Elections législatives

Fusion, Lavalas, Renmen Ayiti…exigent une évaluation des élections

Publié le 2015-08-10 | Le Nouvelliste

National -

Vingt-quatre heures après le premier tour des législatives, des organisations politiques sont montées au créneau pour dénoncer les nombreux incidents qui ont émaillé le scrutin du 9 août. Dans une note conjointe publiée lundi, Fanmi Lavalas, Fusion des sociaux-démocrates, Renmen Ayiti, Consortium, Ayisyen pou Ayiti, Mouvman Revolisyonè Ayisyen, le sénateur François Annick Joseph, ALAH, entre autres, exigent la formation d’une commission mixte pour évaluer les élections. Parallèlement, la communauté internationale se dit satisfaite des élections. Si le CEP parle de 4% des centres de vote qui ont été annulés à la suite d’actes de violence et d’irrégularités, ces organisations politiques estiment que plus de 45% des centres de vote sur tout le territoire national ont été vandalisés ou ont enregistré des fraudes massives. « De multiples cas d'agressions physiques, de meurtres et de bourrages d'urnes signalés par tous les médias à travers le pays ont été souvent effectués avec la complicité ou la passivité des pouvoirs publics », ont-elles dénoncé dans cette note conjointe. Selon ces partis politiques, les faits qui ont entaché le scrutin dans tous les départements sont imputables dans la plupart des cas au comportement des candidats et des représentants des partis proches du pouvoir. « Ils sont d'une gravité exceptionnelle et entachent considérablement la crédibilité des résultats qui vont sortir de ces élections. Les plus courageux qui sont sortis remplir leur devoir civique n'ont pas pu s'exprimer librement », ont-ils dit. « L'ampleur des fraudes et des irrégularités est telle que les résultats risquent d'hypothéquer la suite du processus électoral dans son ensemble, avec des conséquences désastreuses pour la stabilité et la paix dans le pays », prévoient Fanmi Lavalas, Fusion des sociaux-démocrates, Renmen Ayiti, Consortium, Ayisyen pou Ayiti, Mouvman Revolisyonè Ayisyen, le sénateur François Annick Joseph, ALAH, entre autres. Plusieurs signes avant-coureurs auraient dû faire comprendre au CEP qu'il était sur la mauvaise voie, affirment ces partis politiques. Ils citent à titre d'exemple: la non-publication des listes électorales 30 jours avant les élections (article 33 du décret); les changements d'adresse non sollicités de plusieurs électeurs ; l' absence des cartes d'accréditation des mandataires dans plusieurs départements du pays; le mode de choix et de remplacement arbitraire des membres des bureaux de vote ; le recrutement des superviseurs favorisant certains partis politiques, entre autres. Après ce diagnostic de la situation, ces entités politiques recommandent la formation d'une « commission mixte composée de représentants des partis politiques, de la société civile et du CEP », avec pour mission, dès ce mardi 11 août, « d'évaluer l'ampleur des dégâts et de proposer une solution qui pourrait ramener la confiance des électeurs et garantir le succès de la suite du processus électoral. » Fanmi Lavalas a ouvertement dénoncé le pouvoir et les organisations politiques PHTK, VERITE d’être à l’origine des actes de violence qui ont émaillé la journée du vote. Le parti a appelé ses partisans à la mobilisation pour « défendre leur droit ». Pour sa part, l’organisation politique UNIR a dénoncé des bourrages d’urnes et la confusion qui ont caractérisé la journée du vote. « Dans beaucoup de circonscriptions, le vote n’a pas pu se tenir ou a été interrompu par des groupes armés, parfois accompagnés de candidats. Dans la Grand'Anse, par exemple, un conseiller électoral a dénoncé nommément deux partis politiques responsables de la non-tenue du scrutin dans la ville de Jérémie » , a souligné le parti que dirige Clarens Renois, candidat à la présidence. «… UNIR prend acte de cette situation et se réserve le droit de contester les résultats des élections dans toutes les circonscriptions où ses candidats étaient en position favorable », a-t-il averti. Souvent accusé d’être à l’origine des actes de violence enregistrés le jour du vote, le parti présidentiel, PHTK, rejette ces accusations et se présente lui aussi comme victime. Dans une conférence de presse 24 heures après le scrutin, les responsables du parti de Michel Martelly ont dénoncé ce qu’ils appellent une campagne de dénigrement visant à salir « leur image ».

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