Vendredi 9 décembre 2016









IDEES ET OPINIONS

Rapatrier un peu des savoirs de la Diaspora


Les résultats catastrophiques des plus récents examens d’État soulignent le besoin de sérieuses réformes dans notre système éducatif. Si nous saluons, malgré certaines fautes de mise en chantier, les efforts de l’administration actuelle pour éduquer notre jeunesse et ainsi préparer l’avenir, nous ne saurions être satisfaits des résultats obtenus. Loin est le temps où une éducation haïtienne était acceptée et même enviée un peu partout dans le monde. Notre déchéance éducationnelle, comme beaucoup d’autres drames contemporains, a débuté sous la dictature de François « Papa Doc » Duvalier (1907-1971), président de 1957 jusqu’à son décès. En effet, c’est dans les années 60 que commença l’hémorragie intellectuelle. Recrutés pour les pays francophones africains nouvellement indépendants, les gens formés aux frais de l’État furent encouragés à laisser un pays qui ne leur offrait pas grand-chose vu l’aveugle répression du président à vie et de sa milice. Donc, toutes ces têtes bien formées qui se retrouvaient au Congo dans les années 60 et 70 avec contrat de travail et trouvèrent un visa américain, canadien, français ou autre après une tournée en Afrique consistaient une première perte sèche pour le pays. La deuxième perte est celle de leur production de richesses. En effet, ce qu’ils ont accumulé de bien l’a été en terre étrangère. La troisième et plus cruelle perte est celle de la retransmission de leurs connaissances et savoirs aux générations montantes des terres d’accueil. Haïti est donc triplement perdant. Pourtant, il y a une possibilité de rapatrier un peu des savoirs de la diaspora. Aux États Unis, au Canada, en France et ailleurs, il y a beaucoup de gens qui ont pris naissance en Haïti et sont maintenant à la retraite, sont vigoureux, en bonne santé et se sentent toujours et encore proches de la mère patrie. Une bonne partie de ces gens, sinon la majorité, ne demanderait qu’une chance pour contribuer au relèvement d’Haïti. Une opportunité est offerte au gouvernement de faciliter une certaine intégration de cette cohorte démographique de la diaspora à travers un programme de recrutement d’enseignantsà tous les niveaux. Ils ne remplaceront pas leurs confrères haïtiens, mais seront appelés à aider au relèvement rapide des capacités des enseignants haïtiens à travers des séminaires de formation, le mentoring, un suivi individuel, etc. Si cette expérience est fructueuse dans le domaine de l’enseignement, il pourra être étendu à d’autres domaines comme les métiers, l’administration publique,etc. L’ idée est donc d’utiliser les Haïtiens de naissance maintenant à la retraite dans la Diaspora à la manière d’un corps de volontaires pour aider et guider nos instituteurs à mieux faire plus vite. Ce faisant, Haïti rentrera un peu des investissements consentis pour enseigner tant de cadres qui n’ont jamais pu partager leurs connaissances avec la population tout en améliorant l’infrastructure éducationnelle de manière rapide et efficace. Certainement que pareille expérience coûtera de l’argent, mais nous pensons que PetroCaribe, l’Organisation de la francophonie, les Nations unies, certains syndicats d’enseignants américains et autres avec une bonne représentation d’Haïtiens pourront contribuer à cet effort qui devrait être envisagé pour être peu coûteux, transparent et efficace.











AUTEUR
Jean D. Vernet II Jdvernet2@msn.com

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