Vendredi 28 novembre 2014





CULTURE

La caravane francophone part à la rencontre des jeunes de la province

Le Nouvelliste | Publié le : 12 mars 2014

L’île de La Gonâve a été, les 8 et 9 mars en cours, l'hôte de la 3e édition de la caravane de la francophonie, qui se déroulera dans 10 villes du pays, du 8 au 22 mars 2014. Cette activité initiée par BelO et financée par l’OIF (Organisation internationale de la francophonie) s’inscrit dans le cadre de la Quinzaine de la francophonie et a pour objectif d’apporter des activités culturelles et éducatives, entre autres, aux jeunes vivant dans les endroits reculés du pays. Elle a été le prétexte pour les habitants de cette île oubliée d’assister à des spectacles donnés par des chanteurs de la trempe de BelO et de BIC ainsi que des danseurs de la compagnie Jean-René Delsoin, tout cela, aux frais de la princesse.
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Du 8 au 22 mars, une équipe composée notamment des trois chanteurs ambassadeurs pour la francophonie en Haïti, BelO, BIC, Jean Jean Roosevelt, des artistes-peintres, des danseurs de la compagnie Jean-René Delsoin, ainsi que des membres de l’OIF, dont sa représentante en Haïti, Chantal Moreno, est partie à la rencontre de la jeunesse haïtienne de la province. Ce, en vue de lui faire découvrir, entre autres, « les valeurs de la francophonie que sont la démocratie, les droits de l’homme, la diversité culturelle et linguistique, la solidarité, l’équité et la justice sociale ». Au cours de son périple, 9 villes ( Marchand- Dessalines, St-Michel-de-l'Attalaye, Grande Rivière du Nord, Trou du Nord, Cap-Haïtien, Port-Salut, Marfranc (Jérémie), Croix-des-Bouquets et Pétion-Ville et l'île de La Gonâve), auront le privilège de vibrer au rythme de la musique haïtienne dans le cadre du projet Caravane de la francophonie. Dans la foulée, des ateliers d’écriture, de chant, de danse et de peinture seront réalisés à l’intention des jeunes autour des 10 mots de la francophonie 2014 qui sont « ambiancer, à tire-larigot, charivari, s’enlivrer, faribole, hurluberlu, ouf, timbré, tohu-bohu et zigzag ». C’est ainsi que, le 8 mars au matin, des centaines de jeunes de La Gonâve, réunis au collège Sainte- Bernadette – qui a fêté ses 50 ans dans l’éducation en février dernier – ont d’abord appris la signification des mots puis les ont utilisés dans des chants, des textes et à travers la danse, sous la supervision respectivement du maître de chant Stevenson Charles Théodore, de Samantha François et des danseurs de la compagnie Jean-René Delsoin. La meilleure chanson et les meilleurs danseurs ont été sélectionnés pour jouer avec les artistes. Par ailleurs, selon les organisateurs, le choix de lancer la caravane à La Gonâve a été décidé en vue d’apporter des activités culturelles à ces jeunes coupés du reste du pays, et d’attirer l’attention des autorités sur les besoins criants de cette île jetée aux oubliettes. Les routes en terre battue y sont en très mauvais état… En ce qui a trait aux infrastructures culturelles, elles n'existent tout simplement pas. Les spectacles des chanteurs et des danseurs Deux chanteurs, Belo et BIC, ont joué pour les Gonaviens, samedi, tandis que Jean-Jean Roosevelt était retenu en Côte d’Ivoire pour un gala. Tenant en haleine un public conquis d’avance pendant environ deux heures, les deux artistes (BIC et Belo) ont comblé de fort belle manière l’absence de JJR, pour le grand bonheur des mélomanes de l’île. Avoir Belo et BIC gratuitement sur un même podium, les Gonaviens ne demandaient pas mieux. Eux qui ont très rarement la chance de voir un artiste se produire sur leur île. Ils n’ont donc pas manqué l’occasion de bien savourer ce petit moment de bonheur. Pendant que l’un chante, l’autre l’accompagne en musique et en chœur, aidés du public qui connaît tous les tubes par cœur. « Kote moun yo », a entonné Belo, le prix Découvertes RFI 2006. Si c’était aux jeunes Gonaviens que la question s’adressait, ils étaient en tout cas présents par centaines à ce rare rendez-vous tenu à « Pigwobyen », une école communautaire bien placée au bord de la mer. Tizon Dife (BIC) a interprété « Istwa dwol » de BelO, si bien qu’on pouvait croire que c’était sa propre musique. Le public a été tenu en haleine par des tubes les uns plus entraînants que les autres, Tanza, Yon ti kalkil, Lakou trankil, Dyalòg moun fou, Lè m wè w, Pwen final et Jasmine. A chaque interprétation, un tonnerre d’applaudissements du public s’ensuivait. Il en a vraiment eu pour son déplacement. La cerise sur le gâteau, le lendemain (dimanche) à 11 h, quatre danseurs de la compagnie Jean-René Delsoin ont proposé au public des chorégraphies de leur riche répertoire, avant que la caravane ne mette le cap sur Marchand-Dessalines, lundi matin.








AUTEUR
Bertrand Mercéus
mbertrand@lenouvelliste.com




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