Vendredi 30 septembre 2016









SANTE

La thyroïde et la dépression


Bon nombre d’experts en santé mentale mettent l'accent sur l’importance fonctionnelle de la thyroïde pour la santé de l’homme et surtout dans certaines formes de dépression, plus particulièrement la dépression saisonnière, qui peuvent en résulter. Tabou ou pas, nous allons effectuer aujourd’hui un petit voyage à pieds joints sur le sous ou le sur-fonctionnement de la glande thyroïde en rapport avec la santé mentale de l’individu moyen. Et du même coup, nous poser cette question sur cette  glande superpuissante de contrôle du corps humain : Quid de la thyroïde et de ses fonctions ?

                Située à quelques centimètres à la base du cou, la thyroïde fabrique la T4 (tétraïodothyronine), couramment connue sous l’appellation de « thyroxine » et la T3 (triiodothyronine), pourtant produites sous l’action électromécanique de l’hypophyse, elle-même située au centre du crâne et l’hypothalamus (ayant pour rôle de superviser le mécanisme thyroïdien) qui lui-même fait partie intégrale du cerveau, plus spécialement aux alentours du cortex. L’iode, provenant des aliments consommés, lui est nécessaire.

                Les hormones thyroïdiennes jouent des rôles très importants dans la vie de l’individu. Biochimiquement, ces hormones interviennent dans le métabolisme des graisses, surtout dans l’assimilation du sucre et des protéines. Les hormones thyroïdiennes jouent aussi des rôles importants dans la régulation de l’ossification pendant qu’elles favorisent la maturation des cartilages de croissance. En plus de tout cela, la thyroïde reste étroitement liée au fonctionnement du système nerveux. En réalité, la glande thyroïde intervient dans toutes les actions et réactions du système humain, et surtout celles ayant lieu au niveau du cerveau. Ce qui peut parfois générer des morbidités assez sérieuses ou même difficiles à gérer. A la vérité, un désordre thyroïdien peut se manifester sous des aspects différents. L’hyperthyroïdie, l’emballement (la mise au repos de l’hypophyse et de l’hypothalamus) de la thyroïde et l’hypothyroïdie (surcroit d’activité pour l’hypophyse et l’hypothalamus) sont les deux morbidités les plus citées de nos jours. Il ne faut surtout pas sous-estimer la présence des nodules, les goitres et certaines formes de cancers qui peuvent fortement attaquer le système humain.

                C’est ainsi qu’un état d’anxiété ou d’humeur dépressive (depressive mood) peut découler d'un trouble quelconque de la thyroïde. Et si les hormones thyroïdiennes agissent activement au niveau du cerveau, pourquoi pas passivement aussi? Analysons de plus près le fonctionnement de ces hormones thyroïdiennes. En pratique, ces hormones modulent le fonctionnement des cellules de notre système nerveux central, et notamment des cellules qui fabriquent la sérotonine – ce neuromédiateur qui agit sur notre humeur et notre psychisme (perception, sentiments, états d’âme).

                La sérotonine est aussi impliquée dans la dépression. En effet, des tendances dépressives sont retrouvées chez 40% des gens affectés par l’hyperfonctionnement de la thyroïde (le bouclier du bien-être, Laccourreye, Weyner & Clerc, éditions des Fallois). D’autres recherches non officielles, publiées sur le fonctionnement de la glande thyroïde, nous informent qu’un hypofonctionnement de cette glande multiplierait par 7 le risque d’autres troubles de l’humeur. En ce sens, les deux situations -- l’hyperfonctionnement et l’hypofonctionnement – peuvent causer des troubles psychobiologiques. Et je cite : l’anxiété, la tension, l’instabilité émotionnelle, l’irritabilité, l’impatience, la distraction, la sensibilité accrue au bruit en faveur de l’hyperfonctionnement. L’hypofonctionnement de la glande thyroïde est marqué par les signes suivants : ralentissement marqué de toute activité intellectuelle, perte progressive d’initiative et d’intérêt, défaillance et perte de la mémoire, idées souvent confuses, détérioration du mode de pensée.

Des analyses médicales, pouvant révéler ces symptômes, tels que l’échographie, la scintigraphie et la cytoponction s’avèrent nécessaires afin d’essayer de contrecarrer et/ou de résoudre les problèmes thyroïdiens. Une équipe de cliniciens, composée de divers experts, peut être constituée pour pouvoir assister les personnes affectées. Il existe toute une série de médicaments (levothyroxine,  cortisone, hormones thyroïdiennes pour le goitre simple, ablation chirurgicale – partielle -- pour la présence de nodules, administration du radioactif pour détruire le tissu thyroïdien et diminuer le risque de récidive).

A savoir que toutes ces approches thérapeutiques doivent être essayées en collaboration avec un nutritionniste et un expert en santé mentale. Un programme de nutrition centré sur la consommation d'algues, de poissons frais, de crustacées, de feuilles vertes (phytothérapie), de soja, de haricots verts et de laitage, reste impératif et salutaire pour le fonctionnement de la thyroïde. On peut aussi incorporer la psychophamarcothérapie (exercices, drogues anti-déprimantes modérées, de la jutothérapie, techniques de  relaxation, etc. dans le plan de traitement des symptômes de la dépression, pourtant causée par l' hyper/hypofonctionnement de la thyroïde.

               











AUTEUR
Écrit par le Dr. Harry-Hans François, Ph.D., N.D., CNC., Dip-CFC drfrancoispsychoeducation@yahoo.com.

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