L'ambassade américaine rencontre l'aile dure de l'opposition, Fanmi Lavalas n'est pas invité

Publié le 2014-12-01 | Le Nouvelliste

Le gouvernement américain, semble-t-il, veut mettre tout son poids dans la balance en vue de trouver une issue à la crise préélectorale en Haïti. Quelques jours après la formation d'une commission consultative chargée de faire des recommandations au chef de l'Etat, des officiels de l'ambassade américaine à Port-au-Prince manifestent le désir de rencontrer les représentants des six partis politiques de l'opposition qui n'avaient pas accepté de rencontrer le président Martelly dans le cadre de la dernière série de consultations. Depuis la semaine dernière, l'ambassade nous a invités à travers une lettre, a confirmé le secrétaire général de la Fusion des sociaux-démocrates lundi sur Magik 9. L'agenda de la rencontre n'a pas été révélée à la presse, «mais cela ne peut ne pas tourner autour de la conjoncture politique», suppose Rosemond Pradel. Il pense que les officiels de l'ambassade vont discuter avec eux autour de la crise du pays. «Ils vont nous demander notre avis sur la manière de résoudre la crise», imagine Rosemond Pradel. Pour le secrétaire général de la Fusion des sociaux-démocrates, la solution «aux problèmes du pays ne demeure que dans une négociation sérieuse entre le président de la République et les partis de l'opposition». Il prône un accord politique qui pourra permettre de traverser l'année 2015 sans heurts. Rosemond Pradel a en ce sens critiqué la formation par le président Michel Martelly d'une commission consultative présidentielle chargée de lui faire des recommandations dans un délai ne dépassant pas huit jours. «Quand on ne peut pas résoudre un problème, on crée une commission», tance le responsable de la Fusion. Il ne croit pas que le président sera lié par les prochaines recommandations de la commission qui, en principe, poursuit-il, n'engage personne. Tous les six partis politiques de l'aile dure de l'opposition devront participer à cette rencontre qui aura lieu au local de la Fusion, a laissé entendre Rosemond Pradel. Tout le monde a été informé, dit-il tout en rejetant les critiques selon lesquelles ils sont plus enclins à s'asseoir avec les officiels de l'ambassade américaine qu'avec le chef de l'Etat haïtien. «Il y a une déformation politicienne de notre position. Nous n'avons jamais exprimé notre refus de rencontrer le président Michel Martelly. Tout ce que nous avons toujours souhaité, c'est de rencontrer le chef de l'Etat dans le cadre d'une négociation sérieuse en vue d'aboutir à un accord politique global sur les problèmes du pays», a expliqué Rosemond Pradel estimant que les «consultations ne sont pas assez fortes pour conduire à la résolution des problèmes». Nous sommes disponibles et disposés à écouter l'ambassadrice américaine qui a sollicité cette rencontre, a déclaré le coordonateur du parti Ayisyen pou Ayiti. Soulignant qu'ils ont l'habitude de rencontrer l'ambassadrice Pamela White, Jonas Coffy n'attend rien d'extraordinaire de ces pourparlers. Il met en garde également contre toute idée faisant croire que l'ambassadrice va tenter de les raisonner en ce qui concerne la crise préélectorale. «Nous sommes des partis politiques responsables avec une position propre. Il ne revient pas aux responsables de l'ambassade de nous dicter ce que nous devons faire», a lancé M. Coffy répondant aux questions du journal Le Nouveliste. Le responsable de Ayisyen pou Ayiti donne la garantie que leur position ne sera pas modifiée à l'issue la rencontre de ce mardi. Au contraire, a fait savoir Jonas Coffy, la position de l'aile dure de l'opposition vient d'être durcie avec la création par le président de la République de la commission consultative de onze membres. Les responsables des six partis politiques avaient opté pour des négociations et non des consultations avec le président de la République. Ils avaient exigé se faire un facilitateur haïtien choisi par les deux parties. «Nous avons également enjoint l'exécutif d'envoyer des signaux clairs d'apaisement social et politique pour créer un climat de confiance préalable à la tenue de ces négociations sereine en libérant les prisonniers politiques», a rappelé Jonas Coffy. Fanmi Lavalas n'a pas reçu d'invitation Fanmi Lavalas ne participera pas à la rencontre, a déclaré Ansyto Félix de manière voilée. «Jusqu'a très tard cet après-midi, j'ai parlé à la coordonnatrice du parti mais nous n'avons pas abordé ce dossier», a-t-il déclaré soulignant que s'ils avaient reçu une invitation, il serait déjà au courant en tant que responsable de la commission de mobilisation du parti de l'ex-président Jean-Bertrand Aristide. Ansyto Félix a, par ailleurs, réitéré la volonté du directoire de son parti de continuer à «accompagner la population» qui, dit-il, se trouve dans les rues pour exiger la libération des prisonniers politiques et le départ des deux chefs de l'exécutif.
Danio Darius
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