Notre retour sur "L' appel 3.0" de Daphné Ménard

PUBLIÉ 2020-09-14


Drapé de blanc avec pour seuls complices Ferdinand Jean-Baptiste à la guitare et Marc-Arold Pierre aux percussions, Daphné Ménard nous a entraînés dans une odyssée musicale en quelque 30 minutes ce dimanche 13 septembre 2020, soit le surlendemain de son anniversaire de naissance.

Le jeune chanteur a conçu ce rendez-vous au cachet de showcase tant pour accueillir sa 30e récolte de café, mais aussi pour dévoiler “L’appel” son nouveau single et, d’une certaine manière, poursuivre avec cette tradition de show live qui s'est installée à la faveur du confinement.

En guise de prologue, Daphné s’est entretenu avec Emmelie Prophète. L’écrivaine, qu’il a choisi lui-même pour mener cet entretien, l’a ramené sur des thèmes intimes comme ses goûts musicaux, son rapport à la musique, son jeune parcours…Un échange agréable à regarder.

Tout juste après l'entrevue, le concert débute. Le jeune artiste, qui a confessé naguère son éclectisme en matière de genres, l’a bien prouvé. Il entame avec "Redemption Song" pour boucler avec un titre en hébreu sur le bonheur, il s’agit de “Ava nagila”. 

Tout au long du set list, on perçoit l’influence de Monette Alcin qui l’a dirigé vers le chant classique. Dans la plupart des morceaux, on perçoit la jonction entre le jazz et la musique traditionnelle. 

Sa voix se rapproche un peu de celle d’Emeline Michel sur sa reprise de "Killing me softly" de Roberta Flack. "L’appel", le nouveau titre, est incantatoire. C'est une invitation à prêter l’oreille à la vie pour trouver sa voie. Le titre disponible sur les principales plateformes est enchassé dans un écrin de jazz. 

"Woy" va au-delà d’un son générique puisque le chanteur réussit à l’agrémenter d’un cri de rage un peu à la Toto Bissainthe sur plusieurs morceaux. C’est un coup de coeur, un petit bijou sur le quotidien en Haïti qui est en résonance avec notre actualité de troubles depuis trois ans. 

"L’appel 3.0", en somme, a transpiré d’une simplicité assez recherchée. Il a su donner une touche de bleu à la grisaille d’un dimanche ordinaire. On profite pour dire bienvenue à Daphné dans la trentaine, mais aussi bon retour sur les scènes dont on appelle de tous nos voeux à leur réouverture bientôt. 



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