ObservEH/ Rendez-Vous

Quand l’usine électrique de Caracol s’impose comme modèle

Publié le 2017-10-11 | Le Nouvelliste

Economie -

Au cours du premier des dix rendez-vous de l’Observatoire de l’énergie en Haïti (ObervEH), ce mercredi 11 octobre, dans les locaux de la Banque interaméricaine de développement (BID), une quarantaine d’investisseurs et spécialistes dans le domaine de l’énergie se sont réunis pour discuter et débattre sur les moyens de rendre compétitif le secteur de l’énergie en Haïti. Pour ce premier rendez-vous, ils ont pris connaissance de l’expérience réalisée par NRECA International à travers l’usine de Caracol, dans le cadre du « Projet pilote de distribution de l’énergie durable (PPSELD) » dans cinq communes du département du Nord-Est.

Financée annuellement à hauteur de 5 millions de dollars par l’USAID, la centrale installée dans le parc industriel Caracol alimente en électricité chaque jour et 24/24 les communes suivantes : Caracol, Trou-du-Nord, Terrier-Rouge, Limonade et Sainte-Suzanne. Ils sont au nombre de 7 941, les ménages desservis par cette usine qui, pour produire de l’énergie électrique, a recours au mazout (93%) et au diesel (7%). « Nous consommons par mois environ 150 000 gallons », a indiqué l’ingénieur Lefort Joseph, annonçant qu’il y aura 500 nouvelles connexions chaque mois puisque le projet s’étend davantage dans le Nord-Est.

L’usine dispose de six moteurs qui ont chacun une capacité de production de 1,7 mégawatt et ils peuvent aller jusqu’à 5 mégawatts, d’après l’ingénieur Lefort Joseph. Globalement, la capacité de production de la centrale est de 10 mégawatts. « La production mensuelle de la centrale est de 1,8 million kilowatts/heure. Pour l’année 2016, elle a produit en total 22,3 millions kilowatts/heure », a révélé Lefort Joseph, soulignant que les pertes techniques sont autour de 5% et les pertes non-techniques de 22%.

La réduction des pertes non-techniques liées aux vols au-dessous de 20% est l’un des objectifs visés dans le cadre du Projet pilote de distribution de l’énergie durable (PPSELD). «Nous allons redistribuer les poids des pertes aux clients. C’est-à-dire que les consommateurs vont payer pour les pertes non-techniques », a affirmé l’ingénieur Lefort Joseph, précisant que cette mesure permettra de responsabiliser les consommateurs davantage sur le plan moral. L’autre façon de combattre le vol du courant électrique, pour les responsables, consiste à faire arrêter les voleurs.

Dans la commercialisation du courant électrique, les responsables de l’usine ne se font pas trop de souci malgré les pertes non-techniques. Ces derniers disent avoir pris la décision de communiquer avec les habitants des cinq communes dans le but de les convaincre de ne pas trafiquer les compteurs et de voler le courant électrique. « Dans le Nord-Est, quand quelqu’un vole le courant électrique, il ne jouit pas d’une bonne réputation. C’est un voleur comme tous les autres voleurs. Ce n’est pas le cas pour le reste du pays », a déclaré M. Joseph.

Le prix du kilowatt/heure varie actuellement autour de 21 à 30 centimes. Les consommateurs qui se trouvent à l’intérieur du parc de Caracol bénéficient des meilleurs prix. À titre d’exemple, l’ingénieur Lefort Joseph a fait savoir que la compagnie Sae-A Traiding, le plus grand consommateur d’énergie à l’intérieur du parc, paie le kilowatt/heure à 21 centimes.

Au cours de son exposé, l’ingénieur Lefort Joseph a essayé de faire la leçon à l’EDH qui comptait quelques représentants dans la salle. « Les familles qui se trouvaient avant sur le réseau de l’EDH bénéficiaient seulement d'entre 2 et 3 heures d’électricité rarement. Nous avons réparé les installations de l’EDH et elles jouissent de l’électricité 24 heures sur 24 et 7 sur 7 sans qu’il y ait de coupure. Certains entrepreneurs profitent de la disponibilité de l’énergie électrique pour monter leurs entreprises et ils n’utilisent pas de génératrice », a-t-il expliqué, reconnaissant toutefois qu’il y a quelques coupures quand ils font la maintenance au niveau de l’usine.

L’usine électrique de Caracol résulte d’un investissement autour de 17,5 millions de dollars. À la fin du PPSELD, un opérateur privé doit prendre les rênes de cette usine. Sur ce point, l’ingénieur Lefort Joseph paraît confiant. « Les investisseurs s’intéressent au taux de connexion et le niveau de pertes. Dans notre cas, le taux de connexion est autour de 90% », a-t-il soutenu, soulignant à l’intention des représentants de l’EDH qu’ils ont pris seulement une semaine pour installer les compteurs chez les personnes qui ont fait l'application.

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