Samedi 3 décembre 2016









SPORT
France/Samir Nasri/Didier Deschamps

Comment une erreur de jugement conduit à une retraite prématurée

L’œil rivé - L’oreille tendue


Il n’y a rien de plus dommageable qu’une prévention. Je pèse mes mots. Je n’ose pas m’aventurer en avançant que Didier Deschamps, sélectionneur de l’équipe de France aurait une animosité à l’égard de Samir Nasri. Je préfère croire qu’il a eu plutôt une prévention contre le milieu de terrain offensif de Manchester City, club anglais. Revenons en mai dernier. Quand la liste des 23 de l’équipe de France a été rendue publique, énorme surprise: Samir Nasri n’en faisait pas partie. Invité (sommé de) à s'expliquer, Didier Deschamps déclara que Nasri a repris la forme dans son club de la Premier League; en revanche, quand il est appelé en sélection, il n’a pas la forme. Les observateurs ne s’étaient pas trompés: écarter Nasri aura été une mauvaise décision. Avec son sens de jeu, sa vision, sa percussion, il aurait été utile et même décisif à la France. Bien sûr, le cas Nasri n’était pas unique. Par exemple, dans la sélection argentine Alejandro Sabella n’avait pas fait mystère de sa volonté de ne pas appeler Carlos Tevez. Comme Scolari se sera passé des services de Kaka et de Robiñho, on connaît le dénouement catastrophique pour le Brésil et fâcheux pour l’Argentine. Dans le cas de la France, sans Nasri comment les Bleus auraient-ils pu passer le cap des quarts de finale ? A moins d’un miracle. On avait presqu’oublié le différend opposant Nasri à Didier Deschamps quand au matin du dimanche 10 août 2014, la surprise est de taille. En effet, dans ses grands titres de 6h30 a.m. heure d’Haïti, Radio France Internationale diffuse ceci : «Samir Nasri ne portera plus les couleurs de l’équipe de France, il avait laissé entendre la semaine dernière qu’il voulait prendre sa retraite internationale. Il vient d’en faire l’annonce, le joueur est âgé de 27 ans.» La nouvelle du retrait a l’effet d’un séisme. Même blessé dans son orgueil, Nasri n’a-t-il pas décidé sur un coup de tête ? La brouille entre un joueur et un sélectionneur fait partie du sport. Autant dire qu’on devait en prendre acte et passer à autre chose. Mais ce n’est pas si simple. On a beau dire que tel pays compte des millions de licenciés, il n’en demeure pas moins que n’importe qui ne rejoint pas l’élite. Nasri y a accédé grâce à son talent. L’entraîneur est souverain dans la prise de ses décisions, sauf que, cette fois-là la décision d’exclusion a été contreproductive à la France. Un mois après la fin du Mondial brésilien, c’est la crise au sein de l’équipe de France. Eh oui ! N’ayons pas peur des mots: les Bleus sont en crise. A l’heure de la reprise, où toutes les potentialités, capacités et ressources devaient être rassemblées, une prévention débouche sur une extrémité. La Fédération française de Football (FFF) a du pain sur la planche en vue de concilier les deux parties. Il est inconcevable que la France soit privée des services d’un joueur qui a atteint la maturité et peut faire avancer son pays dans la rude compétition à laquelle se livrent les nations pour acquérir plus de puissance et de prestige. En comparaison, l’Ivoirien Didier Drogba prend sa retraite internationale à 36 ans. Miroslav Klose, vieux briscard, était à 35 ans dans le groupe allemand pour améliorer le record du plus grand nombre de buts marqués dans l’histoire de la Coupe du monde. Autant dire que la FFF devrait œuvrer à l’apaisement pour le bien de la France footballistique.











AUTEUR
Jean-Claude Boyer Dimanche 10 août 2014

Réagir à cet article

Les commentaires sont modérés

Chaque contribution postée est soumise à modération. Vous pouvez alerter l'équipe du Nouvelliste, d'une contribution qui vous semble ne pas respecter notre charte en cliquant sur le bouton << Voter contre >>, présent sous chaque commentaire. Notre équipe sera automatiquement prévenue et fera le nécessaire.

La charte de moderation












Haut de la page