PAP Jazz 2015 : jour J - 4

Port-au-Prince accueillera, du 17 au 24 janvier, la neuvième édition du Festival international de jazz, événement musical organisé par la Fondation Haïti Jazz sous les auspices de son président et de sa secrétaire générale, Joël Widmaier et Miléna Sandler.

Publié le 2015-01-12 | Le Nouvelliste

Culture -

Jeudi 8 janvier, devant un parterre de journalistes de la presse parlée et écrite, ce couple fou de ce style de musique qui flirte avec tous les styles, qui célèbre la richesse de toutes les cultures, a défriché la programmation, se signalant par sa nouveauté avec la première participation de la Grande-Bretagne et l’introduction « Pays à l’honneur ». La ministre de la Culture, Monique Rocourt, revient sur les 8 ans du festival, débuté en 2007 grâce au soutien de l’ambassade du Mexique et du ministère de la Culture. D’autres ambassades, dont celle du Canada, des États-Unis, du Chili, de France, de Suisse et d’autres amis leur ont emboîté le pas lors des éditions suivantes. Aidée d’une flopée d’institutions publiques/privées et de partenaires associés à son organisation, la manifestation s’est installée et « s’inscrit désormais dans l’agenda culturel d’Haïti », a lâché fièrement Mme Rocourt. Saluant le départ des victimes de l’attentat meurtrier contre le journal satirique Charlie Hebdo, les représentants des ambassades et des organisations qui soutiennent le PAP Jazz se disent honorés de s’associer encore cette année à la Fondation pour la tenue de ce rendez-vous musical. Ils dévoilent les noms des artistes et groupes internationaux invités. Pendant huit jours de concerts payants et gratuits, ils seront sur dix scènes différentes, dont celle du Parc Historique, de l’hôtel Karibe, de la bière Prestige, du rhum Barbancourt et de Digicel. D’autres musiciens et groupes se produiront sur les scènes After-Hours du Port Laffiteau au Quartier Latin, au Rond-Point Kinam, à Yanvalou et à Presse Café. Des musiciens de tous univers et horizons Outre le groupe « Trocker » du Mexique, pays à l’honneur, l’on cite au passage les têtes d’affiche : le groupe « The Yellow Jacquets » (États-Unis), les chanteuses Ranee Lee et Bella Cat du Canada, Laurent de Wilde Power Trio (France), le trompettiste Étienne Charles (Trinidad and Tobago), la chanteuse américaine Maya Azucena, Chardavoine et le groupe Tabou Combo qui sera accompagné du saxophoniste Jowee Omicil dans un concert sur la place Saint-Pierre à Pétion-Ville. Pourquoi un groupe « konpa » dans un festival de jazz ? » Joël Widmaier rétorque : « Un festival de jazz ne peut pas offrir du jazz pur à une audience, composée d’amants au goût prononcé pour d’autres styles. Tabou Combo est le groupe konpa légendaire le plus connu ici comme ailleurs. Son talent de faire bouger et danser ne s’est pas démenti et le festival PAP Jazz a besoin de ça. Il était opportun pour nous de célébrer son parcours, auréolé de gloire. » La Fondation Haïti Jazz, s’ouvrant aux autres mondes et à l’écoute des tendances du temps, lève le voile sur d’autres invités : Boukman Eksperyans, « groupe phare du mouvement Rasin »; Thurgot Théodat, « le plus représentatif du vodou-jazz, source du concept de « Kreyol jazz » selon Joël Widmaier. Le bassiste Gérald Kébreau, les jeunes chanteuses Rutshelle Guillaume et Murielle « Miu » Augustin, le guitariste James Bergeau, le groupe « Akoustik » et le saxophoniste Augustin « Ti Sax » Michelet sont fièrement comptés parmi les artistes haïtiens. La bande à pied « Follow Jah » animera, comme l’an dernier, les soirées du festival dont le budget est de 350 000 $ US, incluant l’investissement des ambassades, ayant pris en charge leurs artistes ou groupes invités. Un 9e festival sans « avant-première » Il n’y aura pas d’avant-première