Le rire du poète disparu

D’ici et d’aujourd’hui

Publié le 2014-08-12 | Le Nouvelliste

Culture -

Robin Williams qui s’est, selon toute apparence, suicidé le lundi 11 août 2014 est l’exemple-type du comique généreux et passionné. Il est fort commode de le réduire à deux de ses plus célèbres films («Le Cercle des poètes disparus», 1989, et «Madame Doubtfire», 1993). Son rire était magnétique, celui d’un caméléon, d’un clown, d’un enfant. Il faut revoir, par exemple, « Good Morning, Vietnam» (1987), «Hook ou la Revanche du capitaine Crochet» (1991), «Shakes the Clown» (1992), «Robots» (2005), «A. I. Intelligence artificielle» (2001). Une bête de scène, comme on dit. Vous n’y êtes pas ! Un humoriste inspiré au contraire. Un acteur accompli, ouvert sur le monde, exigeant. Que Robin Williams soit un poète de l’humour, «Madame Doubtfire ou «Hook» ou encore «La Nuit au musée» achève de nous en convaincre. Toujours au travail, allant toujours de l’avant, Robin Williams a su dépasser, et c’est ce qui faisait son originalité, de beaucoup les questions de génération et d’image. On l’avait déjà bien compris dans les séries télévisées «Happy Days» (1978-1979) et «Mork and Mindy» (1978-1982), «La Nuit au musée» (2006 et 2009), irrésistible de drôlerie et d’exubérance, n’a fait que confirmer cette impression d’exhibitionniste de la joie de vivre (qu’il prodiguait aux autres, à son innombrable et anonyme public à travers le monde entier). On peut posséder un don et être incapable de le transmette. C’est avec une stupéfaction pédagogique que Robin Williams nous faisait rire. Né le 21 juillet 1951 à Chicago, Illinois, il pensait qu’il avait beaucoup à apprendre avant de s’exprimer. Bien qu’il appartienne fondamentalement à une «gentry», à la culture «hoolywoodienne», son talent, malgré l’alcool et la cocaïne, s’est imposé avec éclat dans ce monde où l’effort permanent est la pierre de touche du succès. Cette diversité des tons et de rôles donne à sa filmographie une richesse féérique, comme d’ailleurs sont la plupart des personnages qu’il a incarnés. Avec tendresse et séduction. Ah ! Un dernier mot. Robin Williams, on peut le voir toujours à la télé…

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