Il faut sauver le musée d’Art haïtien du collège Saint-Pierre

Quatre ans après le tremblement de terre du 12 janvier 2010, un devoir de solidarité s’impose tant dans le secteur culturel haïtien que dans le paysage financier et philanthropique pour sauver le Musée d’Art haïtien du collège Saint-Pierre, une des plus célèbres et rares institutions culturelles haïtiennes participant à la promotion et à la conservation de l’héritage artistique du pays. Les responsables sont à la recherche d’environ 250 000 dollars américains pour rouvrir les portes du musée aux artistes et au grand public.

Publié le 2014-01-20 | Le Nouvelliste

Culture -

Bientôt la place des Artistes sera réaménagée au Champ de Mars, à quelques mètres des nouveaux locaux qui accueilleront le ministère du Tourisme. Pourtant, en face de cette place, semble perdu dans l’oubli ce haut lieu qui, jadis, offrait aux publics spécialisés, aux écoliers, professeurs, journalistes et aux touristes la chance de découvrir la richesse de l’art haïtien. 250 000 dollars américains pour démarrer les travaux… Le Musée d’Art haïtien est en panne de 250 000 dollars américains pour entamer les travaux de réaménagement de ses locaux, gravement endommagés par le tremblement de terre du 12 janvier 2010. Jusqu’à aujourd'hui, seules les banques continuent d’aider l’institution, témoignent ses principaux responsables. Le gouvernement haïtien n’a pas répondu jusqu’ici au besoin du musée, déplore le professeur d’histoire de l’art, Michel Philippe Lerebours, qui souligne cependant l’apport inestimable de quelques autres institutions comme la fondation Sogebank, la Unibank, et en dehors d’une promesse de la banque centrale. Des artistes peintres haïtiens s’engagent… Pour trouver des fonds pour sauver ce lieu historique, plusieurs actions ont été initiées par les responsables et amis du musée depuis quelques mois. C’est à New York, au cours d’une exposition de levée de fonds organisée en septembre 2013, que la somme de 31 000 dollars américains a été recueillie suite à la vente de tableaux offerts en don, par 76 artistes haïtiens résidant pour la plupart en France, au Canada, aux Etats-Unis. Un geste très apprécié par le Dr Michel Philippe Lerebours, qui en profite pour saluer la participation d’un artiste nigérien dénommé Tafa, le soutien de la famille Vogly ainsi que la générosité de la galerie de Wilner Jemmings Kenkeleba (NY). Le musée du Louvre a lui aussi supporté l’institution par l’édition de l’ouvrage Hector Hyppolite, disponible dans les librairies en Haïti. Une importante collection en Haïti Pour réaménager l’institution, un comité de reconstruction composé de l’architecte Harold Gaspard, de l’économiste Henry Bazin, de la danseuse Nicole Lumarque et de M. Louis Dubois- président du conseil d’administration du musée-a été mis sur pied pour mobiliser les éventuels donateurs, partenaires et philanthropes touchés par la nécessité de sauver l’une des plus riches collections de peintures du pays. La plus importante collection de peinture haïtienne sur place se trouve dans ce musée, souligne le Dr Michel Philippe Lerebours, qui l’estime à plus d’un millier de peintures, de dessins, de sculptures d’artistes, allant de la génération des Indigénistes jusqu’aux créateurs encore en vie. Solidarité culturelle partagée Ce haut lieu culturel de la peinture haïtienne, dont les murs sont encore debout contrairement au Centre d’Art, appelle au secours des donateurs et philanthropes. Particulièrement, les artistes peintres et plasticiens évoluant en Haïti, de toutes les générations, sont invités à s’impliquer dans la revitalisation de cet espace, par le don d’une œuvre artistique devant participer aux prochaines activités de levée de fonds. Il faut sauver le Musée d’Art haïtien, parce que la place des Artistes à elle seule ne suffit pas dans l’aire du Champ de Mars pour démontrer la richesse de la diversité culturelle dans l’art et la peinture haïtiens aux générations présentes et futures.

Réagir à cet article