Samedi 10 décembre 2016









SANTE

Sommes-nous prêts pour la fièvre Ébola et tutti quanti ?

Mon dit


Haïti est ouverte aux affaires, mais par là, elle l’est aussi pour toutes les maladies que les étrangers peuvent nous apporter dans leurs bagages. On serait tenté de dire : pas de problème, nous allons être aidés par la communauté international. Mais là aussi, je me sens d’une méfiance, car ayant trop souvent été confronté à leur incompétence d’autant plus grave qu’ils veulent passer pour des spécialistes ! Vous trouvez que mon jugement est trop sévère ? Rappelez-vous la fameuse H1N1. L’OMS a voulu se faire peur en inventant une grippe mortelle. Ce ne fut en fait qu’une grippe beaucoup moins dangereuse que la grippe saisonnière. L’OMS a quand même développé un plan fumeux avec l’entreposage de Tamiflu, médicament dont on n’était même pas sûr de l’efficacité. Alors, vraiment, trouvez-vous que ces « experts » sont dignes de confiance ? Je vous invite donc à une rétrospective de toutes les catastrophes que j’ai vécues et tenté de gérer avec les autres… Commençons par les Gonaïves. Un rapport sur la vulnérabilité des régions haïtiennes avait mis la ville des Gonaïves dans une zone hautement inondable. Mais comment a-t-on réagi ? Simplement en regardant les photos des zones inondées. La population sur les toits de Gonaïves était plus « médiatisable » que le Nord-Ouest tout aussi durement touché qui fut donc occulté ; tout cela sans rien demander aux autorités haïtiennes. Celles-ci d’ailleurs, représentées par la protection civile, se tinrent coites. Quelques mesures de la communauté internationale ? Expulsion des représentants de la protection civile haïtienne du centre de commandement, décision, comme la plupart des familles haïtiennes étaient monoparentales, de ne donner l’aide alimentaire qu’aux femmes… Il y avait certaines mesures vraiment plus charmantes que d’autres comme demander à des sinistrés locaux d’aider à distribuer l’aide sans rien trouver en retour ! De toutes façons, pour les autorités locales, la priorité de l’heure était de faire main basse sur l’aide internationale pour ne la distribuer qu’à ses partisans. À noter que les forces armées étrangères avaient établi leur camp dans des zones inondables et donc faisaient partie des sinistrés, donc leur expertise… Le séisme a montré que les experts internationaux, bien que sachant qu’il était imminent, se sont logés dans des bâtiments sans plan d’évacuation, qui n’étaient pas parasismiques. Ainsi les premiers secours sont venus pour les expatriés ensevelis en laissant les Haïtiens se débrouiller seuls. Après sont arrivées les équipes médicales n’ayant que du matériel d’amputation, sauf les Israéliens qui, eux, avaient tout, je leur rends ici un vibrant hommage. Donc encore une fois, la communauté internationale a mis le pays sous tutelle avec des résultats mitigés. Remarquez que dans les deux catastrophes, les gouvernements se sont vantés que les cadavres n’ont entraîné aucune épidémie grâce à leur action préventive. En fait, c’est faux. L’accumulation de cadavres n’entraîne aucune épidémie. Sceptique ? Je m’en vais vous convaincre : les épidémies sont possibles lorsqu’un quelconque agent pathogène trouve le moyen de se répandre rapidement dans une population. Mais cet agent vient de vivant et ne peut survivre que sur du vivant, donc pas de danger. Et le reste des catastrophes voit les même choses: pour le choléra, on a recommandé à la population de se laver les mains alors qu’elle devait traiter l’eau qu’elle utilisait. Avant le choléra, l’eau qu’on ne pouvait boire servait à se brosser les dents. Elle a payé cher cela. L’international qui vit du misérabilisme haïtien a préféré potentialiser les CTC qui ont utilisé des tonnes de chlore alors que celui-ci aurait dû être distribué à la population pour qu’elle puisse traiter son eau. Mais la prévention efficace ne se voit pas ni ne se vend pas avec une caméra… Alors qu’est-ce qui nous pend au nez ? Tout d’abord un prochain séisme qui n’est pas obligatoirement pour le Cap-Haïtien! L’histoire montre qu’ils viennent par trois dans la même région. Mais un autre malheur nous guette et c’est le virus Ébola. Le choléra a révélé que le mode de recrutement de l’ONU est pour le moins aléatoire, car ses membres ne font pas un sérieux bilan de santé. Aussi, sans problème, un des cadres de cette institution peut bien être un porteur sain : le sperme d’un ancien infecté transmet le virus Ébola pendant sept semaines. Puis la promiscuité de nos bidonvilles fera le reste, car le contact avec les sécrétions de l’infecté est contaminant. Le taux de mortalité dépasse les 90%. Imaginez un peu ce qui va arriver quand on devra affronter cette épidémie : notre système de santé est plus enclin à révéler ses faiblesses, qui semblent être légion et de fait le sont. La communauté internationale semble avoir un agenda différent du nôtre et qui passe d’abord par leurs propres intérêts. Alors comme je l’ai dit plus tôt, il y a de quoi avoir peur…











AUTEUR
Philippe Desmangles

phillippedesmangles@gmail.com

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