« Haïti, royaume de ce monde »

La dernière escale

Publié le 2013-03-11 | Le Nouvelliste

Culture -

Jeudi 8 mars 2013. 1h 30. Jacmel, chef-lieu du département du Sud-Est, accueille les instigateurs de «Haiti,royaume de ce monde». L'Alliance française sise à la rue Liberté est investie par les représentants de médias et autres personnalités du monde artistique. Corine Micaelli, directrice de l'Institut français en Haïti, et Giscard Bouchotte, commissaire de l'exposition, situent l'évènement. 45 mn s'écoulent. Et le coup d'envoi est donné pour la grande exposition internationale « Haïti, royaume de ce monde ». L'on se dirige tous vers les entrepôts Vital situés à la rue Isaac Pardo. A l'intérieur de ces bâtiments datant de 1840, les ouvriers sont à pied d'oeuvre pour les dernières touches. Mais quelques oeuvres y sont déjà installées. Les tableaux de Frankétienne sont fascinants. Chaque tableau est un recueil, pour répéter Johanne Florent, l'épouse de Bob Bovano. Peintre de mots ou poète d'images, notre cher Frank, aussi imprévisible qu'il soit, met en scène le désastre du chaos. « Née de la nécessité de dresser un état des lieux de la création artistique contemporaine en Haïti, cette exposition présente les travaux des artistes qui, au quotidien, questionnent le chaos», déclare Giscard Bouchotte, fier de sa réalisation. Plus loin, les sculptures et tableaux de Killy captent l'attention. Le symbolisme de la croix, de la tête et des navires suscitent l'admiration et pousse aux questionnements. C'est la réalité de l'homme solitaire. La tragédie et les douleurs qui hantent son imaginaire. La motivation de Maksaens Denis est contagieuse. Il est très sollicité par les visiteurs. Vidéaste et photographe de renom, cet homme trouve dans ses sculptures et vidéos une manière de démystifier l'objet et de poser des interrogations. La peinture de Tessa Mars relate l'identité collective et la façon dont celle-ci imprègne l'espace public. Nul ne s'impatiente. L'envie de découvrir ne s'attenue pas. Les visiteurs haïtiens et étrangers ont de quoi nourrir leur curiosité. Les émotions ne sont pas refoulées. Au fond, dans un couloir excentré du bâtiment, l'exposition de photographies de Roberto Stephenson subjugue. On est en plein dans l'Haïti de l'intérieur. L'architecture post-séisme et les bâtiments effondrés, tout y est et bien calculé pour un devoir de mémoire. Entre la photographie numérique et l'architecture, l'artiste italien de père haïtien et de mère italienne réalise un travail d'historien à travers les arts visuels. Il est l'auteur d'un livre de photographies intitulé « Intérieurs d'Haïti ». Les regards ne cessent de vagabonder. Les objets, aussi fascinants qu'étonnants, ont de quoi faire rêver. Pendant deux heures et demie environ, les visiteurs ont savouré jusqu'à l'ivresse l'avant-première de cette exposition internationale ayant déjà porté l'art contemporain haïtien à des sommets insoupçonnés.

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