Sénatoriales : le CEP s’est trompé de méthode de calcul, selon Léopold Berlanger

Publié le 2015-08-27 | Le Nouvelliste

National -

Le CEP s’est “trompé” par rapport à la méthode utilisée pour calculer les résultats de l’élection sénatoriale du 9 août 2015, a estimé Léopold Berlanger, sociologue, ex-conseiller électoral et expert ayant accumulé plus de deux décennies d’expérience dans l’observation, l’arbitrage d’élections en Haïti et à l’étranger.«Le CEP s’est trompé par le simple fait que la base d’évaluation du pourcentage obtenu par chaque candidat doit se baser sur le nombre de votants ayant des bulletins valides et non sur un calcul cumulé de votes valides », a-t-il dit, soulignant que « l’électeur a voté pour deux candidats au Sénat par département dans un même bulletin». « Le mode de calcul du CEP est préjudiciable à tous les candidats au Sénat par le fait qu’il attribue un score plus faible que le score réel obtenu », a indiqué Léopold Berlanger. C’est un fait à considérer pour voir s’il n’y a pas de score qui aurait atteint la majorité absolue ou l’écart de 25 % entre deux candidats. Néanmoins, un score de 50 + 1 ou l’écart de 25 % obtenu sur la base des résultats préliminaires n’implique nullement que le CEP puisse proclamer ce candidat vainqueur au premier tour avant le traitement des contestations, les décisions finales des différentes instances et l’analyse eu égard aux problèmes rencontrés le jour du scrutin », a expliqué Berlanger, qui met le doigt sur un aspect à expliciter la prochaine fois. « La Constitution et le décret électoral sont clairs sur le principe du calcul de la majorité absolue. Toutefois, les détails arithmétiques sur cette méthode ne figurent pas dans ces textes. Le calcul de score en matière de majorité absolue, de majorité relative, de majorité proportionnelle fait l’objet d’une doctrine et d’une jurisprudence bien connue en matière électorale à travers le monde. Cette doctrine se fonde sur la recherche d’une légitimité populaire de l’élu en référence aux nombres de citoyens ayant participé au vote », a dit Léopold Berlanger qui croit, à un moment où certains craignent l’incidence négative de l’usage d’une méthode erronée sur le reste du processus électoral, « que les acteurs concernés doivent s’entendre pour l’application de la solution appropriée ». « D’autant plus, a-t-il poursuivi, qu’il n’est pas trop tard pour que les corrections soient apportées aux résultats préliminaires pour l'élection sénatoriale. » « Je propose au CEP de retourner au Centre de tabulation pour avoir les chiffres sur le nombre de votants ayant un bulletin valide pour chaque candidat et chaque département et de baser son calcul sur ce chiffre pour évaluer le pourcentage d'un candidat », a dit Léopold Berlanger qui rappelle que c’est une affaire de comptage du pourcentage de votes lors des élections du 21 mai 2000 qui est à la base des déboires du régime de l’ex-président Jean-Bertrand Aristide. Selon les résultats publiés pour l'élection sénatoriale, aucun candidat n’a été élu au premier tour. Certains, comme Me Jean Renel Sénatus « Zokiki », candidat au Sénat de l’Ouest, ont contesté la méthode de comptage du CEP. Ce n’est pas de l’arithmétique mais de la magie, a-t-il dit.

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