Confine-mots, un complot des amants des lettres contre le Covid-19

PUBLIÉ 2020-04-03


Les clubs littéraires ont disparu avec les années 90 pour revenir comme un élégant champignon poussé sur du fumier en ce temps de coronavirus. Un de ces clubs qui se forment en ligne qui vaut le détour est bien celui dénommé « Confine-mots ». En effet  depuis une semaine et demie, via le réseau très coté de Safety Promo, les plus de 30 ans sont en train de revivre leur jeunesse marquée par leur participation aux clubs littéraires qui fleurissaient partout dans le pays pour ensuite disparaître. La plateforme constituée uniquement en ligne fonctionne comme un essaim d'abeilles, un think tank de l'écriture. 


C'est grâce au poète, comédien, diseur James Fleurissaint que cela se réalise. « J'ai voulu permettre aux gens de partager leurs émotions, crier leur rage, s'il le faut, et surtout utiliser les mots pour raconter cette tranche d'histoire qu'on est en train d'expérimenter. L'écrivain, mieux que l’historien, du fait de la sensibilité qui est inhérente à son exercice, peut faire meilleure provision du présent pour la postérité », confie-t-il. Pour lui il y a également la démarche thérapeutique qui va avec. « Certes, il y a la maladie à dompter, mais il y a aussi les méfaits que peut apporter le confinement sur le mental si l'on reste inactif », a-t-il souligné.


Il partage l'idée avec son ami David Mézy, le premier Haïtien avec une comédie musicale d'envergure au Québec montée autour du répertoire de Ginette Reno. Il leur a paru judicieux d’explorer la plateforme de Safety Promo parce que ce dernier est achalandé et prisé par la diaspora surtout francophone, mais cela n'a pas empêché des gens aux USA et ailleurs d’y prendre part.


Des habitués à l'écriture comme Jhon Steeve Bruenasch, André Fouad, Jeanie Bogart, Estalove Wòklò, Nervo Fils de Plume sont montés dans le train ; mais il y a aussi des gens ordinaires. « J'encourage tout le monde. Pour y participer, il faut faire parvenir le texte à l'adresse que vous verrez sur les comptes Facebook et d'autres réseaux sociaux de Safety Promo. On relit et l'on corrige s'il y a lieu avant de publier », explique James. Il n'y pas d'élimination de genre, fût-il un haïku, un poème, un texte de slam, un proverbe... tous les genres permettant de restituer les pensées sont bienvenus. Un livre blanc où l'on retrouvera le florilège des textes qui seront produits dans ce cadre devra être publié en ligne bientôt. 

Les textes sont publiés en général entre 12 h et 16 h, heure de France où le diseur est confiné. C’est selon lui le moment du grand trafic en ligne. Aux amants de l'écriture, il dit à leurs claviers ! A tout le monde, il dit de suivre les consigne d'hygiène de base et surtout de savourer sans modération tout ce que partage « Confine-mots ». 



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