Mercredi 28 septembre 2016









EDITORIAL

Aucun engagement formel de Ban Ki-moon par rapport au choléra


A l’issue de sa visite de quarante-huit heures en Haïti, le secrétaire général des Nations unies n’a pris aucun engagement formel pour réparer les dégâts causés par le choléra qui a tué plus de 8 500 Haïtiens et contaminé environ 800 000 autres. La responsabilité morale de l’Onu évoquée par Ban Ki-moon ne peut en aucun cas constituer un engagement de l’organisation mondiale vis-à-vis des familles des victimes, encore moins face au pays. Bénéficiant de la complaisance du gouvernement, Ban Ki-moon a passé en dérision le peuple haïtien en promettant de mobiliser 2.2 milliards de dollars sur dix ans, alors que cette promesse vieille de l’année dernière n’avait permis à l'Onu de recueillir que 20 millions de dollars. Exprimant sa sympathie aux familles des victimes, Ban Ki-moon s’est rendu dans le Plateau central, lundi, plus précisément à Los Palmas, petite localité située près de Hinche pour lancer une campagne d’assainissement. Ce geste, qui paraît symbolique aux yeux des officiels qui l’ont posé, pourrait être interprété comme une campagne de charme pour calmer l’ardeur des parents des victimes de cette épidémie et surtout diminuer les critiques des groupes de pressions et d’influentes personnalités qui accusent l’organisation mondiale dans ce dossier en déposant des plaintes contre le secrétaire général. En quoi va consister cette campagne d’assainissement ? Quel est le coût de cette campagne ? Il n’est pas un secret en Haïti que la plupart des organisations non gouvernementales oeuvrant dans le pays réalisent parfois des projets d’assainissement dans les zones marginalisées qui laissent à désirer. En s’associant à ce show médiatique au détriment des parents des victimes, le gouvernement haïtien enlève tout espoir de dédommagement de l’Onu à l’endroit des victimes de cette épidémie. Il est certain que la présence des troupes onusiennes sur le sol national n’accorde pas toute la latitude au gouvernement haïtien de poursuivre l’organisation mondiale en fonction de la gravité des dégâts causés par cette épidémie. Cependant, le gouvernement ne devrait s’associer au secrétaire général qu’à la suite d’un engagement écrit et rendu public aux yeux du monde civilisé. Ce qui obligerait l’organisation mondiale à budgétiser les dépenses prévues en Haïti dans le cadre de ce dossier. Les études réalisées par des experts depuis 2011 ont confirmé la souche népalaise de l’épidémie. Pourquoi Ban Ki-moon a-t-il attendu tout ce temps avant de reconnaître une soi-disant responsabilité morale de l’organisation mondiale ? Quatre ans après toutes ces victimes causées par les Casques bleus népalais, l’administration Martelly-Lamothe a-t-elle déjà posé des actes susceptibles d’éradiquer le choléra sur le territoire ? Lemoine Bonneau lbonneau@lenouvelliste.com











AUTEUR

Réagir à cet article

Les commentaires sont modérés

Chaque contribution postée est soumise à modération. Vous pouvez alerter l'équipe du Nouvelliste, d'une contribution qui vous semble ne pas respecter notre charte en cliquant sur le bouton << Voter contre >>, présent sous chaque commentaire. Notre équipe sera automatiquement prévenue et fera le nécessaire.

La charte de moderation












Haut de la page