Découvrons « Chimen Libète », le premier album du groupe Akoustik !

PUBLIÉ 2020-03-31


Présenté à l’IFH le 13 mars 2020, « Chimen libète » du groupe Akoustik se révèle un tout premier album feel good où des chansons romantiques côtoient des textes de motivation personnelle et d'affirmation identitaire du jeune groupe. Avant le coronavirus, on le proposerait comme l’un des éléments à apporter sur l'île déserte. A l’heure du confinement, on le prescrit comme une pilule pour saper son vague à l’âme.

L'album, disponible sur les plateformes légales, démarre avec « Konplike » qui égrène le chapelet de situations stressantes dont on fait l'objet depuis l’aube des années 10 comme le choléra, les crises politiques, les problèmes liés à l'insécurité. Tout cela livré sur un tempo qui rappelle un peu celui des débuts de King Posse.

« Kijan », plus lumineux, nous rappelle le prix de l’effort, les étapes à franchir vers un épanouissement personnel. Le son de cette composition philosophique oscille entre l’air du groupe Zenglen à l'ère de Gary Didier Perez et celui de Mizik Mizik sur l’album « De ger ». C’est très jouissif. 

« Se lavi » nous emmène tout droit sur le continent africain où le soukous est roi. Le son entraînant accompagne une succession de proverbes comme « Tout tan gen tèt chapo ka mete ». 

« Je m’en fous » est un petit hymne badass où le narrateur tire à boulets rouges sur tous ceux qui s'en prennent à sa liberté. Quelques mots grossiers s’infiltrent sur cette musique aux accents jazzés.

« Vayb la bon », c'est littéralement le meneur de l'album. Il peut être utile tant pour le night-club que pour un turn-up au bord de la scène. C'est un hymne festif auquel on ne saurait résister. 

« Ayibobo » est une célébration de toutes les femmes noires réunies en un archétype, un égrégore symbolisant le féminin sacré. La chanson est rehaussée vers la fin par un chœur alto qui n’est pas sans rappeler celui de la chanson « Akunamatata » du film « Le Roi Lion ». C'est une perle qui pourra plaire même aux féministes les plus extrémistes.

« Something about you » décrit l’emprise d'une femme sur un homme. Du reggae se croise à un son pop pour nous faire danser. C'est le genre de chanson qu'on écoute en solo en pensant à sa moitié.

« Dekabès » est la cousine de « Domino » du groupe Enposib. Ça parle d'une nuit qui s'annonce torride. C’est la traduction par l'allégorie de ce jeu de société très prisé de toutes ces pensées charnelles qui nous trottent à l'esprit avant les préliminaires.

« Konsa », c’est comme la suite logique de « Dekabès ». On est comme quoi après les préliminaires. On est dans du sérieux ; on est au plat de résistance. Les femmes qui sont adeptes de playlist pour accompagner leurs parties de strip devant leur mennaj sont bien servies.

« Kowensidans » est une ballade qui semble sortie tout droit de l'écurie des meneurs du blues. Une ballade comme on les aime, simple mais efficace. La chanson saisissant l'effervescence d'un amour naissant est dotée d'un bridge ciselé à la Céline Dion ou à la Corneille. C'est un charme. 

« Syèl » procure une sensation de quitter la terre. Le tempo progressif sied bien au message de progression comme dans une marelle. Le groupe y traduit sa volonté d’aller de l'avant, d'atteindre les sommets du showbiz. C’est un titre à réserver pour un jour de déprime où pour se réveiller d'un bon pied ces jours de confinement.

« Chimen Libète », le titre homonyme de l'album, est un chant d’espoir, une quête de liberté, d'absolu qui se termine avec un rara entraînant qui rappelle celui des groupes de l’Artibonite que l'on croise aux abords des routes durant la Semaine Sainte.

En bonus track, l’on apprécie la méringue 2020 du groupe qui est un truffé d’égotrip, de la dénonciation de la violence au carnaval et des problèmes systématiques qui nous affligent. 

Vous l’avez compris, « Chimen Libète » vaut définitivement le détour !



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