Shelo Plebmuzik, à l'exploration du terreau identitaire

« Ainsi slama l’oncle », tel est le titre du projet de Shelo Plebmuzik qui est sorti, au même titre que Mackenson Saint-Félix et André Miraklin, lauréat de l’édition de 2017 du prix Résidence par Quatre-Chemins. L’homme, en résidence dans la commune de Kenskoff du 22 septembre au 20 octobre, se promet d’initier les bénéficiaires de son projet au slam et de leur permettre, grâce à ce vecteur, d’explorer la thématique de l’identité. À l’issue de la résidence, il souhaite pouvoir animer d’autres ateliers de slam dans le cadre du Festival Quatre-Chemins qui va se dérouler du 20 novembre au 2 décembre.

Publié le 2017-10-06 | Le Nouvelliste

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Il suffit d'un regard, même furtif, sur le look de Shelo François pour deviner par soi-même son ancrage identitaire, voire ses engagements en tant qu'artiste. En effet, dans une pub annonçant une émission de culture urbaine, qu'il compte animer dans un média soeur avec des potes, on le voit avec sa coiffure "mowhawk" agrémentée de twists débiter un riff sur un instrumental d'enfer. Une prestation qui aurait manqué de son superbe sans les codes du swag auxquels il obéit de la tête au pied. Il peut, tout comme K-Libr, qui sait, tenter sa chance sur l'échiquier du rap français.

L'homme qui opte pour le pseudo de Shelo Plebmuzik a étudié la psychologie à la Faculté d'ethnologie de l'UEH. Il se présente comme étant à la fois poète, rappeur, slameur. Il est présentateur d'une émission de rap, il travaille à l'élaboration d'un recueil de poèmes. Il est membre d'un collectif de slam baptisé HD symphonie qui a sillonné des festivals d'envergure dont Quatre-Chemins, PaP jazz...

"Ainsi slama l'oncle", son projet qui l'a placé, comme Mackenson Saint-Félix et André Miraklin, au sommet du prix 2017 Résidence par Quatre-Chemins, se veut, selon ses mots, une exploration, comme "Ainsi parla l'oncle", de l'indentité, du patrimoine. C'est d'ailleurs pour cela qu'il a choisi autant que Price Mars la commune de Kenskoff comme cadre.

Son travail est de faire découvrir le slam comme culture urbaine dans un milieu paysan. De faire aussi de cet art un médium pour permettre aux bénéficiaires de questionner leur identité, leur responsabilité par rapport à l'environnement. Sa résidence va du 22 septembre au 20 octobre. Il a déposé ses bagages au Centre Pen à Thomassin. Mais sa mission concerne les habitants de Kenskoff et de ses environs. Il dit bénéficier du partenariat du Centre d'initiative culturel de Kenskoff.

Le slameur avoue qu'il n'a pas été facile pour lui d'aborder la thématique identitaire partout où il va dans le cadre de cette résidence. Pour aborder ce terrain en jachère, Shelo Plebmuzik a cru devoir passer par la presse de proximité. Il a parlé de son projet dans une radio baptisée "Radio Palmis". Sa mission culminera par une restitution des ateliers le 20 octobre. Un spectacle de slam est en train d'être concocté avec les plus talentueux de son auditoire. Le 17 octobre, triste anniversaire de l'assassinat du père de la nation, sera une occasion favorable, selon lui, pour aborder la thématique.

De cette expérience, l'explorateur dit regretter que l'État n'ait pas intégré la culture assez dans les écoles. Il dit avoir aussi en horreur le fait que les paysans ne soit cantonnés qu'à des activités visant à nourrir les urbains. Il suggère par exemple que, dans le cadre des fêtes champêtres, on ajoute des ateliers de formation artistique aux bals qu'on propose généralement.

L'artiste est reconnaissant envers Euphèle Milcé du Centre Pen, mais aussi au CIC et à tous les notables de Kenskoff qui le soutiennent. Dans le cadre du Festival Quatre-Chemins qui se déroulera du 20 novembre au 2 décembre cette année, il compte animer des ateliers de slam avec d'autres bénéficiaires.

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