Choléra : Ban Ki-moon reconnaît la responsabilité morale de l'Onu

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a reconnu une responsabilité morale de l’Onu dans l’introduction de l’épidémie de choléra en Haïti et veut aider à éradiquer la maladie. Le secrétaire général qui a fait ces déclarations peu avant sa visite en Haïti est également intervenu sur la crise politique soutenant qu’il est important que les élections se tiennent à la fin de cette année.

Publié le 2014-07-14 | Le Nouvelliste

National -

Les propos du secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon consacrent quatre années de luttes juridiques et de plaidoiries de toutes sortes. Si les nombreuses études scientifiques ont déjà démontré l’implication des forces onusiennes dans l’introduction du virus mortel en Haïti, l’organisation mondiale a jusque-là clamé son innocence dans ce qui a causé la mort de plus de 8 000 Haïtiens. « Les Nations unies ont la responsabilité morale d'aider à mettre fin à l’épidémie que certains imputent aux Casques bleus », a déclaré le secrétaire général de l’Onu au journal américain Miami Herald, juste avant de se rendre en Haïti. «Au-delà des implications judiciaires, en tant que secrétaire général de l'Onu et en tant que personne, je me sens très triste», a déclaré Ban Ki-moon au quotidien. «Je crois que la communauté internationale, y compris les Nations unies, a la responsabilité morale d'aider le peuple haïtien à endiguer l'extension de cette épidémie de choléra», a-t-il poursuivi. Les déclarations de M. Ban arrivent après celles du Premier ministre Laurent Lamothe qui évoquait en automne dernier une responsabilité morale pour l'ONU en ce qui concerne l’introduction du choléra en Haïti. Une plainte a été déposée contre l'Organisation en mars 2014 auprès d'un tribunal fédéral à Brooklyn, réclamant que l'Onu reconnaisse sa responsabilité, indemnise les victimes et fournisse les soins nécessaires. Depuis le début de l'épidémie en octobre 2010, environ 700.000 personnes sont tombées malades, plus de 8.500 en sont mortes. Une campagne visant à éradiquer la maladie en Haïti a été lancée en décembre 2012 par le président Martelly et son homologue Dominicain Danilo Medina. Cette campagne qui s’étendra sur une période de dix ans devrait coûter 2,2 milliards de dollars. Très peu d’argent a jusque-là été ramassé pour mettre en œuvre le programme en question. Selon le secrétaire général de l'ONU, les bailleurs de fonds étrangers sont lents à contribuer à la campagne pour l’éradication de la maladie en Haïti. L'organisation a même du mal à collecter un montant initial de 400 millions de dollars qui, selon monsieur Ban, est nécessaire pour contenir l'épidémie en mettant de l'eau potable à la disposition de la population durant les deux premières années. «La communauté internationale a du mal à surmonter cette difficulté financière mondiale, et nous avons tellement de crises à gérer en même temps dans le monde entier», a déclaré Ban. «C'est une des raisons pour lesquelles nous n'avons pas été en mesure de mobiliser efficacement.» Le secrétaire général de l’Onu a également abordé des sujets d’ordre politique durant son entretien avec le Miami Herald. Il s’est prononcé, entres autres, sur la crise préélectorale menaçant l’organisation des élections locales et législatives en octobre prochain. «Mon message aux dirigeants haïtiens, les responsables du gouvernement et du parlement, sera qu'il est extrêmement important que cette élection ait lieu comme prévu en octobre prochain», a déclaré M. Ban. La crise politique et l'avenir des 5000 casques bleus et 2 600 policiers de la Mission de Nations unies était à l'ordre du jour durant la visite du secrétaire général en Haïti. «Nous n'allons pas nous retirer complètement, a déclaré monsieur Ban depuis son bureau au 38e étage au siège des Nations unies à New York. Nous allons essayer de réduire nos soldats afin que le gouvernement et le peuple haïtiens puissent vraiment améliorer leurs capacités et voler de leurs propres ailes.» « Le peuple haïtien et le gouvernement ont fait des progrès considérables, en assurant tout d'abord la stabilité, bien sûr avec l'aide de la MINUSTAH, et le renforcement de la PNH,» (...). «Mais en même temps, nous espérons qu'il pourrait y avoir plus de progrès dans les domaines de la justice et de responsabilisation. Les gens ordinaires devraient être en mesure d'obtenir le soutien et la protection du gouvernement .»

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