cette année, comme ce fut le cas en 2012 à Jacmel, aux Cayes en 2013 et au Cap Haïtien l’an dernier. L’idée caressée par la Fondation était d’apporter le festival aux habitants des villes de province. Lors des trois dernières éditions passées, les Cayens, Jacméliens et Capois ont eu l’occasion de découvrir des musiciens de renom, dont Branford Marsalis (à Jacmel en 2013), Daniel Mille (au Cap-Haïtien en 2014) et de jeunes groupes qui évoluent dans ces villes où le jazz est peu promu. Miléna Sandler précise : «Faute de fonds et de moyens dont souvent ces villes ne disposent pas, on n’aura pas d’avant-première pour cette neuvième édition. Mais l’an prochain, à l’occasion de la dixième, on espère offrir à une ville de province l’opportunité de voir performer live nos groupes. » Et la ministre Rocourt de promettre : « Lors de la dixième édition, grâce au soutien du ministère de la Culture, ce projet d’avant-première sera possible par la mise en place de structures techniques, logistiques, par la construction de plusieurs scènes et sites qui accueilleront les performances des musiciens qui seront invités. Ce qui donnera une plus forte visibilité à cet événement, riche en activités culturelles. » Une attraction touristique « Le festival, depuis 2007, accueille un public composé d’amants de la bonne musique et de visiteurs venus de partout qui se mêlent pour vivre leur similitude, cet atome crochu pour l’art retrouvé en chacun d’eux », a-t-on lu dans la note de presse de la ministre du Tourisme, Stéphanie Balmir Vildrouin. Pour elle, le festival est une « véritable attraction touristique, une activité qui tend à se pérenniser et rentrer dans la lignée d’événements tels que nos fêtes champêtres traditionnelles ». « Plusieurs forfaits vacances bien organisés offrent la possibilité aux visiteurs de voir, savourer et expérimenter Haïti suivant un planning fait sur mesure et adapté à tous types de touristes. Le festival, à cheval entre les fêtes de Noël et les festivités carnavalesques, se veut être une excellente animation pour cette période calme », a enchaîné la ministre. Jessy Mènos, secrétaire d’État au Tourisme et aux Industries créatives, croit que le PAP Jazz, en plus d’être un festival de grande envergure, est un beau prétexte pour soigner l’image d’Haïti. Pour contribuer au rayonnement du festival et le prolonger sur la scène internationale, 10 journalistes étrangers, pris en charge par le ministère du Tourisme, seront présents pour couvrir le festival. Ils viennent du Canada, de France et des Antilles. Outre les prestations live, des jeunes, intéressés à la musique, et les adhérents du centre de ressources Kay Mizik la pourront bénéficier de 10 ateliers qui seront offerts gracieusement à Fokal par les musiciens étrangers, dont Ranee Lee, Laurent de Wilde Power Trio et Étienne Charles qui sera à Kay Mizik la. Cette édition de PAP Jazz a mérité le concours des partenaires suivants: Wallonie-Bruxelles Internationale.be, Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) et le Programme Européen de Soutien aux Initiatives Culturelles (PESIC).

Samedi 17 janvier, sur la Scène Prestige au Parc Historique, Chardavoine, Yellow Jacquets et Trocker seront en concerts live qui débuteront à 6h p.m. Le guitariste James Bergeau animera, aux côtés de ses musiciens accompagnateurs, la première soirée After-Hour au Quatier Latin (Pétion-Ville, à côté de la place Boyer), à 8h p.m. Dimanche 18 janvier, la scène Air France à Karibe Hôtel, acuueillera les prestations de Chardavoine, du trompettiste chilien Sebastian Jordan et de la chanteuse canadienne Ranee Lee. L'After-hour sera animé par la chanteuse londonienne Holly Holden à Kinam Resto, à 8h p.m.

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