Des candidats à la députation réclament l’annulation des élections législatives

Moins de 24 heures après le déroulement du premier tour des élections législatives, des candidats à la députation de plusieurs circonscriptions ont manifesté dans les rues réclamant l’annulation des élections qu’ils qualifient de sélection. Dans les départements de l’Ouest, du Nord et de l’Artibonite, des dizaines de candidats et leurs sympathisants ont foulé le macadam pour faire entendre leur voix.

Publié le 2015-08-11 | Le Nouvelliste

National -

Des sympathisants et des candidats à la députation pour la commune de Gressier ont érigé, vers les 11 heures, des barricades de pneus enflammés à hauteur de Mariami et ont bloqué la route nationale # 2 qui relie Port-au-Prince au Grand Sud. Ces protestataires réclamaient l’annulation des élections législatives dans leur commune. Des agents de la Police nationale d’Haïti ont essayé de calmer la tension et les manifestants ont riposté par des jets de pierre. Jusqu’à 16 heures, la circulation était pratiquement paralysée dans la commune de Gressier. Le coordonnateur du parti Fanmi Lavalas pour la commune de Gressier, Saint-Juste Julien, a déclaré que le CEP n’avait pas eu le contrôle des élections dans sa commune et qu’il est difficile de parler d’élections pour la commune de Gressier. Après l’annulation de 48 bureaux de vote à Morne-à-bateau dans la première section de la commune de Gressier, il a déclaré que le CEP doit prendre ses responsabilités pour annuler « cette sélection.» « Nous voulions des élections libres et transparentes dans le pays. Mais il est clair que nous avions eu des élections pour des candidats du parti au pouvoir à savoir le Parti haïtien Tèt Kale (PHTK) », a expliqué le coordonnateur de Fanmi Lavalas qui a participé ce matin à une conférence de presse de 19 candidats à la députation pour la commune de Gressier. Même son de cloche avec le candidat à la députation pour la commune de Gressier, Jean Élie, qui a demandé l’annulation totale des élections par le CEP. « Nous sommes tous d’accord qu’il y a eu un certain favoritisme pour les mandataires et les candidats du PHTK, a-t-il dit. Ils ont pénétré dans les différents centres de vote sans aucune restriction», a-t-il expliqué. À Mirebalais, plusieurs candidats à la députation de differents partis politiques dénoncent le déroulement des élections législatives du dimanche 9 août. Ils ont contesté le dépouillement des urnes qui est en train de se réaliser alors que de nombreux cas d’irrégularités ont été identifiés dans la majorité des centres de vote lors de la tenue de ces élections. Même cas de figure, ce matin à Saint-Marc, dans le département de l’Artibonite, où des sympathisants de certains candidats ont érigé des barricades de pneus enflammés. Dans la commune de Plaisance, la tension a atteint son paroxysme. Les partisans de certains candidats à la députation de cette commune ont investi le Bureau électoral communal (BEC) et ont brûlé les bulletins de vote. Ce mouvement de protestation qui, disent-ils, vise l’annulation des élections dans la commune de Plaisance, a fait un mort dans le camp des protestataires. Vers les 15 heures, 14 candidats à la députation de la deuxième circonscription de Port-au-Prince, accompagnés de leurs sympathisants, ont marché dans les rues de la capitale pour demander, eux-aussi, l’annulation des élections législatives qui représentent, selon eux, une honte pour le pays. « Les membres du CEP se sont laissés mener par le président de la République pour organiser cette farce électorale », a dit le candidat à la députation pour la deuxième circonscription, Mario Beauvoir, déplorant aussi le fait que des membres du PHTK ont eu la mainmise sur les élections dans sa circonscription. « Ils ont pénétré armes à la main dans les centres de vote et ont arrosé les électeurs avec de l’argent au vu et au su des policiers. Nous demandons l’annulation des élections sans condition et aussi le départ du président Michel Martelly», a-t-il dit sur un ton ferme. L’autre candidat à la députation pour la deuxième circonscription de Port-au-Prince, Shultz Simpsie Cazir, ne cache pas son indignation face à ce qu’il appelle l’irresponsabilité des agents de la Police nationale d’Haïti. Selon lui, le candidat à la députation du parti PHTK pour la deuxième circonscription a acheté des policiers qui se montraient impuissants face aux bourrages d'urnes de certains électeurs.

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