Sundjee, une artiste en quête de succès

PUBLIÉ 2020-09-16
Elles sont nombreuses à vouloir réussir dans la musique haïtienne, mais rares sont celles qui font le travail ardent que cela nécessite. Pourtant, petit à petit, Sundjee, jeune artiste sans staff ni manager, se fraie un chemin vers la réussite. Coup de projecteur sur cette passionnée.


De son vrai nom Jeny Saint-Fleur, Sundjee est de ces artistes dont le timbre vocal est juste et rassurant. Impossible de presser « skip » sur un de ses covers. Que ce soit dans la chanson « La Bohème » du célèbre Charles Aznavour, ou « Ala fanm yo bèl » de notre Ansy Dérose, sa voix témoigne d’une netteté à nulle autre pareille. La Port-au-Princienne de 23 ans a fait sa première expérience dans le monde de la musique dès l’âge de 6 ans.

Vous vous souvenez de la chanson « Sous le vent » chantée par Garou et Céline Dion ? Eh bien, ce méga hit des années 2000 a été interprété par l’artiste, en collaboration avec un de ses camarades de classe. Plutôt audacieux de sa part, diraient certains. Mais le sourire qu’esquissent ses lèvres quand elle se remémore ces souvenirs reflète la joie et la satisfaction qu’a dû éprouver l’assistance du Lapinou Kindergaten à cette époque. « Se te yon bèl eksperyans. Malerezman pa t gen videyo alepòk, men moman sa yo toujou nan tèt mwen », déplore Sundjee, comme pour confirmer nos pensées.

De son premier projet, un cover a capella de « La Bohème » à « Ansilans », son dernier titre en date, l’artiste tâche, show après show, de se créer un nom dans le monde musical haïtien. Son passage dans la rubrique « Graine de Star » de l’émission « Bilboard » est à ses dires un moment fort de sa jeune carrière, car il aura permis au grand public de poser les yeux sur elle. Et depuis, que ce soit à Fever Akoustik Night, soirée qu’elle organisait dans des restaurants de la capitale, Living Hart, Kayapipo, les soirées de RAJ, Sundjee ne cesse de multiplier les prestations.

L’étudiante en assistance administrative et marketing est fan de la bonne musique haïtienne. « Depi mizik lan bèl, depi mizik lan bon, m ap renmen moun ki fè l la », répond-elle à la question « est-ce que Sundjee a un modèle ? ». Mademoiselle estime simplement qu’avoir un modèle nous empêche d’être nous-même totalement car on désire ressembler à ce dernier. Or Sundjee veut rester elle-même à tout prix. Toutefois, elle est en amour avec l’originalité d’Aya Nakamura sur scène. Et dans sa playlist, Whitney Houston, Vitaa et Toni Braxton ont la part belle.

Dans sa longue marche vers le succès, la jeune chanteuse a déjà partagé la scène avec des artistes et groupes connus dans le milieu comme Kadilak, Fatima, Pawòl Tambou, histoire de se tailler une place dans la cour des grands. Tâche qui, selon elle, n’est pas facile. Mais il est évident que la chanteuse est une fonceuse et qu’elle n’a pas peur de prendre les risques. Son concert live réalisé en plein confinement en atteste. Avec plus de 45 000 views sur l’ensemble des pages qui l’ont diffusé, ce live est pour l’artiste en herbe un succès, surtout quand elle compare ses chiffres à ceux de quelques artistes bien plus connus.

Entre zouk, afro et parfois du compas, Sundjee pose sa voix sur plusieurs rythmes. Mais sa prédilection reste l’afro. Elle s’y retrouve. Sa participation sur « Ansilans », composition signée Even Kekal disponible sur toutes les plateformes musicales de vente de musique, ne fait que confirmer cet amour. Sundjee y chante une fille douce, sensible, quémandant un peu d’amour et surtout prête à faire des compromis. Mais attention, ce n’est que dans son monde artistique qu’elle espère cet amour. Dans la vraie vie, Sundjee qu’elle traduit comme « Jeny est le soleil », n’a pas besoin d’une autre présence pour s’illuminer. Elle y arrive toute seule. Et aussi vous qui crushez sur elle, sachez qu’elle n’est pas un cœur à prendre !

Outre les difficultés liées directement à l’industrie de la musique haïtienne, et que rencontre tout jeune talent, Sundjee n’a pas toujours eu le support de ses parents. Elle se souvient encore de cette soirée où son père lui avait lancé un pot de fleurs parce qu’elle était rentrée après 11 heures. Mais tout cela est maintenant loin derrière elle. « J’ai leur confiance et ils me supportent désormais », lâche-t-elle avec fierté. Sa famille est désormais son fan numéro un.

Née un 6 mai, Jeny Saint-Fleur, la cadette d’une famille de quatre enfants, fait partie de cette génération d’artistes ayant plusieurs cordes à son arc. Entre la lecture, un amour indicible pour les séances de photos et jouer le rôle de MC dans les soirées, la chanteuse occupe pleinement son quotidien. Son aisance à répondre aux questions pendant l’interview confirme son diplôme en animation, présentation et journalisme.

Du haut de ses quatre ans dans la musique haïtienne, Sundjee vise grand. Très grand. Elle se voit déjà internationale et bien sûr elle est prête et surtout déterminée à travailler pour que cela ne soit pas seulement une chimère. Sans staff ni manager, elle s’arme de volonté, de patience et de beaucoup de courage afin de concrétiser ses projets. « Je ne veux pas chanter uniquement pour Haïti », insiste-t-elle, invitant ses fans et tous ceux qui voudraient découvrir sa musique à visiter ses comptes sur les différents réseaux sociaux. « Bon pa janm kache pou lontan, lè lè a rive pou eklate w ap eklate », affirme la graine de star qui n’attend que son heure.

Charly Amazan



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