Lundi 26 septembre 2016









SANTE

Essai philosophique sur la maladie

Mon dit

Dès notre conception, nous sommes atteints d’un mal incurable : la vie!


Avez-vous remarqué que les choses semblent parfois assez étranges ? Des fois, je reste baba devant la complexité de la vie qui se teinte trop souvent d’effarantes simplicités pour vous jeter dans les affres de la contradiction. Prenons par exemple le concept indéfinissable de la vie. Je dis indéfinissable parce que la vie, si on en fait le constat, si on peut en expliquer le fonctionnement, on n’arrivera pas à l’appréhender en entier. Il nous restera toujours cette question qui ne sera jamais du domaine de la science, du moins telle que nous définissons cette dernière et la question en question se résume par un simple mot : pourquoi ? Eh! oui, qui peut, tout en s’enveloppant du carcan rigide de la démarche scientifique, nous dire pourquoi nous vivons ? Ce domaine est antiscientifique, car reposant seulement sur le concept de la foi, cette entité qui vous pousse à croire l’aberrant en dépit du constat contradictoire de vos sens : « heureux celui qui croit sans avoir vu ». Je m’écarte donc rapidement du terrain glissant de la métaphysique et n’aurai ainsi pas à soliloquer sur la nécessité d’une quelconque intelligence supérieure qui justifierait le pourquoi de notre moi par le partage de sa substance intrinsèque faite d’amour essentiel. Je n’aurai donc pas à discuter le paradoxe d’un Dieu d’amour ou d’un Dieu Amour qui gentiment mettrait sa créature préférée dans un monde hostile et agressif fait de séismes dévastateurs et de maladie invalidante, incurable et fatale ! Que le fameux « ce n’est pas Dieu qui a envoyé le tremblement de terre sur Haïti, ce n’est qu’une catastrophe naturelle », lancé par les responsables des cultes en panne de réponse, me semble puéril ! Non, je me contenterai de constater, de la façon la plus scientifique possible, que la Vie ne doit son existence qu’à la Mort. Cela se voit simplement en décortiquant l’une des fonctions vitales de notre être qui est la nutrition : on se nourrit de cadavres, sans eux pas de vie. Pour perpétrer l’œuvre de vie qui nous entoure, nous aussi nous devrons un jour laisser la place en abandonnant notre dépouille en pâture aux vers et autres organisme putréfiants. Le seul espoir d’une pérennité se retrouve dans notre descendance. Ainsi, il ne nous restera plus qu’à partir en paix en sachant qu’un peu de nous survit en nos enfants… Mais laissons là mes divagations que j’espère fameuses, pour revenir sur le sujet principal de la maladie. Ce que je tentais de dire, avant d’être happé par le souvenir pénible du 12 janvier, est que le paradoxe de la compréhension d’un tout veut que l’on en décortique ces parties. Comment comprendre le concept d’un mur si l’on n’en étudie pas les briques qui le composent, le ciment qui les unit ? Remarquez que l’on pourrait encore s’écarter du sujet dans la recherche de la compréhension des sous-concepts brique et ciment et ainsi de suite. Mais si j’entreprends une telle démarche dans le sujet d’aujourd’hui qui est le concept de la maladie, je ne pense pas d’une part que les pages de ce journal suffiront et, d’autre part, je ne pense pas pouvoir retenir suffisamment votre attention. Je sens déjà votre ennui; aussi revenons illico sur notre sujet principal et tentons (je n’ose dire vainement) d’y rester. Ainsi, ma démarche pour vous faire comprendre la maladie passera par la tentative de vous expliquer le comment de la vie, autrement dit, et j’espère être plus clair, par vous donner une idée globale du fonctionnement de votre organisme en vous présentant une des principales grandes fonctions dont le disfonctionnement entraine donc cet état particulier qui est la maladie. Ouf ! Ça va ? Vous êtes toujours avec moi ? Allons-y donc ! Pour vivre, nous avons choisi de nous adapter un peu, mais surtout de nous défendre face aux agressions de notre environnement en évitant de trop grandes variations de notre organisme; par exemple, quand il fait froid, nous