De Saint-Louis de Gonzague au MIT, résultat du travail assidu de Thad Daguilh

Thad Daguilh, un jeune Haïtien de 17 ans, actuellement en terminale, ancien élève de l’Institution Saint-Louis de Gonzague, vient d’être admis à MIT( Massachusetts Institute of Technology), l’une des plus grandes universités de recherche scientifique des Etats-Unis d’Amérique, où plus de 10 000 étudiants issus des 50 Etats des USA et de 100 pays étrangers suivent des cours dans ses écoles d’ingénierie, de sciences, d’architecture et d’aménagement, de management et de sciences humaines et sociales.

Publié le 2015-04-14 | Le Nouvelliste

National -

Thad vient de faire partie de ce cercle restreint de jeunes Haïtiens admis à cette prestigieuse université américaine (MIT), alors qu’ils ont commencé leurs études en Haïti. Elève assidu et studieux, Thad Daguilh a confié au Nouvelliste que les études à l’Institution Saint-Louis de Gonzague n’étaient pas faciles pour lui. « Mais à force de travailler, je me trouvais toujours parmi les premiers de mes classes avec, habituellement, une moyenne de 8 sur 10 », dit l’adolescent, qui ne se considère pas comme un surdoué ni un génie. N’entre pas qui veut à MIT, cette université se trouvant parmi les meilleures au monde. Thad le sait. Et comme son aîné Kevin Cédric Delmy avant lui, il a certainement su cultiver le goût du travail bien fait et la discipline pour y arriver. « J’ai travaillé dur pour arriver là, affirme-t-il. Je fais partie du club de science de mon école et je n’ai pas beaucoup de temps pour la télévision. Mon temps libre est partagé entre la musique, l’Internet et le football que j’aime beaucoup d’ailleurs. Je pratique ce sport depuis l’âge de 7 ans, je m’entraîne deux ou trois fois par semaine. Je compte jouer pour l’équipe de foot de MIT dès mon entrée l’année prochaine… » La vie de Thad n’a pas été des plus heureuses. Alors que ses parents ont perdu leur maison lors du tremblement de terre de janvier 2010, Thad a perdu sa mère Jocelyne Daguilh dans un accident de voiture la même année. Trois ans après, soit en août 2013, après le 3e secondaire à l’Institution Saint-Louis de Gonzague, il a dû rejoindre son oncle et son grand frère aux Etats-Unis, précisément à Jacksonville, en Floride. Ce, affirme-t-il, afin d’être en contact avec la culture américaine et de s’habituer à la langue avant d’entrer à MIT, un rêve qu’il caressait. Deux ans après son départ, Thad est actuellement en terminale aux Etats-Unis, tandis que ses camarades à Saint-Louis de Gonzague sont encore en rhéto. « Parce que le cycle des études classiques est de 12 ans aux Etats-Unis, contre 13 en Haïti. » Il nous explique en outre qu’il était confronté à beaucoup de difficultés pour atteindre cet objectif. L’une des plus grandes contraintes a été, selon lui, la maîtrise de l’anglais. « Je prends des cours de niveau universitaire depuis l’année dernière, renchérit-il. Mais la langue, n’étant pas le français, ne m’aide pas. Toutefois, je me suis très bien adapté en prenant des cours d’anglais intensifs. C’était définitivement un rêve pour moi d’être accepté à MIT. Et c’est pour cela que je me suis poussé autant dans les études… » Le jeune Daguilh en profite pour remercier ses proches et ses amis qui ont contribué à sa réussite, notamment son père Maurice Daguilh qui a « fait le sacrifice » de l'envoyer aux USA et de payer ses études. « Il y a aussi mon oncle, chez qui je vis actuellement et qui m’a appris les secrets du système américain. Et mon frère, qui fréquente University of Florida, est toujours là pour m’aider et répondre à mes questions. Beaucoup d’autres m’ont également aidé, en particulier mon devancier Cédric Delmy, un ancient Saint-Louisien qui m’a inspiré à suivre ses pas à MIT. » Thad rêve de devenir ingénieur. Aux jeunes compatriotes qui chériraient le rêve d’intégrer une grande université américaine à l’instar de MIT, il leur conseille d’être prêts à faire face à des difficultés. « La langue sera la première, révèle-t-il. Aussi, Ils doivent compter faire autre chose que les études, car ces universités aiment la diversité et préfèrent les élèves qui ont une vie en dehors des salles de classe. » Massachusetts Institute of Technology (MIT) se trouve au sommet du classement mondial des universités pour des domaines comme la linguistique, l’ingénierie informatique, l’ingénierie chimique, l’ingénierie civile, l’ingénierie électrique, la physique et l'astronomie, les maths, la chimie, les sciences de la matière, l’économie et la finance. Depuis le tremblement de terre, Haïti développe de bonnes relations avec MIT. L'ex-Premier ministre Laurent Lamothe, qui avait déjà visité ce prestigieux centre de formation supérieure, y a prononcé une conférence lundi dernier. Le MIT compte en ses rangs le professeur haïtien Michel DeGraff, qui revient souvent au pays. Il soutient que la langue créole est fondamentale dans l'enseignement des sciences en Haïti.

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