Aux Gonaïves, les cinq millions du carnaval créent des frustrations

Des résidents de plusieurs quartiers populaires, dont Jubilé, K-Georges et Biennac, se sont élevés pour réclamer l’intégration de leurs zones dans les travaux d’infrastructures précarnavalesques. Ils menacent d’occuper le béton si les autorités communales font la sourde oreille.

Publié le 2014-01-30 | Le Nouvelliste

National -

Josué Pierre est le responsable de l’Organisation pour le développement de Biennac Gonaïves (ODBG). Dans une interview accordée à des journalistes, il s’est montré très critique vis-à-vis des autorités de la municipalité. Celles-ci, a expliqué M. Pierre, marginalisent la communauté. Même pendant la période carnavalesque, poursuit-il, rien n’est dit pour l’aménagement des rues du quartier. « A chaque fois qu’il y a des projets de développement, notre quartier n’est jamais ciblé. C’est comme si nous ne sommes pas de la ville. Les responsables agissent de la sorte parce qu’ils savent que nous n’avons pas de chimères pour les pressurer », a déclaré M. Pierre. Les habitants de K-Georges (sud) réclament la construction de la route d’entrée de l’habitation Georges, lieu où le général Toussaint Louverture a été arrêté par le général Brunet, le 7 juin 1802. Selon Wilson Adéclat, coordonnateur du Mouvement des jeunes progressistes pour le développement de K-Georges (MJPDK), ce vendredi, les protestataires projettent de marcher pacifiquement dans les rues de la cité de l’Indépendance pour attirer l’attention des autorités. « K-Georges est un lieu historique qui peut attirer de nombreux touristes durant le carnaval. Les autorités doivent profiter des cinq millions de dollars disponibles pour réhabiliter l’espace », a-t-il renchéri. Les habitants de Châtelain (nord) ont organisé un sit-in en début de semaine pour exiger la construction de la route de l’ODPG (Organisme de développement de la plaine des Gonaïves). Ils dénoncent énergiquement le fait que toutes les activités soient concentrées au centre-ville. Cette route, ont-ils souligné, est impraticable durant toute l’année. En temps pluvieux, elle est marécageuse. Et, en période de sécheresse, elle est poussiéreuse. « Le carnaval concerne la commune des Gonaïves et non le centre-ville. Tous les quartiers et toutes les sections doivent y participer », ont-ils fait savoir. Des jeunes du quartier populaire de Jubilé ne jurent que par leur intégration. Ils se déclarent prêts à tout pour permettre à leur quartier de bénéficier de certains travaux d’infrastructures dans le cadre du carnaval. « Le parcours ne passera pas à Raboteau ni Jubilé. Cela n’empêche pas lesaux carnavaliers de nous visiter. Pour cela, nous demandons aux autorités de poursuivre les travaux qui ont démarré», ont-ils martelé. Pour sa part, le coordonnateur du Conseil d’administration de la section communale (CASEC) de Bayonnais (3e section) dénonce l’exclusion des CASECs dans les démarches visant à réaliser les festivités du carnaval. Il dit ignorer l’évolution des préparatifs. « Nous souhaitons que les sections soient prises en compte dans les discussions. Nous avons aussi des choses à offrir dans l’organisation de cette grande fête populaire », a-t-il évoqué. Interrogé à ce sujet, l’un des assesseurs communaux des Gonaïves, M. Marc-Edouard Désir, a indiqué que des efforts seront consentis en vue de satisfaire les revendications des protestataires. « On ne peut pas réaménager toutes les rues de la ville en même temps. Toutefois, le conseil communal va se pencher sur les revendications des administrés et voir ce qui peut être fait », a fait savoir M. Désir.

Réagir à cet article