Energie solaire

Klere Ayiti et le défi de l’énergie en Haïti

Klere Ayiti est le nouveau partenariat privé-privé qui a été lancé à l’hôtel Marriott ce mardi 21 juillet 2015, par les responsables de Western Union et de la Société générale haïtienne de transferts S.A (Sogexpress) et qui entend améliorer l’accès à l’électricité en Haïti par la combinaison de l’énergie solaire et de l’engagement de la diaspora. Avec ce partenariat privé-privé, Haïti est en train de se convertir en terrain d’essai pour une nouvelle approche en matière d’énergie propre.

Publié le 2015-07-21 | Le Nouvelliste

Economie -

Pour Dominique Policard, directrice exécutive commerciale à la Sogexpress, la clé de l’initiative consiste à diriger les envois de fonds de la diaspora haïtienne pour financer les produits de l’énergie propre pour ses proches en Haïti. En d’autres termes, ce partenariat se donne pour but de conjuguer l’engagement de la diaspora envers ses proches au pays et l’innovation technique pour résoudre le problème de l’électricité en Haïti. Selon Nicola Armacost, directrice générale d’Arc Finance, un des partenaires de Klere Ayiti, qui citait une recherche récemment menée sur le sujet, un quart des envois de fonds de la diaspora en Haïti sert à payer l’énergie sous une forme ou une autre. L’achat du kérosène, entre autres. En clair, Klere Ayiti cherche à capter une partie de ces envois de fonds reçus par Haïti chaque année. Pour l’année 2014, pas moins de 2 milliards de dollars, représentant plus de 20% du PIB, ont été envoyés en Haïti par plus d’un million d’Haïtiens vivant aux États-Unis et au Canada. En marge de cette conférence de lancement, une démonstration sur la manière de faire l’acquisition d’un des systèmes solaires de Klere Ayiti a été assurée par les deux principaux acteurs du secteur privé instigateurs de Klere Ayiti que sont la Sogexpress, une filiale de la Sogebank et une des principales sociétés haïtiennes de transfert d’argent, et la Western Union Company, un leader des services de paiement mondiaux. « Le service Western Union Quick Pay permet aux clients locaux et aux membres de la diaspora de précommander le système solaire de leur choix sur www.klereayiti.com, d’obtenir un numéro de commande et de compléter le paiement auprès d’un agent Western Union dans le monde. En moins de 24 heures, le bénéficiaire recevra un appel de la Sogexpress en Haïti pour planifier la livraison avec lui », pouvait-on retenir de la vidéo-présentation diffusée à l’intention du parterre de journalistes présents à ce lancement. Pour le présent moment, deux systèmes solaires sont disponibles sur la plateforme Klere Ayiti. Il s’agit du Sundaya T-Lite 2, qui coûte $ 140 US, et du T-Lite 3, qui coûte $180 US, et les deux sont distribués en Haïti par Total. Le T-Lite est un système modulaire, disponible en kit avec deux ou trois lampes LED. En plus, les deux systèmes ont la capacité de recharger des téléphones portables. « Klere Ayiti va non seulement servir à canaliser l’investissement de la diaspora, mais aussi donnera un sacré coup de main à la création d’un nouveau marché de l’énergie propre en Haïti », a en substance déclaré Ralph P. Denizé, spécialiste en développement du secteur privé à la Banque interaméricaine de développement (BID). Si l’on en croit les initiateurs de Klere Ayiti, Haïti a le taux d’électrification le plus bas dans le monde et le plus bas dans l’hémisphère occidental. Même avant le tremblement de terre de 2010, seulement 12,5% de sa population de 9 millions d’habitants étaient connectés au réseau électrique. Actuellement, le taux d’électrification est encore estimé entre 25 et 30% selon la région. Dans sa croisade de pallier ce déficit en accès à l’électricité, Sogexpress affirme avoir déjà vendu en avril 2015 plus de 43 000 lampes solaires à travers ses 57 cabines réparties dans tout le pays. À noter que l’initiative Klere Ayiti a su compter sur l’assistance technique du Fonds multilatéral d’investissement (MIF), un membre de la Banque interaméricaine de développement (BID), de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) et de l’Arc Finance.

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