Atelier

L'OBMEC propose des solutions pour l'amelioration des relations haïtiano-dominicaines

L’Observatoire binational sur la migration, l’éducation, l’environnement et le commerce (OBMEC) a soumis à discussion ce mercredi, lors d’un atelier tenu à l’Université Quisqueya, les recommandations de ses études conduites pour chacune de ces quatre thématiques. Les propositions feront l’objet d’un atelier binational qui se tiendra le 30 mars prochain à Port-au-Prince. Après adoption, elles seront transmises à la commission mixte binationale qui se chargera de les faire parvenir aux autorités d'Haïti et de la République dominicaine pour l’élaboration des politiques publiques.

Publié le 2017-03-15 | Le Nouvelliste

National -

Les problèmes d’Haïti et de la République dominicaine dans les domaines de la migration, de l’éducation, de l’environnement et du commerce étaient au centre des débats ce mercredi 15 mars, une semaine après le premier atelier qui s’est déroulé le 9 mars dernier en République dominicaine. Des chercheurs haïtiens, professeurs d’universités, décideurs publics, à l’appel de l’OBMEC, lors de cet atelier très animé, se sont penchés sur les problèmes qui entravent les relations haïtiano-dominicaines. Ils étaient invités à réfléchir sur les recommandations découlant des enquêtes menées, depuis tantôt deux années, par les équipes de chercheurs des deux pays sur les quatre thématiques susmentionnées. « Aujourd’hui, nous sommes interpellés pour aider les autorités publiques à faire des propositions qui tiennent la route, pour aider les pouvoirs publics de ce pays à adopter des décisions publiques dans le but d’améliorer les relations entre les deux pays, pour dire aux autorités voici la route à prendre», a lancé à l’endroit des participants, le recteur de l’Université Quisqueya, Jacky Lumarque, à l’ouverture de l’atelier pour évoquer les défis du jour. « Pour réduire le risque de perdre nos pertinences dans cette opération, il faut que les recommandations soient à la fois fondées scientifiquement, et qu’elles fassent sens pour le politique afin d'être mises en œuvre sans trop de heurts. C’est ça le défi du jour », a enchaîné le président du consortium de l’OBMEC. Les recommandations de l’OBMEC ont été préparées dans le but de proposer des solutions claires et précises aux problèmes les plus urgents identifiés parmi les thématiques étudiées. Après adoption, elles devront être transmises à la commission mixte binationale qui se chargera d’acheminer le document aux autorités des deux pays pour l’élaboration des politiques publiques. Si le forum, qui s’est tenu en République voisine, a mobilisé les autorités dominicaines, on ne peut pas dire autant de celui-ci. Jacky Lumarque regrette que les représentants du secrétariat de la commission mixte bilatérale aient brillé par leur absence. Le directeur général de l’OBMEC fait, pourtant, remarquer qu’il faut l’implication de tout le monde. La société civile a aussi sa partition à jouer dans la quête d’une amélioration des relations des deux pays. « Nous ne pouvons pas laisser les relations haïtiano-dominicaines uniquement entre les mains des politiciens, entre les mains des gouvernants. Les deux peuples doivent se mobiliser pour améliorer leurs relations », a déclaré l’ancien Premier ministre Jacques Édouard, précisant que « nous avons un équilibre à établir dans le rapport des deux nations ». Cette journée de travail, tenait à expliquer Raphaël Brigandi, chargé d’affaires politiques de l’Union européenne (UE), doit en effet « permettre d’opérationnaliser une dynamique de coopération en faisant valider au niveau national les recommandations qui ont été formulées par les chercheurs au sein de l’OBMEC à travers les différents diagnostics ». Dans la foulée des discours, la synthèse des recommandations et des diagnostics a été présentée aux participants qui, par la suite, se sont regroupés en sous-commissions. En session plénière, ils ont échangé autour des recommandations qui feront l’objet d’un atelier binational le 30 mars prochain à Port-au-Prince. Parmi les recommandations, l'OBMEC croit que le gouvernement haïtien devrait adopter un règlement pour le fonctionnement du marché frontalier; les deux gouvernements devraient mettre en place un système harmonisé et flexible des tarifs douaniers pour les marchés frontaliers. Il encourage par ailleurs le gouvernement dominicain à réviser et à améliorer le Plan national de régularisation des étrangers (PNRE). Doté d’un budget de près de 30 millions de gourdes, l’OBMEC fait partie du programme binational Haïti- République dominicaine financé par l’UE qui vise à promouvoir la coopération entre les deux pays. La gestion du programme est répartie en deux conventions de part et d’autre de la frontière gérée par l’ordonnateur national du fonds de développement.

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