Haitian Studies Association/ Conférence/Cérémonie d’ouverture

Vers de nouvelles représentations d’Haïti

Publié le 2013-11-08 | Le Nouvelliste

Culture -

Par Dieulermesson PETIT FRERE C’est ce jeudi 7 novembre que s’est déroulée, en grande pompe, la cérémonie d’ouverture de la 25e conférence annuelle de l’Association des études haïtiennes (HSA, Haitian studies association) à l’hôtel Karibe du Canapé-Vert. "Représentations, questionnement des responsabilités : vers de nouveaux discours sur Haïti en 2013 et au-delà", telle est la thématique retenue pour ce colloque. Les jardins de l’hôtel ont été le théâtre d’une grande manifestation de retrouvailles, d’échanges entre amis, vieilles connaissances, étrangers et habitués des conférences attendant la première occasion pour mettre les pieds sur la terre d’Haïti. Entre échanges de regards, curiosité et découverte, le courant semble déjà bien passer entre les divers maillons de cette chaîne universitaire constituant en partie l’ossature de l’intelligentsia haïtienne. Après l’enregistrement des participants à l’entrée secondaire du Karibe, une gentille réception attendait le public à la salle de réunion de l’hôtel. Dans une atmosphère d’euphorie. Une lueur d’enthousiasme se lisait sur tous les visages. Et cette envie de se dire. De se laisser bercer par cette brise fine qui enveloppait les contours de l’horizon. Et cette cour propre et parsemée de lumière faisant corps avec les morceaux d’ombres qui se dessinent sur les pans du mur. Devant ce parterre de gens, la présidente de l’association, Claudine Michel, de l’université de California à Santa Barbara, a pris la parole pour remercier tous ceux et toutes celles qui se sont battus pour la réalisation de cette conférence en Haïti. Son plus grand souhait, a-t-elle souligné, est que les échanges et les productions soient fructueux et productifs et qu’ils continuent au-delà du forum. La présidente de l'association croit que ce nouveau colloque, qui se veut un lieu de réflexion sur les possibilités de croissance et d'engagement responsable, doit être aussi un espace de critique, d’éducation, de valorisation et de restauration de soi et de la communauté. Cette cérémonie d’ouverture a été aussi l’occasion de (re)faire connaissance avec 6 des membres qui ont présidé l’association pendant les 20 dernières années. Tout à tour, Lesly Desmangles, Carole M. Berotte Joseph, Marie-José Nzengou-Tayo, Florence Bellande Robertson, Guitèle Nicolrau et Charlène Désir n’ont pas manqué d’exprimer leur satisfaction et leur attachement à cette institution consacrée essentiellement à la production de savoirs sur Haïti. Si, en dépit de tout, l’association a su tenir, c’est surtout grâce à la volonté et la détermination de chacun de ses membres. De 20 à ses débuts, elle compte plus de 250 membres à ce jour. Peu de temps après, une table ronde a été organisée à la Ginger autour de la réception de Michel-Rolph Trouillot, anthropologue et historien haïtien,décédé en juillet de cette année à Chicago. Les professeurs John Picard Byron (modérateur), Michel Acacia, Pierre, Buteau, Tony Cantave, Lyonel Trouillot et Carlo A. Célius ont chacun présenté une lecture de son œuvre. Même s’ils ont chacun abordé son œuvre avec des outils théoriques différents, ils ont tous reconnu, à travers leur discours, que l’auteur de "Ti dife boule sou istwa Dayiti" était surtout obsédé par une chose, à savoir le pouvoir symbolique. Pierre Buteau a décelé chez Michel-Rolph Trouillot un homme à trois dimensions : un militant enfermé dans des codes doctrinaux, un universitaire toujours enfermé dans des codes disciplinaires ou des procédures techniques et un intellectuel qui refuse, en tout cas, toute histoire de codes ou de procédures quelconque. Si Tony Cantave pense qu’il faut une déduvaliérisation de la société haïtienne , c’est-à-dire rompre avec les discours et les pratiques duvaliéristes pour jeter les bases d’un nouveau contrat social, Carlo A. Célius, de son côté, avec un discours très concis, captivant et cohérent dans sa démarche, a souligné que l’œuvre de Trouillot propose une autre manière de penser le modèle social haïtien. Rappelons que l’invité d’honneur de cette 25e conférence est le cinéaste et documentaliste haïtien Raoul Peck. Son film ‘‘Assistance mortelle’’ qui ne cesse de défrayer la chronique a été projetée dans sa version anglaise pour clôturer la soirée. Dieulermesson PETIT FRERE

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