Transformer ses étudiants en des entrepreneurs, le pari de l’Université Quisqueya

L’Université Quisqueya (UNIQ) a lancé de fort belle manière ce lundi 11 septembre 2017 son programme « Investir en Haïti » en s’assurant de la présence du directeur général de la Brasserie nationale (BRANA), Wietse Mutters, dans ses murs pour prononcer la conférence inaugurale.

Publié le 2017-09-11 | Le Nouvelliste

Economie -

Dans cette conférence inaugurale, « Le cas BRANA/HEINEKEN », le recteur de l’UNIQ, Jacky Lumarque, a attiré l’attention des étudiants, des futurs entrepreneurs, sur les obstacles entravant la réception des investissements directs étrangers (IDE) en Haïti. Parmi ces obstacles, il a entre autres évoqué, l’image « négative » projetée par le pays, le faible accès à l’électricité et à l’eau potable, le manque de formation adéquate, la mauvaise qualité des infrastructures.

Avant de lancer ce programme à l’intention de ses 3500 étudiants, l’UNIQ, qui se définit comme une université entrepreneuriale, formait déjà des petits entrepreneurs en activité et leur fournissait de l’assistance technique à travers son Centre d’entrepreneuriat et d’innovation, dirigé par Etzer Emile.

Selon le recteur Lumarque, ce programme comporte quatre étapes : une initiation à l’entrepreneuriat (destinée à tous les étudiants), des ateliers de création d’entreprises (comment préparer un plan d’affaires), la soumission d’un projet de création d’entreprise et une incubation (encadrement, système de crédit et accompagnement pour monter sa propre entreprise).

Si l’on en croit Jacky Lumarque, après quatre ans d’études à l’UNIQ, chaque étudiant, qu’il soit en génie, informatique, etc., aura la possibilité de boucler son cycle d’études tout en montant sa propre entreprise. « Son diplôme en main, il [l’étudiant] laissera l’UNIQ non pas dans une expectative d’aller travailler en tant que salarié mais en tant que propriétaire de son propre business », a fait savoir le recteur, promettant qu’il y aura régulièrement, chaque mois, de nouveaux cas d’études, à l’instar de celui de la BRANA. Une compagnie étrangère qui a consenti un investissement direct étranger conséquent dans le pays.

Par ailleurs, le recteur Jacky Lumarque en a profité pour rendre un hommage soutenu aux compagnies haïtiennes qui, pendant ces 40 dernières années, portent à bout de bras l’économie du pays. « Ce sont les Haïtiens qui investissent en Haïti, ce ne sont pas les grandes compagnies internationales comme cela se fait ailleurs […] Ces entrepreneurs sont méritants, ce sont eux qui portent l’économie du pays, la création d’emplois, l’innovation à leur niveau », a souligné le recteur d’université, estimant que cela ne suffit pas. D’où ces réflexions qui sont actuellement menées à l’UNIQ pour tenter de faire sauter les verrous aux flux d’investissements directs étrangers.

Selon des données de la Commission économique des Nations unies pour l'Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC), en 2016, les investissements dans la région ont atteint 167 milliards de dollars. Haïti n’a pas réussi à attirer que 105 millions de dollars tandis que la République dominicaine, à côté, a reçu environ 2.4 milliards de dollars américains d’investissements directs étrangers, 50% du total des 4.8 milliards de dollars d’IDE reçus dans les Caraïbes.

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