Jeudi 29 septembre 2016









NATIONAL
Prison-évasion

Le Canada nie toute responsabilité dans l'évasion de la prison de Croix-des-Bouquets


La prison civile de Croix-des-Bouquets a été construite grâce à un financement de l’Etat canadien estimé à 5,7 millions de dollars. Le voisin nord-américain, qui a aidé aussi à la formation des agents de l’autorité pénitentiaire, nie toute responsabilité dans l’évasion de dimanche. Le ministre canadien du Développement international, Christian Paradis, dit rejeter toute implication de son pays dans l’évasion de plus de 300 prisonniers. Pour le ministre canadien cité par le journal La presse, la responsabilité de cet évènement doit être imputée aux autorités haïtiennes. «Haïti, c'est un État qui est fragilisé. La prison est aujourd'hui gérée par les autorités locales haïtiennes. Je pense que ce n'est pas juste de dire qu'on jette le blâme sur le Canada. Ce n'est pas la construction qui est remise en cause; c'est peut-être un problème de gestion qu'il faudra revoir», a indiqué l’officiel canadien cité par le journal La presse. Christian Paradis a soutenu plus loin que la construction du pénitencier de Croix-des-Bouquets avait été faite dans les règles de l'art par le Canada. Il a ajouté que l'incident s'étant produit la fin de semaine dernière était plutôt la conséquence d'une gestion défaillante des responsables carcéraux. La prison, qui totalise 1179.13 m2, a été construite et équipée par le Canada, via son Groupe de travail pour la stabilisation et la reconstruction (GTSR / START). Le ministre canadien du Développement international a affirmé que le Canada, en tant que membre de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH), a participé à la formation des autorités carcérales, mais son principal rôle était celui de construire l'établissement - et on a depuis passé le flambeau aux Haïtiens. Par ailleurs, les activités ont repris aux alentours de la prison, quelques jours après l’évasion spectaculaire de plus de 300 détenus. Les marchands, les motards et les habitués de la zone très fréquentée peinent toutefois à se remettre des échanges de tirs qui ont suivi l’évasion spectaculaire de plusieurs dizaines de détenus dimanche matin. Le périmètre du centre carcéral, qui accueille, entre autres, des individus impliqués dans des activités criminelles, réputés dangereux, n’est pas fermé à la circulation. Ce centre carcéral récemment construit a été remis aux autorités de l’administration pénitentiaire le 27 octobre 2012 à l’occasion de la Journée internationale des prisonniers. Les quatre façades de la prison donnent sur des rues donnant rapidement accès au centre d’activité de Croix-de-Bouquets. Pas moins de six postes de contrôle, placés dans les différents coins de la prison, dominent de haut la cour de ce centre carcéral, en sorte qu’il apparait difficile pour quelqu’un d’échapper à la vigilance des gardiens de l’APENA à l’intérieur de la prison. « Cette prison aidera à améliorer les conditions de détention dans la région de l’Ouest, en particulier à Port-au-Prince, où au pénitencier national; un prisonnier dispose aujourd’hui de moins d’1 m2 pour vivre », avait déclaré le directeur général de la police nationale lors de l’inauguration de la prison. Elle permettra par conséquent de réduire la « menace permanente à la sécurité publique » qui fait peser l’instabilité dans les prisons, en raison des effets conjugués de la promiscuité, de la surpopulation et de l’insalubrité, a estimé Godson Orélus. La prison civile de Croix-des-Bouquets est constituée de quatre blocs, une cafétéria, une infirmerie, un parloir et une salle multifonctionnelle pour la formation des prisonniers. Selon les normes de construction et le nombre de cellules, cette prison est faite pour accueillir jusqu’à 800 prisonniers. Un nombre qui a totalement été dépassé dans les faits. Jusqu’avant l’évasion de dimanche, la prison contenait plus de 900 prisonniers, selon le chiffres rendus publics par les autorités judiciaires.











AUTEUR
Louis-Joseph Olivier

ljolivier@lenouvelliste.com

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