Samedi 1 novembre 2014





NATIONAL

Vers l'élaboration d'une loi sur l'avortement

Le Nouvelliste | Publié le : 16 mai 2013

Le MSPP a organisé, dans le cadre de sa campagne pour la réduction du taux de mortalité maternelle, un atelier de deux jours sur la thématique de l'avortement en Haïti.

Sujet de controverse, l'avortement a été au coeur des discussions organisées par le Ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP) les 14 et 15 mai. Des juristes, des militants des droits humains et des responsables d'organisations de femmes ont pris part aux assises qui se sont tenues à l'hôtel le Plaza, à Port-au-Prince. Le MSPP a voulu adresser la faiblesse de la législation haïtienne concernant la question de l'avortement, l'une des principales causes de mortalité maternelle. L'occasion a été pour les autorités sanitaires de recueillir des propositions en vue de l'élaboration d'un nouveau texte de loi, lequel devra être soumis bientôt au Parlement pour les suites légales. « La législation haïtienne prévoit jusqu'à la condamnation à perpétuité contre ceux qui sont impliqués dans l'avortement. Par conséquent, beaucoup de femmes mortes suite à une telle pratique sont enregistrées sous d'autres rubriques », a fait remarquer la titulaire du MSPP, le Dr Florence Duperval Guillaume. Elle souligne que cette activité vise également de bannir toute l'hypocrisie qui entoure l'avortement, à lever les sanctions prévues par la loi haïtienne et permettre de sauver des vies, notamment celle des femmes enceintes dont leur foetus représenterait un danger. « Dans le monde entier, l'avortement reste et demeure un sujet de grandes controverses », a indiqué la ministre, soulignant qu'on compte en Haïti 530 cas de mortalité maternelle pour chaque 100 000 grossesses. Et 102 décès sont survenus après des avortements. « Des chiffres sous-estimés, vu que l'acte de l'avortement est illégal et honteux », regrette la pédiatre, soulignant qu'environ 36% de la population mondiale vit dans des pays où la loi autorise l'interruption de grossesse à la demande de la femme. « Pratiquer l'avortement ne devrait pas être considéré comme une action honteuse, mais un geste médical pour sauver la vie d'une mère qui est en danger pour une raison quelconque. Nous devons sortir du tabou pour faire de l'avortement, un sujet réel, car dans le cas d'une malformation grave ou une violation (kadejak), la femme doit pouvoir recourir à un avortement selon les prescrits de la loi.» Rappelant que la mission du MSPP est d'améliorer la situation sanitaire de la population haïtienne tout en s'adaptant aux exigences de développement et de la modernité médicale, le Dr Guillaume a affirmé que ladite institution se sent interpellée face à la situation des femmes portant une grossesse menaçant leur vie ou celle de leur progéniture; ainsi que celles devenues enceintes après avoir subi un aviol. « Les avancées de la médecine modernes ont ouvert la voie au diagnostic précoce de grossesses incompatibles avec la vie de la mère ou de malformations foetales graves. Nous ne devons pas continuer à condamner nos femmes à garder une grossesse dans les conditions susmentionnées et feindre d'ignorer qu'elles se livrent à des mains inexpertes pour obtenir un avortement clandestin.» Par ailleurs, elle soutient qu'une prise en charge des femmes enceintes dès les premières semaines de grossesse contribuerait à la réduction du taux de mortalité maternelle. « Dans certains cas où l'embryon mettrait la vie de la mère en danger, on pourrait le détruire et l'évacuer afin de sauver la vie de la porteuse », poursuit le Dr Florence Duperval Guillaume, soulignant qu'une telle pratique est interdite par l'article 262 du code pénal.


Gladimy Ibraïme

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Martelly passe un délicat examen

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