produisons de la chaleur en plus pour le combattre, et nous tentons de nous refroidir quand il fait trop chaud. Pour cela, il nous faut donc un centre de contrôle qui conserve en mémoire les constantes vitales de notre organisme. Il doit être ainsi capable d’interpréter les informations qu’il reçoit, de les interpréter en nocives ou bénéfiques et d’en juguler une réponse. Ce centre, comme vous l’avez si justement deviné, est le système nerveux qui est formé de « centres nerveux » pour l’interprétation des données. Ceux-ci vont des simples ganglions nerveux pour la rapide réponse réflexive, ce fameux réflexe que vous avez qui vous fait retirer vivement la main de la surface trop chaude où vous l’avez malencontreusement mise, aux centres cognitifs vous permettant de réfléchir à des situations complexes, comme par exemple messieurs, pourquoi ce splendide spécimen du sexe opposé que vous avez en face de vous, qui pourtant vous avait lancé des signaux assez clairs d’un parfait consentement se rebiffe brusquement au dernier moment. Ce sont ces centres cognitifs qui vous feront refuser d’être un disciple du colonel Cadet Jacques et d’enclencher une retraite qui, dans votre cas, est littéralement une débandade… Ce système nerveux collecte les renseignements via ses récepteurs dont les plus spécialisés forment nos cinq sens. Il utilise pour ses réponses les effecteurs comme ce fameux muscle qu’est le bulbo-caverneux qui, en s’opposant au reflux du sang de votre membre viril, le gonfle de ce précieux liquide, lui permet de s’ériger fièrement, provoquant cette déformation de votre pantalon parfois inutile si la belle reste de glace. Et enfin, ce système nerveux comporte tout un réseau de fibres qui relie récepteurs, effecteurs et centres entre eux : les nerfs. Cette partie s’appelle le système nerveux périphérique, l’autre formé des différents degrés des échelons de commandement est le système nerveux central. Que se passe-t-il lors d’une maladie ? Un facteur nuisible va venir désorganiser cette belle mécanique et provoquer une belle pagaille suivant le secteur qui est concerné et qui produira des signaux révélant le disfonctionnement que l’on appelle signes et symptômes. Si, par exemple, le trouble survient au niveau des récepteurs qui sont le siège de la sensitivité, vous allez avoir des troubles de la sensibilité: soit elle sera aboli vous rendant insensible, ou encore amoindri mais elle peut être aussi exacerbée et bonjour ces sensations de fourmillement ou de brûlure que vous ressentez. Les récepteurs sont atteints et voici venir toute la gamme des paralysies totales ou partielles. Vous conviendrez avec moi que l’inaction d’une certaine partie du corps au moment où vous en avez le plus besoin peut s’avérer assez frustrante d’autant si elle vous attache une malséante réputation d’impuissance vite colportée de bouche à oreille. Voici venir les regards compatissants pires que les autres moqueurs qui s’attacheront à vos pas… Mais les troubles peuvent aussi s’attaquer aux centres nerveux et donner des désordres dans la coordination des mouvements comme par les tremblements des parkinsoniens… Mais des fois, le mal s’attaque aux centres cognitifs qui permettent d’avoir un comportement social, un comportement logique qui est ainsi mis à mal. Ceci explique les décisions aberrantes que prennent certains quand ils ont des postes de responsabilité et dans ce cas les exemples foisonnent. Par exemple, aller devant la DGI et vous verrez que des chaînes interdisent l’utilisation de son trottoir ! Mais je dois avouer que les comportements les plus aberrants se retrouvent chez nos politiciens poussant même un certain parlementaire à proposer le rétablissement de la peine de mort, pas pour les crimes odieux de sang, mais pour les crimes politiques… Le traitement que je préconise pour ce triste sire ? La camisole de force ! Allez, je vous laisse et bonne année à tous contre vents et marées !











AUTEUR
Philippe Desmangles

phillippedesmangles@gmail.com

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