Le discours de Jean-Claude Duvalier aux Gonaïves

Allocution de M. Jean-Claude Duvalier prononcé à l'occasion de la cérémonie de graduation de la promotion Robert Blanc de l'École de droit et des Sciences Économiques des Gonaïves.

Publié le 2011-12-20 | Le Nouvelliste

National -

Monsieur le délégué ; Monsieur le maire et les membres du Conseil municipal de la ville des Gonaïves Monsieur le doyen du tribunal de première instance des Gonaïves Monsieur le doyen de l'école de droit et des sciences économiques des Gonaïves Mesdames, messieurs les membres du corps professoral Mesdames, messieurs les membres du décanat de la faculté Autorités civiles et judiciaires Mesdames, messieurs les invités ; Chers parents, Ma chère commère, Chères filleules, chers filleuls, Je suis honoré de me trouver dans la glorieuse ville des Gonaïves, cité de l'indépendance ou nos vaillants ancêtres ont signé l'acte de notre indépendance pour nous permettre de vivre dans une Haïti libre et souveraine que l'histoire a retenu comme la première république noire du monde. Je suis particulièrement reconnaissant à vous, étudiantes et étudiants finissants de l'école de droit et des sciences économiques des Gonaïves de m'avoir choisi comme parrain de la promotion Robert BLANC qui fut l'un des premiers directeurs de votre école fondée en 1912 par Raymond CABECHE, ancien député des Gonaïves. Je suis profondément touché par ce geste courageux et réfléchi. Merci et merci encore! Je vous présente chères filleules, chers filleuls mes chaleureuses félicitations pour avoir pu achever votre premier cycle d'études universitaires malgré les vicissitudes, les contraintes, les soubresauts, les privations et les difficultés de toutes sortes que vous avez surmonté durant ces quatre dernières années. Je présente également mes sincères félicitations à M. le doyen Me Joseph Mécène JEAN-LOUIS et au corps professoral qui ont mis a votre disposition leur savoir, pour faire de vous des hommes et des femmes de loi. A vos parents ici présents qui ont consenti d'énormes sacrifices, je partage avec eux ce matin le bonheur, la joie et la fierté que reflète leur visage, du fait que leurs enfants sont en train de couronner avec succès des efforts tant mérités. Je vous félicite. Me voici ce matin aux Gonaïves après vingt-six ans, répondant à votre invitation, il me revient donc à la mémoire des souvenirs qui ne sont pas nécessairement agréables. En effet, je pense à Jean-Robert CIUS, Michelson MICHEL et Daniel ISRAEL tombés presqu'au seuil de l'adolescence. Souffrez un instant que je vous demande d'observer avec moi une minute de recueillement en leur mémoire. Merci. Que le sacrifice de leur vie continue de nous rappeler le prix que nous devons attacher à la Justice et à la paix. Mes chères filleules, mes chers filleuls, Le fait par vous d'avoir fait choix de moi comme parrain de votre promotion illustre éloquemment cette part chaleureuse et significative de l'estime que vous m'apportez. Ainsi donc, je vous remercie pour ce réconfort. Je puise des raisons supplémentaires de croire en votre intelligence et votre jeunesse, en plus de vos qualités de questionnement et de discernement. Cette occasion exceptionnelle me ramène à près de quarante ans en arrière ; comme vous j'avais choisi de faire des études de droit, lesquelles ont été brusquement interrompues quand le destin m'a conduit au timon des affaires de l'Etat. Je saisi l'occasion pour rendre un vibrant hommage à mes professeurs d'alors : feu Hubert de RONCERAY, feu Grégoire EUGENE et notre professeur émérite, l'éminent Gérard GOURGUE pour qui j'éprouve une affection toute particulière. Mes chères filleules, mes chers filleuls, Vous avez fait choix d'une discipline noble, socle même du fondement de l'Etat. Le droit, règle impérative du jeu social, refrène et canalise les instincts égoïstes et l'éternelle brutalité des hommes. A des situations données, il impose des solutions obligatoires. Dans votre alma mater, vous vous êtes initié à la maitrise des arcanes du droit pour défendre la veuve et l'orphelin comme on le dit si bellement dans la profession pour laquelle vous avez été formés. Tant d'illustres et compétents devanciers, qui ont fait vibrer de la sonorité de leur verbe éclatant et percutant les murs de nos cours et tribunaux du pays, vous indiquent la voie à suivre. Je me permets de rappeler à votre mémoire les noms de : Hugues ST-PIERRE, Paracés PELISSIER, Dr. Clovis KERNIZAN pour ne citer que ceux-là. En donnant à votre promotion le nom de feu Me Robert BLANC, avocat, magistrat célèbre et respecté, vous montrez que vous tenez à vous inspirer de ces prédécesseurs. J'ose espérer que votre engagement soit sincère, et que le pauvre ainsi que le faible trouvent en vous la voix qu'ils n'ont pas. C'eut été le message de feu Me Robert BLANC. Pour terminer, il est important de souligner à votre attention que le pays a grand besoin de vous. Il lui faut des femmes et des hommes capables de dépassement de soi pour faire respecter les règles de droit et non l'arbitraire. Votre mission à partir de ce jour et tout au long de votre carrière professionnelle, consiste à mettre en application ces deux notions universelles acquises lors de vos études : Égalité et Justice. Heureusement pour vous, Haïti s'engage à retrouver son âme, condition sine qua non pour sa renaissance. Son histoire n'aurait pas de sens, si cette quête ne se faisait au nom d'un humanisme nouveau auquel aspire votre génération. Je laisse à votre méditation une pensée de feu mon père, le Docteur François DUVALIER : « Il est des moments de l'histoire ou les peuples les plus endormis, les plus subjugués et que l'on croirait a jamais impuissants, se redressent, s'emparent de leur destin et conquièrent ce qu'il y a de plus imprescriptible pour l'homme : la liberté ». Soyez forts, soyez fermes, mais soyez par-dessus tout, justes. Je suis fier de vous. Soyons tous fiers d'être haïtiens. Bonne chance et que Dieu vous bénisse. Gonaïves, le 16 Décembre 2011.

Jean-Claude DUVALIER Auteur
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