Brutalité policière : Jean Jean Roosevelt va porter plainte

PUBLIÉ 2020-04-03
Ce vendredi 3 avril 2020, le chanteur Jean Jean Roosevelt, l’un des premiers artistes à s’être engagé dans la sensibilisation contre le coronavirus, a connu une matinée mouvementée. Récipiendaire d’une contravention qu’il conteste, le champion de la catégorie chanson aux Jeux de la Francophonie de 2013 rapporte avoir été brutalisé, placé en garde à vue puis libéré quelques heures après.


C’est l’une des mauvaises nouvelles du jour : Jean Jean Roosevelt a été victime de brutalité policière au marché Salomon. « Je me suis rendu au marché Salomon afin de me procurer des mégaphones nécessaires à ma campagne de sensibilisation autour du coronavirus. Je me suis rangé devant un magasin où j’ai l’habitude d’en trouver - ce marché est l’un des meilleurs endroits où se procurer des mégaphones. Pendant que je discutais, des policiers ont surgi et m’ont demandé mon permis sans me donner ma fiche de contravention et m’ont crié "Salomon !". Je n’avais pas obstrué ni bloqué la circulation, des voitures circulaient sans problème dans les deux sens de la route. De surcroit, il n’y a aucun panneau d’interdiction et la rue en question n’est pas à sens unique », indique le chanteur originaire de la Grand’Anse en soulignant n’avoir pas compris qu’il devait récupérer son permis de conduire au poste de police du marché Salomon. Guidé par les marchandes, il s’est rendu au poste en question afin de récupérer ou son permis de conduire ou sa fiche de contravention. Là-bas, il n’a pas manqué de discuter de l’injustice dont il était victime auprès des agents ayant saisi son permis et de ceux présents à ce poste de police.

En récupérant sa fiche de contravention, Jean Jean Roosevelt informe avoir dit aux policiers présents qu’ils n’auraient pas eu ce comportement face à "certaines personnes" de la société. « A ce moment-là, un ordre de m’expulser du commissariat a été émis et deux hommes ont commencé à me pousser. Une fois dehors, fiche en main, j’ai fait comprendre aux policiers qu’ils n’avaient pas le droit de me traiter comme ça (E konsa nou fè bagay yo ? Pa gen pwoblèm...) Après ces paroles deux policiers m’ont brutalisé. J’ai été projeté au sol ; ils m’ont relevé et puis m’ont placé en garde a vue », explique la voix de "Pinga". « Une heure plus tard, le chef de poste est arrivé. Il a voulu discuter, puis mes affaires m’ont été remises afin que je parte. »

Jean Jean Roosevelt affirme qu’il ne va pas en rester là et va porter plainte contre ceux qui l’ont brutalisé. « Ne pas porter plainte serait trahir mes convictions comme artiste. Je chante non à la violence, je chante l’égalité. C’est comme la violence faite aux femmes. Il y a tellement de silence autour » martèle l’auteur de « Y a danger ». « J’ai applaudi le droit des policiers d’avoir un syndicat ; moi comme individu, ils doivent respecter me droits. Jamais je n’en suis venu aux mains avec qui que ce soit. Jamais je n’ai eu des mots déplacés avec qui que ce soit », continue-t-il en informant s’être rendu compte que certains policiers pratiquent de la médisance envers des suspects qu’ils arrêtent. L'artiste dénonce : « Ils ont raconté que j’ai proféré des menaces contre eux. Nèg yo di mwen di m ap fè bal pou yo. Jamais je n’ai eu ces propos. Ce serait illogique de tenir de tels propos dans l’enceinte d’un poste de police ! »

Heureusement, la mésaventure de Jean Jean Roosevelt ne va pas le stopper dans sa campagne de prévention contre le Covid-19. Le chanteur engagé repart cette semaine dans le grand Sud afin de la continuer. Outre son engagement sur les réseaux sociaux, il a joint la parole à l’acte. L'artiste prévient qu’il fera tous les suivis légaux afin que justice lui soit rendue.



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