Vendredi 9 décembre 2016









EDITORIAL

Le Nord va mieux, tout a commencé avec Clinton


Il n’a plus la cote comme avant, mais si les initiatives se multiplient dans la région du grand Nord ces jours-ci, on doit se souvenir de l’engagement de William J. Clinton pour ce nouveau pôle de développement et de la tenacité du gouvernement américain. Le Nord et le Nord-Est, après le passage de Paul Collier en 2009, avaient été identifiés sous la présidence de René Préval comme étant les régions à plus hauts potentiels. De fait, tout le monde a mis des œufs dans le panier. Le parc industriel de Caracol est venu rejoindre celui de Codevi pour offrir des emplois nombreux même s’ils sont de bas salaire ; Labadee a pu s’offrir un nouveau quai et recevoir les méga bateaux de croisière en attendant que les touristes puissent se rendre à la Citadelle et à Sans-souci ; la nécessité de construire un nouveau port ou d’agrandir celui du Cap-Haïtien a pu faire consensus ; la route reliant le Cap à Port-au-Prince, en passant par le Plateau central, est en chantier ; celle ouvrant les deux départements à la République dominicaine est achevée et l’Université d’Etat d’Haïti s’est vu offrir un campus par nos voisins. Des milliers d’emplois, du tourisme, un peu d’accent sur l’agriculture, des routes, une université ambitieuse, le Nord décolle. L’arrivée bientôt des avions de American Airlines sur l’aéroport en rénovation-agrandissement depuis avant la chute de Jean-Claude Duvalier est comme un symbole du dynamisme d'une region en jachère depuis des décenies. Une bonne nouvelle n’arrivant jamais seule, pour la première fois un investissement privé de plusieurs dizaines de millions de dollars est annoncé pour le Nord-Ouest, à l’Ile de La Tortue. Si le projet se concrétise, c’est toute la façade nord du pays qui sera en chantier dans les prochaines années. Toutes ces mises en train datent de moins de quatre ans. C’est exceptionnel dans le contexte haïtien. Cela ne suffit pas cependant pour convertir en miracle le frémissement constaté. Il faut que le secteur privé, on ne le répétera jamais assez, s’investisse aussi dans la course au développement de ce pôle nord. Il ne faut pas que les Nordistes, de Port-de-Paix à Ouanaminthe, ratent la chance de saisir les opportunités qui s’offrent à eux. La machine est en place, qu’ils se mettent au volant ! Le pays a plus que jamais besoin de nouveaux points d’attraction pour soulager la région métropolitaine. Clinton, en voulant aider René Préval, bien avant le tremblement de terre, a indiqué la voie à suivre; elle ne mène pas à l’Eldorado, mais pour le moment c’est mieux que rien. Bien mieux.











AUTEUR
Frantz Duval

duval@lenouvelliste.com

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