Antoine Lyonel Trouillot

Journaliste | Le Nouvelliste

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Les temps sont durs et semblent devoir devenir encore plus durs pour les personnes et les catégories victimes de domination, d’exclusion et d’exploitation. On croirait la chose impossible tant ils le sont déjà, mais l’esclavage, la colonisation, les crimes contre l’humanité pour des raisons de pouvo...

Il y avait, dans le créole d’autrefois, des mots, substantifs, verbes, adjectifs, qui désignaient le manque d’éthique, de conviction, le sans-gêne à l’œuvre chez ceux, celles qui, méprisant tout à part leurs intérêts privés, l’obsession du gain ou du paraître, la satisfaction d’un plaisir ou d’un be...

Sur les façades de Jalousie, il ne reste presque rien des couleurs joviales dont, pour des raisons de cosmétique, on avait couvert des murs derrière lesquels vivent la pauvreté, le banditisme, le chômage, la promiscuité… Le régime de Michel Martelly avait adopté le badigeon, la peinturlure, le faux-...

On parle beaucoup de créer du travail. Les législateurs (si tant est qu’ils se penchent sur quelque chose) s’y penchent. Des organisations patronales proposent, applaudissent. La dynamique à la mode, c’est la création d’emplois. Bien. Mais n’oublions pas la boutade d’un homme politique du XXe siècle...

Qui m’expliquera pourquoi un simple jour de vie civile, un cortège de douze véhicules immatriculés officiel et service de l’État bouscule tout sur le Bois- Verna ? Quel officiel a besoin d’être accompagné de onze véhicules ? Agents de sécurité ? Armée de conseillers ? Cela ne cadre guère avec les pr...

Mon élection à la présidence du bureau de l’Association des écrivains de la Caraïbe m’offre une occasion, ici exceptionnelle, de parler de la littérature, de la littérature haïtienne, du métier d’écrivain et des enjeux humains et sociaux qu’ils portent ou qui s’y cachent. Je ne trahis pas ma posi...

Les blagues qui fusent sur les récentes prestations langagières de quelques- uns de nos parlementaires font rire. Il est vrai qu’il y a matière. Une phrase qui se termine par un pronom relatif… On attend encore la subordonnée fantôme. Des nombres qui deviennent des noms… Des mots pris pour d’autres…...

Lundi, semble-t-il, c’était la Journée mondiale du bonheur. Il tombait des bombes sur tel ou tel village. Des gens crevaient de faim dans telle ou telle région. Le bonheur, on dit que l’argent ne le fait pas. Peut-être. Mais l’argent, ceux qui en ont déjà beaucoup en veulent encore plus, ils ont de...

Entre une séance ratée au Parlement, la lettre d’un homme d’affaires à un ancien président, une liste de nouveaux venus pour constituer un gouvernement de continuité d’une politique qui n’en fut pas une, et un festival de poésie, je choisis la poésie. Le problème de la vie et du discours politique a...

Dans la ville, en particulier dans les milieux petits-bourgeois, on n’aura jamais autant parlé de la mort. Un anthropologue à l’humour inquiet appelle tous ses amis et leur demande de répondre « présent ». Une façon sans doute de se convaincre que lui-même est toujours en vie, car les morts n’entend...