Avis Judiciaires

AVIS ET DÉNONCIATION

2026-07-16

Il est porté à la connaissance de tous les anciens étudiants de l’Institut Supérieur Technique d’Haïti (ISTH), des professeurs, des autres universités sœurs, du Rectorat de l’Université, du Ministère de l’Éducation nationale et du public en général, ce qui suit : C’est avec le cœur en lambeaux que j’annonce que la première université privée d’Haïti, reconnue d’utilité publique par arrêté présidentiel du 3 mars 1965 et fondée par mon feu père, Georges Richard Leconte, est fermée depuis une décennie, peu après le tremblement de terre de 2010. L’Institut a été vandalisé et il n’en reste que des décombres. Toutes les archives ont disparu, et les ordinateurs ont été éparpillés sur la cour comme un monticule d’ordures. Quelques années avant son effondrement, l’École était l’objet d’une mauvaise gestion après avoir été prise de force par deux héritiers incompétents. J’ai été impuissante à mettre fin aux anomalies et ce scandale malgré ma note de mise en garde publiée en 2010 sur Haïti Connexion et ma lettre adressée au Ministère de l’Éducation nationale par l’intermédiaire d’un avocat dévoué. Rien n’a permis de régulariser les conflits et les irrégularités au sein de l’établissement. J’ai toujours porté en moi le rêve de poursuivre le chemin tracé par mon digne et regretté père. Je ressens cet appel à être à la hauteur de son héritage et ce désir d’aider la jeunesse haïtienne à progresser et à se perfectionner. J’ai grandi dans cette École, j’y ai étudié avec d’autres collègues et j’y ai consacré des heures et des années. Comme beaucoup d’entre eux, j’ai achevé mon cycle d’études afin de garantir ma réussite. Il existait un grave problème administratif qui aurait pu être résolu avec une équipe compétente. Il y avait de l’espoir, et il y avait encore nos archives. Aujourd’hui, il ne reste plus rien. Tout a disparu. Nous, anciens étudiants de l’ISTH, dont je fais partie, n’avons plus aucune trace de notre passage à l’ISTH, « Kay Leconte » : aucune identité, aucune référence. Tout a été saccagé dans les locaux et les documents se sont volatilisés. Je me sens indignée, profondément affectée et surtout impuissante à apporter mon aide. Je saisi l’occasion pour dénoncer un trafic incontrôlable de faux diplômes et certificats, remis à des personnes prêtes à débourser, en dollars américains, des sommes faramineuses à des individus malhonnêtes, méchants et inconscients. Ce trafic de diplômes ne fait qu’encourager la médiocrité parmi nos jeunes. Fabriquer des documents non authentiques et les délivrer à des personnes non qualifiées, non formées, afin qu’elles représentent l’ISTH et se présentent sur le marché comme des diplômés, sans aucune compétence, est une pratique grave et dangereuse. Cela entraîne également une dévaluation des diplômes de ceux qui ont reçu une formation académique sérieuse et qui méritent des considérations. Il faut mettre fin à ce « commerce mafieux » de diplômes et de certificats. J’en appelle au public, aux responsables de l’État, tant en Haïti qu’à l’étranger, ainsi qu’au Ministère de l’Éducation nationale, afin qu’ils n’acceptent ni ne légalisent de pareils documents — diplômes ou certificats — portant l’en-tête de l’Institut Supérieur Technique d’Haïti (ISTH), car il existe à ce jour un risque certain de fraude. Aucun conseil d’urgence n’a encore été constitué pour traiter ce problème. C’est malheureusement le sort de nombreuses institutions en Haïti : disparition des archives et locaux bouleversés, saccagés et profanés. Je lance également un appel au Ministère de l’Éducation nationale afin qu’il crée une commission d’urgence habilitée à faire passer des tests d’évaluation à tout étudiant qui souhaiterait légaliser ces documents, afin de prouver sa formation et obtenir une possibilité d’ouverture professionnelle. Après tant de sacrifices en temps et en argent, notre jeunesse haïtienne se retrouve, dans de nombreux cas, sans aucune référence. Cette situation est grave. Je me retrouve seule, sans aucune collaboration, et actuellement impuissante à poursuivre le rêve de mon feu père, ce qui me désespère. Cependant, je ne peux renoncer à l’espoir qu’un jour cela devienne possible, grâce à des moyens financiers adéquats et à une équipe visionnaire compétente et déterminée à encadrer nos jeunes, à corriger les dérives et à demeurer compétitive en s’adaptant aux nouveaux défis. Une restructuration totale pourra alors être envisagée. Une institution reconnue d’utilité publique par arrêté présidentiel ne peut être fermée définitivement. Tant qu’il y aura de la vie, il y aura l’espoir de voir Haïti renouer avec ses meilleurs jours. L’ISTH, ainsi que beaucoup de nos écoles et institutions du pays, pourront à nouveau se mettre au service de la jeunesse haïtienne — l’avenir de toute nation — dans un climat sain et sécurisant. Investir dans la jeunesse est la clé pour s’assurer que les citoyens de demain seront capables de relever les défis sociétaux et technologiques. Surtout, continuons de prier sans cesse. « L’avenir s’écrit avec la jeunesse, et non contre elle. » Que le Seigneur nous guide et nous garde. Merci à tous ! Port-au-Prince, le 14 juillet 2026 Ing. Gardith Leconte T. Vu et approuvé par : LES CABINETS DENEUS/VIEUX & ASSOCIÉS