) et de l’Amérique latine. Une trentaine de jeunes entrepreneurs de moins de 45 ans prennent part à la formation afin de mieux s’enquérir de la politique commerciale de la Chine, de s’inspirer des expériences de ce géant du commerce mondial et de sa croissance fulgurante au cours des cinq dernières décennies. Ce qui leur permettra de pouvoir renforcer leurs chambres de commerces respectives et toutes les institutions liées à la promotion et au développement dudit secteur. Pour la délégation haïtienne, ce séjour en Chine est doublement bénéfique. Non seulement il permettra à ses membres de mieux s’informer des rouages du commerce international et des avantages d’un rapprochement d’Haïti avec la Chine en matière de relation commerciale, mais il donnera aussi la possibilité à ces jeunes entrepreneurs haïtiens, proches du CHDC, de jeter les bases pour la création d’une chambre de commerce haïtiano-chinoise, selon ce que nous ont confié les responsables du CHDC, M. Mondy Victor (président) et Mme Dominique Bazin (membre), lors d’une réunion en prélude au voyage le 31 août dernier à l’hôtel Visa Lodge. Les deux premiers jours du séminaire ont vu défiler sur le panel de la salle de conférence de l’hôtel Jian yen des experts chinois de notoriété mondiale dans les questions liées au commerce international, dont le Dr Jian Chen, directeur de gestion des cas d’arbitrage internationaux du CIETAC; M. Liang Guining, directeur du Centre des investissements externes de la Chine; M. Yu Xiaodong, sous-secrétaire général du Conseil chinois pour la promotion du commerce international ; LV Peng, conférencière à Aliexpress University et coauteur du livre Cross-Border E-commerce. Le premier intervenant, Jian Chen, a présenté largement la Commission internationale d’arbitrage économique et commercial de la Chine (en anglais CIETAC). Ci-devant la Commission d’arbitrage du commerce extérieur, la CIETAC, est l’une des plus anciennes institutions d’arbitrage du monde. Elle est créée en avril 1956 conformément à la décision relative à l’établissement d’une commission d’arbitrage du commerce extérieur au sein du CCPIT adopté le 6 mai 1954. Pour répondre aux besoins sans cesse croissants des relations économiques et commerciales de la Chine avec les pays étrangers en 1980 après l’adoption de la politique de réforme et d’ouverture, l’arbitrage du commerce externe a été rebaptisé Commission d’arbitrage économique et commercial. Plus tard en 1988, elle deviendra Commission internationale d’arbitrage économique et commerciale de la Chine et ses lois ont été amendées. En 1999, le Congrès national chinois a admis l’entreprise individuelle, l’économie privée et toute autre entreprise non publique qui sont toutes des parties intégrantes du marché économique socialiste tel que prévu dans la nouvelle Constitution, a expliqué Dr Jian Chen. En outre, depuis l’année 2000, la CIETAC est reconnue sous l’appellation de la Cour d’arbitrage de la Chambre de commerce internationale de la Chine (en anglais, CCOIC). De son côté, M. Liang Guining, dans son exposé du jeudi 10 septembre, a présenté le Développement de l’investissement direct étranger de la Chine (Development of China’s Overseas Direct Investment (ODI)). Selon l’intervenant, l’histoire du développement des ODI de la Chine est assez brève, car elle remonte seulement à l’après Seconde Guerre mondiale. Il distingue trois étapes différentes dans l’évolution de l’investissement direct étranger chinois, à savoir, une première étape qui date de 1950 à 1978 ; une seconde étape qui va de 1979 à 1998, et une troisième étape qui part de 1998 à nos jours. De 2003 à 2013, les investissements directs étrangers chinois ont crû à un rythme effréné, passant de 2,85 milliards de dollars en 2003 à plus de 107 milliards en 2013. Jamais une économie n’a accumulé un tel niveau de croissance en un laps de temps aussi bref. Ainsi, l’Asie est la région qui a le plus bénéficié de la manne des investissements directs étrangers de la Chine avec un pourcentage de 70%. L’Amérique latine vient en seconde position avec 13%. « Fonctions du Conseil chinois pour la promotion du Commerce international (en anglais CCPIT) et l’établissement de la promotion du Système ». C’est autour de ce thème que le sous-secrétaire général de la CCPIT, M. Yu Xiaodong est intervenu vendredi matin au séminaire pour les Chambres et industries des pays de l’Amérique latine, de la Caraïbe et du Pacifique sud. Les législations chinoises sur la promotion du commerce sont inscrites au 9e chapitre de la loi sur le commerce externe de la Chine qui a été approuvée en 1994 par le Congrès et révisée 10 ans plus tard en 2004. La promotion du commerce international est un enjeu important dans la conquête de parts de marchés, et les Chinois semblent s’en tirer à bon compte dans cet exercice au vu de leur présence grandissante sur une bonne partie des grands marchés mondiaux. Le succès du fleuron des pays émergents dans la conquête des marchés extérieurs est dû en grande partie à la présence d'une structure aussi solide et performante que le CCPIT. Créé en 1952, le CCPIT est un organisme de promotion légale du commerce composé de représentants à titre individuel, d’entreprises et d’organisations du milieu économique et commercial chinois. «C’est la plus importante et la plus grande agence chinoise de promotion du commerce international», a assuré M. Xiaodong, soulignant que le CCPIT a des représentants dans plusieurs pays, dont le Japon, Hong Kong, la Corée, Singapour, l'Australie, le Mexique, le Canada, l'Allemagne, la France, le Royaume-Uni, l'Italie, la Belgique, la Russie, le Brésil, les Etats-Unis d’Amérique, le Costa Rica, l’Union des Etats africains… Quant à la conférencière à Aliexpress University, Mme LV Peng, son exposé portait sur la situation transfrontalière de l’E- commerce. Le développement des technologies de l’information et de la communication (TIC) et notamment des smartphones devient un agent important dans l’expansion du E-commerce. Le secteur de la mode est l’un des premiers bénéficiaires de cette façon de faire du commerce. Selon Mme Peng, les plus grands acheteurs transfrontaliers sont concentrés aux États-Unis d’Amérique, au Brésil, en Allemagne, en Grande Bretagne pour ne citer que ceux-là. Pour le moment, l’accélération du commerce en ligne transfrontalier est maintenue aux alentours des 30%. Beaucoup de questions provenant des participants à la formation ont animé la présentation. Les membres de la délégation haïtienne se sont bien intégrés dans l’ambiance des différentes séances. Mis à part les petits obstacles au niveau de la communication, ils ne cachent pas leur satisfaction et leur détermination à tirer le maximum de ce périple chez les géants chinois.

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