Vendredi 9 décembre 2016









ECONOMIE

Le littoral de Port-au-Prince plus que jamais menacé

Le bord de mer de Port-au-Prince et celui de la zone métropolitaine sont sérieusement menacés par les constructions anarchiques, le déversement de divers déchets. La faune et la flore marines en subissent les contrecoups. Décidément, l’environnement marin, particulièrement dans la baie de la capitale, mérite des interventions urgentes. Sinon, il sera trop tard.


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Après plus de deux heures d’attente dans les locaux du Service maritime et de navigation d’Haïti (Semanah), à Delmas 31, un employé nous indique qu’on va pouvoir partir. Il est plus de 11 heures du matin. L’autobus qui transporte les journalistes prend la direction de Cité Soleil en empruntant la voie qui mène au boulevard Toussaint Louverture, la route de l’aéroport international de Port-au-Prince. Après quelques minutes, nous nous sommes retrouvés à Cité Boston dans un exutoire surnommé « Kanal EDH». Il faut voir de ses propres yeux pour comprendre. Kanal EDH, à la ruelle Tecina, bordé de maisonnettes, est jonché de détritus, de matières fécales et surtout plein d’huiles usées provenant de la centrale électrique de Varreux et d'autres installations industrielles proches de la zone. Une étincelle suffit pour embraser le quartier. Les habitants ne sont pas insensibles. Ils appellent les autorités à agir avec célérité pour curer le canal. Les leaders de la zone veulent sauter sur l’opportunité qu’offre la présence de la presse pour véhiculer leur message. Après quelques minutes on fait demi-tour : direction des Gardes-côtes d’Haïti. Mais un arrêt s’impose près des locaux du Théâtre national où des pelleteuses tentent de débarrasser le Bois-de-Chêne de ses assiettes en styromousse, en plastique, de contenants en carton et d’autres déchets solides. Quelques photos, des prises de vue, des commentaires de riverains sur la situation de la zone. On reprend la route, le boulevard Harry Truman (Bicentenaire). Pas d’embouteillage sur la route de Carrefour entre Martissant et les Gardes-côtes. Tout le monde souffle un peu. Aux environs de treize heures, le DG du Semanah, Eric Prevost Junior, fait appel aux journalistes pour monter à bord du petit bateau. Les policiers comme les responsables du Semanah s’assurent que chaque passager est équipé d’un gilet de sauvetage avant de prendre le large. Les agents, les membres d'équipage vérifient. Tout est prêt. Le bateau appareille. Et le littoral s’offre aux caméras et aux vues des journalistes. Des bicoques construites avec des matériaux de récupération longent le littoral de Port-au-Prince, de Cité Soleil, de Carrefour…. On dirait partout les mêmes images, le même tableau. A première vue, la situation paraît préoccupante. Des latrines de fortune sont placées ici et là. Comprenez que les gens déversent leurs matières fécales directement dans la mer. Le peuplement du bord de mer avance vers la mer. Les riverains utilisent toutes sortes de déchets pour repousser les eaux de mer et créer des espaces. Mais le directeur adjoint pour la Protection du milieu marin au Semanah, Carlo Elusca S. Cerome, nous fait remarquer que ces matériaux ne peuvent pas resister aux chocs. Une épée de Damoclès plane sur la tête de ces gens qui habitent à deux pas de la mer. A quelques kilomètres nous apercevons le phare de Lamentin, dit-on, le plus ancien de la Caraïbe. Les passagers insistent pour que le capitaine du bateau les emmène le plus près possible du phare appelé à devenir un monument pour attirer les touristes. Ce qui est fait. A la prochaine étape, le directeur général du Semanah décide de faire visiter le littoral de Carrefour jusqu’à Cité Soleil en passant par la baie de Port-au-Prince. La faune et la flore marines sont menacées par les déchets solides et liquides de toutes sortes. Au-delà des observations, Eric Prévost Junior a son mot à dire. « La visite d’aujourd’hui s’inscrit dans le cadre des efforts du Semanah pour lutter contre la pollution dans la baie de Port-au-Prince et ses environs. Nous voulons regarder la réalité en face. C’est également une façon pour envoyer un signal clair aux pollueurs de tout acabit », a affirmé le directeur général du Semanah, Eric Prévost Junior, qui promet de prendre des mesures pour sensibiliser les gens aux problèmes environnementaux ayant trait au milieu marin. Le responsable du Semanah annonce des mesures pour faire cesser la dégradation de l’environnement.











AUTEUR
Dieudonné Joachim

djoachim@lenouvelliste.com

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