8e festival de jazz de Port-au-Prince

Bonjour, le jazz !

Publié le 2014-01-17 | Le Nouvelliste

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Par Roland Léonard Il est revenu comme la bonne saison ; le jazz c’est comme le printemps de la musique par son souci de renouvellement des thèmes connus comme les arbres, par les nouvelles fleurs de l’improvisation, les végétations de la fantaisie. Le jazz donne une nouvelle jeunesse et une nouvelle vie à ces plantes musicales qu’on croyait mortes ; il les rajeunit sans cesse, il fait des greffes et des boutures à sa manière, des croisements génétiques. Cette année encore, les organisateurs de Haïti jazz et leurs partenaires des ambassades ont mis le paquet : l’Allemagne, la Belgique, le Bénin, le Cameroun, le Canada, le Chili, l’Espagne, les Etats-Unis (of course !), la France, Haïti, la Martinique, le Mexique et la Suisse mènent tour à tour la danse et nous promettent les riches émotions de la découverte. Il y a des têtes d’affiche qui nous emballent et nous allument tels le guitariste Béninois Lionel Loeke et son trio, la chanteuse camerounaise Sandra Nkaké, le pianiste haitiano-américain Willerm Delisfort, la famille du Swing Brosse system, l’accordéoniste français Daniel Mille… et d’autres. Douze partenaires étrangers et vingt-quatre (24) groupes : c’est à vous couper le souffle. Nous avons tantôt parlé de son puissant pouvoir de rajeunissement, de recréation ; mais comment est-ce possible ? qu’est-ce que le jazz qui possède tant de facultés ? quelles sont ses formules d’incantation, ses potions et ses baguettes magiques, ses fontaines de jouvence ? Essayons de répondre Le jazz est une forme de musique qui a vu le jour aux Etats-Unis, grâce à la rencontre des noirs et de la musique européenne. L’instrumentation, les mélodies ou airs, les harmonies ou accords servant à les accompagner sont pour l’essentiel issues de la tradition musicale occidentale. La conception du système, le phrasé et la production sonore, les éléments de l’harmonie du «blues», sont dérivés de la musique africaine et de la conception musicale des afro-américains. Le jazz diffère des musiques savante et populaire européennes par trois élements fondamentaux qui visent à accroître l’intensité : 1- Une relation particulière au tempo-la vitesse du rythme du morceau-définie par le terme de «swing». 2- Une spontanéïté et une vitalité de la production musicale dans lesquelles L’IMPROVISATION joue un rôle majeur. 3- Un sonorité et un phrasé qui reflètent la personnalité de l’exécutant. Ces caractéristiques se transmettent toujours de génération en génération ; malgré des moments de concession ou de révolte, de contestation de ces vecteurs ou critère qui étouffent parfois le besoin de liberté du musicien ou menaçant sa survie, sa condition économique. Le Swing Substantif et verbe anglais signifiant «balancement» se «balancer» Qualité spéciale du rythme , dans tous les styles, donnant une sensation d’allègement par rapport à la pesanteur ambiante, et naissant d’une superposition d’un contexte, d’un climat à la fois de tension et de détente . De manière orthodoxe, la notion de swing est le principe vital du jazz …«Le swing vient-il à manquer , le jazz manque alors à lui-même ou n‘est plus que son propre simulacre»… » Le swing a beaucoup de rapports avec la danse» Límprovisation Improviser c’est faire ou créer une mélodie spontanée à partir d’un canevas de base donné, soit en exploitant son air (paraphrase ) ou ses harmonies (phrase-chorus) soit son atmosphère , déclenchant des intuitions, des éclairs tout a fait libres sans attaches profondes avec ce premier canevas qui n’est q’un jalon de la création. Phrasé et sonorité Dans un orchestre de musique classique, tous les musiciens recherchent la même sonorité ; la conception du son est uniforme et rigoureuse ; un instrument doit avoir une «belle» sonorité, cataloguée, canonique. Le musicien de jazz, ne se conforme pas à une conception unique du son et de sa beauté ; il possède sa propre sonorité dont les critères ne se fondent pas tant sur l’esthétique que sur la sensibilité et l’expressivité. C’est ainsi que l’auditeur l’identifie et le distingue des autres ; il a de plus don propre style, sa manière personnelle de choisir les notes de les attaquer, les faire durer et moduler, les enchaîner en vitesse ou en douceur : c’est la phase qui le caractérise également à nos oreilles. Le jazz fait appel, d’une manière plus évidente que la musique classique ou savante, à la personnalité et la créativité de l’interprète. Sources : le grand livre du jazz – Joachim Ernst Berendt. Vive le jazz et le 8e festival

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