Les femmes de Furcy s’unissent pour défendre leurs droits

Publié le 2014-06-03 | Le Nouvelliste

National -

Une centaine de femmes se sont réunies en l’église Saint Michel de Furcy, dans les hauteurs de la commune de Kenscoff le mercredi 28 mai. Voir autant de femmes se mettre ensemble dans cette localité est déjà un fait rare, et savoir qu’elles sont en train de parler de leurs droits étonne encore plus. Des hommes se joignent aussi à l’évènement qui consacre le premier débat public dans le cadre du projet de mise en réseau des organisations de femmes de Kenscoff. Des femmes qui se passent de présentation, connues pour leurs rôles et leurs influences dans la société haïtienne, sont invitées à s’adresser aux femmes de Furcy sur des thèmes comme le rôle des femmes dans la vie politique, la violence basée sur le genre et la traite des femmes et des enfants. Le programme étant lancé, c’est l’inspecteur Magalie Belneau, responsable des violences basées sur le genre au sein de la Police nationale d’Haïti, qui intervient en premier. L’inspecteur de police a invité les femmes à combattre la violence sous toutes ses formes. Elle a expliqué aux femmes les différentes voies à prendre pour poursuivre leurs agresseurs et obtenir justice. « Notre responsabilité remonte depuis le processus d’éducation de nos enfants. Il faut qu’on apprenne à nos garçons à respecter l’intégrité physique des filles. Nous ne devons pas tolérer la violence chez nous, nous devons apprendre à dénoncer les agresseurs », a lancé madame Belneau devant un auditoire pas étranger au problème en question. Certains ont même témoigné avoir même été victimes de viol, après l’intervention de l’inspecteur Belneau. Le ministère à la Condition féminine et aux Droits de la femme a donné sa contribution à cette matinée d’échange. Mireille Zamor qui a représenté le MCFDF a décrit les différentes formes de violence pour l’assistance. « La violence faite aux femmes, c’est tout acte commis sur une femme parce qu’elle est une femme. Tout acte qui fait souffrir la femme », a déclaré Mireille Zamor définissant le phénomène de la violence auquel est souvent exposé la gent féminine. Les discussions se déroulent dans une ambiance de convivialité. Les femmes et les hommes de la communauté de Furcy ont visiblement pris le plaisir d’échanger dans le respect, sur des sujets généralement considérés comme tabous dans la société haïtienne. La population de Furcy est habituée à aborder ces types de sujet. « C’est un travail d’éducation qui a débuté depuis la préparation du plan de développement de Kenscoff », a indiqué David Tilus, président du Groupe d’action francophone pour l’environnement (GAFE) qui dirige le projet. Le débat a pris une autre dimension quand la politologue Viviane Gauthier a débuté son intervention sur le rôle de la femme dans la vie politique. Mme Gauthier a arrangé l’assemblée, motivant énergiquement les femmes à s’investir dans la politique active. « Nous n’allons pas nous satisfaire avec le quota de 30%, nous allons nous battre pour rafler 100% des postes dans les prochaines élections », tance Viviane Gauthier, sur un ton plaisant. L’ancien ministre du Commerce et de l’Industrie, Maguy Durcé, intervenait, quant à elle, sur la traite des enfants et des femmes. La créatrice a fait l’historique de la traite des femmes jusqu’à la situation des enfants placés aujourd’hui dans la servitude dans certains foyers haïtiens. Elle a invité les habitants des sections communales à garder leurs enfants chez eux, à ne pas les livrer à la domesticité sous aucun prétexte. Cette activité a été organisée dans le cadre du projet pour la mise en réseau des organisations de femmes de la commune de Kenscoff. Ce projet financé par l’Union européenne est exécuté par le Groupe d’action francophone pour l’environnement. Plusieurs autres débats publics et d’autres activités sont prévus dans le cadre de ce projet.

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