Jeudi 29 septembre 2016









INTERNATIONAL

La droite en Grèce poursuivra mardi la tâche de former un gouvernement


La droite Nouvelle-Démocratie poursuivra mardi sa tâche de doter le pays d'un gouvernement d'union nationale favorable à des réformes profondes pour écarter le risque d'une sortie de la Grèce de l'euro. Vainqueur des législatives de dimanche mais sans majorité absolue le patron conservateur de la Nouvelle Démocratie, Antonis Samaras a indiqué lundi soir, après une série de rencontres avec des chefs des partis, qu'"il allait continuer mardi les tractations pour former un gouvernement de salut national". Il s'est toutefois prévalu d'un accord de principe avec le socialistes Evangelos Vénizélos. "Nous sommes restés d'accord avec M. Vénizélos pour former un gouvernement de salut national dans le délai prévu", a dit M. Samaras, après une rencontre avec M. Vénizélos dont le parti Pasok est arrivé en troisième position. De son côté, le dirigeant socialiste a souligné la nécessité "de former un gouvernement immédiatement" sans toutefois vouloir s'allier uniquement avec M. Samaras. Il a considéré que les pourparlers pour la formation d'un tel cabinet "devraient s'achever mardi", après une table ronde des dirigeants de principaux partis autour du président de la république, Carolos Papoulias. Le chef de la gauche radicale anti-austérité Syriza, Alexis Tsipras, arrivé en deuxième position, avait rejeté de pouvoir siéger sous l'égide de la droite pour faire front commun face aux défis urgents qui attendent la Grèce. "Le gouvernement doit être formé rapidement (...) avec la Nouvelle-Démocratie comme noyau dur car c'est le peuple qui l'a choisi", a dit M. Tsipras en soulignant qu'il jouerait sans concessions son rôle de principal opposant. Prônant le maintien du pays dans la zone euro, M. Samaras, 61 ans, n'a que jusqu'à mercredi pour former un cabinet d'union après le scrutin de dimanche, qui fait suite à celui, non concluant, du 6 mai. "Il y a un impératif catégorique à former un gouvernement" dès lundi avait proclamé le président de la République, Carolos Papoulias qui a confié à Samaras la charge de donner un gouvernement à la Grèce. Plusieurs hauts responsables internationaux ont fait part de leur soulagement après la victoire de la droite, et dit leur volonté de poursuivre l'appui massif à ce pays de 11 millions d'habitants, devenu "l'homme malade" de l'Europe. Paris, Bruxelles et même Berlin ont déjà donné des signes d'un possible assouplissement, au moins dans les délais, du mémorandum, le plan de rigueur négocié avec les prêteurs internationaux en contrepartie de l'aide financière. "Nous continuerons à soutenir la Grèce en tant que membre de la famille de l'UE et de la zone euro", ont déclaré en commun les présidents de l'UE, Herman Van Rompuy, et de la Commission, José Manuel Barroso, en marge du sommet du G20, à Los Cabos, au Mexique. Inquiets de la situation en Espagne, les marchés financiers n'ont montré qu'une très faible excitation, vite retombée, après le vote des Grecs. La Bourse d'Athènes a conclu sur une hausse finalement limitée de 3,6 %. La ND l'a emporté avec 29,66% des voix, s'adjugant 129 sièges sur 300 au parlement, suivi par le Syriza, à 26,89 % et 71 sièges, et le Pasok socialiste, 12,28 et 33 sièges, selon les résultats officiels. Pour le politologue John Loulis, "il s'agit d'un vote de peur d'une sortie de l'euro, pas d'un soutien réel aux réformes". "Le gouvernement sera fragile, sans grande base populaire, le pays risque de n'avoir qu'un répit", a-t-il dit à l'AFP Une polarisation très nette a bénéficié à la ND et à Syriza, le parti communiste KKE enregistrant une chute historique mais le parti néonazi l'Aube dorée, Chryssi Avghi a conforté sa position, avec 18 députés. Plongeant le pays dans le brouillard, provoquant une exaspération en Europe et la suspension du versement de 2,6 milliards d'euros d'aide, le précédent scrutin du 6 mai n'avait pas dégagé de majorité ou de coalition de gouvernement. Depuis, la Grèce semble au bord de la faillite, les indicateurs sont au rouge vif: un Produit intérieur brut (PIB) en chute de 6,5%, le chômage à 22,6%, une hémorragie quotidienne des dépôts bancaires, et des caisses publiques qui pourraient être vides mi-juillet. La Grèce bénéficie des deux prêts internationaux d'un total de 347 milliards d'euros, courant jusqu'en 2015, et de l'effacement de presque d'un tiers de sa dette, d'environ 107 milliards. Le tout représente l'équivalent d'une fois et demie son PIB. "Les termes du compromis, à signer d'ici septembre, porteraient sur un délai supplémentaire de deux ans de 2014 à 2016 pour l'assainissement budgétaire", a affirmé à l'AFP un ancien conseiller de l'ex-Premier ministre à la tête d'un gouvernement d'union nationale, Lucas Papademos.











AUTEUR

Réagir à cet article

Les commentaires sont modérés

Chaque contribution postée est soumise à modération. Vous pouvez alerter l'équipe du Nouvelliste, d'une contribution qui vous semble ne pas respecter notre charte en cliquant sur le bouton << Voter contre >>, présent sous chaque commentaire. Notre équipe sera automatiquement prévenue et fera le nécessaire.

La charte de moderation












Haut de la page