Haiti-Rapatriement

Un comité mixte pour coordonner l'accueil des rapatriés

Le gouvernement a annoncé vendredi la composition du comité responsable de la coordination de l’accueil des rapatriés. Ce comité est composé de personnalités de la société civile et des membres du gouvernement. Dans l’intervalle, les migrants haïtiens continuent de fuir en masse la République dominicaine et de revenir au pays avant le déclenchement des opérations de déportation.

Publié le 2015-06-19 | Le Nouvelliste

National -

Le gouvernement multiplie les démarches en vue de recevoir dans les meilleures conditions les rapatriés haïtiens. Après deux jours de discussion avec plusieurs secteurs de la vie nationale à l’hôtel Royal Oasis, le gouvernement annonce la création d’une commission mixte appelée à coordonner l’accueil depuis la frontière avec la République dominicaine. Comité mixte de Solidarité nationale, c’est l’appellation attribuée à cette structure composée de la société civile élargie et du gouvernement. C’est le ministre de la Communication, Rotchild François Junior, accompagné de plusieurs autres membres du cabinet ministériel, qui a présenté à la presse la composition de ce comité. Monsieur Evans Paul, Premier ministre, le cardinal Chibly Langlois, monsieur Lener Renauld, ministre des Affaires étrangères et des Cultes, monsieur Ariel Henry, ministre de l’Intérieur et des Collectivités territoriales, monsieur Robert Labrousse, ministre des Haïtiens vivant à l’étranger, monsieur Victor Benoît, ministre des Affaires sociales et du Travail, maître Gédéon Jean, monsieur Grégory Brandt, monsieur Christopher Handal, monsieur Hérold Jean-Francois, madame Géralda Sainvile forment ce comité. En effet, peu après la fin du Plan de régularisation des étrangers en République dominicaine, le chef du gouvernement, Evans Paul, a appelé à l’unité nationale face au rapatriement prochain de milliers de migrants haïtiens. Le Premier ministre avait dit compter sur la collaboration de chaque citoyen, de chaque secteur de la vie nationale pour gérer ce qui pourrait provoquer une nouvelle crise humanitaire dans le pays. Ce comité est le premier résultat de cet appel à l’unité lancé la veille. Des commissions thématiques ont également été formées pour gérer les différents aspects qui peuvent découler de la crise. Il est créé une commission commerciale dirigée par le ministre du Commerce et de l’Industrie, Jude Hervé Day, une commission des droits humains dirigée par le ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Pierre-Richard Casimir, une commission de migration dirigée par le ministre de l’Intérieur et des Collectivités territoiriales, Ariel Henry, une commission internationale dirigée par le ministre des Affaires étrangères et des Cultes, Lener Renauld; la ministre de la Santé publique et de la Population, Florance Duperval Guillaume, dirige la commission humanitaire; la commission de réinsertion est dirigée par le ministre de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural, Fritzner Dorcin. Le gouvernement a déjà fait un recensement des différents lieux pouvant servir d'abris provisoires pour les rapatriés, des produits de nécessité comme des kits d’hygiène, des matelas seront mis à la disposition des déportés dans ces abris provisoires, selon ce qu’affirme le ministre de l’Intérieur et des Collectivités territoriales, Ariel Henry. Le ministre affirme avoir parlé avec toutes les autorités territoriales le long de la ligne frontalière et des moyens sont mis à leur disposition pour identifier, recevoir et prendre en charge les rapatriés. « Depuis le 6 juin, le gouvernement a enregistré des milliers de migrants qui ont décidé de revenir volontairement au pays », a informé le ministre Henry. Ce dernier dit avoir enregistré 23 personnes refoulées par les autorités dominicaines au niveau de la frontière de Malpasse hier vendredi. Le ministre de la Communication, Rotchild Francois Junior, a salué la bonne volonté de la société civile qui a répondu positivement à l’appel du gouvernement qui veut donner une réponse républicaine à cette nouvelle crise migratoire. « Nous sommes dans une situation d’urgence que nous voulons la gérer avec la société civile, nous avons travaillé hier toute la journée, aujourd’hui encore nous allons continuer à travailler », a martelé le ministre et porte-parole du gouvernement. D’un autre côté, la communauté internationale multiplie les appels à l’endroit des autorités dominicaines pour éviter les déportations massives et l’envoi en Haïti des apatrides. Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés a appelé la République dominicaine à ne pas envoyer en Haïti les citoyens dominicains déchus de leur nationalité. « Nous exhortons le gouvernement de la République dominicaine de s’assurer que les personnes dont la citoyenneté a été retirée suite à la décision de la Cour constitutionnelle de 2013 ne seront pas expulsées », a déclaré Adrian Edwards, porte-parole du HCR en République dominicaine. «Le HCR est préoccupé par la situation des droits humains de ceux qui seront expulsés en Haïti alors qu’ils ne sont pas considérés comme des citoyens de ce pays », a ajouté Adrian Edwards lors d’une conférence de presse. Le bureau de l’Organisation internationale de la migration (OIM) a pour sa part demandé aux autorités dominicaines de prolonger la période de soumission des documents au PNRE. L’organisation confirme que des milliers de migrants n’avaient pas la possibilité de remplir les formalités dans les délais impartis par les autorités dominicaines. Quant aux migrants, ils n’attendent pas tous d’être saisis par les services de la migration dominicaine. Des ressortissants haïtiens commencent à quitter en masse la république voisine pour revenir dans leur pays. De vastes mouvements migratoires sont observés dans les points réguliers de la frontière et dans d’autres endroits où les migrants craignant des représailles fuient en masse pour rentrer en Haïti.

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