Festival international de Jazz de Port-au-Prince

Follow Jah: la voix du rara au PAP jazz

Publié le 2014-01-22 | Le Nouvelliste

Culture -

Pour sa troisième participation au Festival international de jazz de Port-au-Prince, la bande à pied Follow Jah invite, avec le soutien de la compagnie Rhum Barbancourt et à l’initiative de Caracoli, le saxophoniste nord-américain Paul Austerlitz pour un projet spécial. Tout a commencé en 2011 au moment où Joël Widmaïer a trouvé nécessaire de faire appel à une bande à pied pour animer le Festival international de jazz de Port-au-Prince. Depuis, Follow Jah a eu la grande mission d’inaugurer le festival. En 2011, c'est avec le saxophoniste Thurgot Théodat qu'a eu lieu le défilé. L’expérience se répète pour sa deuxième participation en 2012 avec Buyu Ambroise. Grâce au soutien de Caracoli, les musiciens de la bande ont fait une nouvelle expérience sur le plan musical et ont noué connaissance avec le saxophoniste Paul Austerlitz en mars 2013. Docteur en ethnomusicologie, professeur d'études africaines et musicien spécialisé dans les rytmnes de la Caraïbe et le jazz, Paul Austerlitz, qui visite Haïti depuis plus de vingt ans, manifeste un intérêt particulier pour les musiques traditionnelles, particulièrement la musique vaudoue. Il a déjà collaboré avec de nombreux groupes haïtiens comme Foula (New York), dans les années 90. Expert des musiques dominicaines et du jazz, il a publié de nombreux papiers et deux ouvrages sur le jazz et le merengue. Cependant, ses recherches sur les musiques traditionnelles haïtiennes ne sont pas formalisées en publication, mais plutôt en création, en rencontres avec des musiciens et en expériences artistiques. C’est à ce titre que le travail en cours avec Follow Jah représente pour lui une occasion exceptionnelle d’évaluer les rapports entre le jazz et les musiques traditionnelles haïtiennes, en l’occurrence le rara. « Mon travail ne consiste pas exclusivement à témoigner en rédigeant des articles. Il me donne aussi la possibilité d’être acteur et d’explorer cette fois-ci les points de rencontre entre le jazz et le rara. C’est aussi une forme de recherche qui passe par la pratique. En ce sens, il y a une démarche commune au chercheur et au créateur qui dépasse les limites de ce qui est connu et balisé. En tant que musiques afro-américaines, le jazz et le rara ont une histoire commune. Le jazz est né justement de ces « marching bands » qui défilaient à la Nouvelle-Orléans. Avec Follow Jah, nous allons interpréter un de leurs morceaux les plus connus, le fameux « When the Saints go marching in ». Mais il y aura d’autres surprises .» Pascal Joseph, président de la bande à pied, a pour sa part manifesté sa joie de renouveler cette fructueuse expérience tout en remerciant le Festival international de jazz de Port-au-Prince de donner à Follow Jah et à Paul Austerlitz la possibilité de présenter au public un travail plus abouti. « Cette fois-ci, il ne s’agit pas d’une rencontre improvisée, mais d’un véritable travail de création qui a demandé de nombreuses répétitions auxquelles les musiciens se sont consacrés avec beaucoup de sérieux des deux côtés », déclare Pascal Joseph, qui promet un travail finalisé pour de meilleures prestations à la place Boyer et au Parc Historique de la Canne à Sucre respectivement les 24 et 25 janvier. Avec Follow, l’on ne s’attend pas à un rara jazzé, encore moins à un jazz transformé ou jumelé au rara. Ce sera plutôt, comme à l'accoutumée, le rara savant, bien épicé inhérent au groupe avec toute la vivacité qu’on lui connaît. Rien que diéser le tempo et transporter par intermittence les mélomanes dans les abysses de notre culture.

Pas de festival de jazz pour les journalistes haïtiens. Moins d’une centaine de cartes d’accréditation ont été délivrées à l’ensemble des journalistes haïtiens pour couvrir la 8e édition du Festival international de jazz de Port-au-Prince qui se déroulera du 18 au 25 janvier 2014. Ce festival, le plus grand évènement de jazz du pays, a été lancé au Cap-Haïtien le vendredi 17 janvier et se poursuivra dans divers sites de la capitale, notamment au cours de la semaine. Bien que le festival peine encore à attirer du monde, ses organisateurs rechignent à y convier les médias haïtiens, mais n’hésitent pas à y faire venir des journalistes étrangers, ce qui nécessite un budget relativement élevé. Le PAP jazz se serait-il internationalisé au point de ne plus viser le public haïtien ?

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